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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 16:25

Copie-de-Castella---Pol-de-Mounegre.jpg

Le charme de Tarascon sur Ariège tient à ses abords pittoresques et aussi à son castella.  De ce point, qui a donné lieu à de d'innombrables photographies panoramiques, on domine avantageusement le bassin de Tarascon , toute la ville et les faubourgs.

 

Si, le vieux château comtal de Tarascon, mentionné pour la première fois en 1192, à pratiquement disparu en 1632-1633, une partie du verrou glaciaire qui supportait les fortifications de ce dernier accueille depuis la fin du 18ème siècle la tour ronde, emblème intemporel de Tarascon sur Ariège.

 

Cette tour dite de l’Horloge ou du Castella, qui s’élance tel un phare à la confluence du Vicdessos avec l’Ariège, n’est certainement pas le monument le plus ancien de Tarascon.

 

En effet, au cours du 18ème siècle, petit à petit, la communauté va laisser tomber en ruines les murailles de sa ceinture de pierres. Car l’époque où elles assuraient la défense de la ville était bien révolue.

L’enceinte urbaine comportait plusieurs tours et portes d’entrée : la porte d’Espagne au sud, du Foirail à l’Est, portal du grand pont à l’ouest et porte de Foix au nord.

Aussi, l’une de ces portes accompagnée de sa tour, la porte de Foix sera démolie par ordre de l’ingénieur de la province. La grand partie des matériaux dont la cloche et l’horloge seront réutilisées dans la construction de la tour ronde du Castella. Cette nouvelle tour sera construite sur l’emplacement de l’ancien donjon féodal qui était de forme quadrangulaire, à partir du mois de mai 1775. Tout autre partie des matériaux serviront à la restauration de la porte d’Espagne.

  

Concernant la description du site et de la tour, nous utilisons ci-dessous les travaux de Pol Dunac (Pol de Mounègre) qui écrivait vers les années 1914 : « …Cette tour ronde, éloignée ou du moins détachée de toute habitation – elle a 22 mètres de circonférence et 21 mètres de haut jusqu’au faîte du toit ; 12 créneaux, 16 ouvertures dont 5 fermées, épaisseur des murs à la base, 1,50 m et au sommet 0,90cm. A l’encadrement de la porte qui est en pierre se trouve à la clef de voûte on lit 1775. on voit aussi les restes d’un blason que l’on ne peut ni identifier ni reconstituer ayant été enlevé au marteau. A la porte se trouvent 9 trous de 5 centimètres de diamètre faits avec des tarières pour délivrer les prisonniers espagnols qui s’y trouvaient enfermés en 1812. La porte a été blindée d’une plaque de fer de 8 millimètres. Il se trouve dans le bas en face l’escalier un cachot de huit mètres carrés.

A l’intérieur (au sommet) se trouvent 3 cloches. Celle des heures au clocheton, du côté du levant et à la fenêtre la 2ème dit le Fourrouilh que l’on faisait tourner à toute volée dans les grands jours et qui porte les inscriptions = Marrot curé doyen de Tarascon – Président de la fabrique : Berthoumieux, Eychenne Trésorier, Doumens. Cette cloche sera refondue en 1885.

 

Et enfin presque au milieu un peu vers le Nord la grosse cloche. Elle pèse net sans contre poids 888 kg, diamètre 1,13 m. Avec cette inscription = Parrain : Victor St-André – Marraine : Cécile de Longuevergne – Curé : Raymond Carbonne – Maire : Lucien St-André – Fabriciens : Martin, Dupla, Gaubert, Nigoul, Dupeyron l’an 1856.

Le nom de baptême de la dite cloche est Marie-Victoire-Cécile. Fondeur Mr. Louison à Toulouse.

La grosse cloche a été fêlée en 1910 et réparée en octobre 1913. On ne la fait plus tourner comme on le faisait autre fois et à certainement perdu de sa sonorité.

 

C’est en 1806 que furent portées les cloches du clocher de l’église saint-Michel au Castella. Il existait une horloge à un cadran donnant vers le pont et route de Foix.

 

Le 14 décembre 1911, le conseil municipal décide de  placer deux autres cadrans de plus et de changer l’horloge du castella – coût 2425 francs (Besançon). La vieille horloge sera vendue pour la somme de 100 francs à la commune de Génat.

 

Sur le devant, en bas, à trois mètres de la tour et regardant comme l’horloge le pont et la route de Foix se trouve une croix en fer (œuvre de Faure J-Baptiste Aubin dit Faurou, serrurier et conseiller municipal d’heureuse mémoire) avec un christ en fonte placés en 1902 pour remplacer une autre croix en chêne et dont le christ était en bois blanc que la vétusté avait fortement compromis ; c’était le souvenir d’une mission de 1828.

 

La roche du Castella est creuse à en juger par les nombreux endroits qui y passent aboutissant à la rivière. Le jardin des héritiers Lacoume Jean n° 672 section A du plan cadastral et dont l’entrée se trouve sur une impasse donnant sur la rue du Barry à la fontaine du Saut ; la grange appartenant aujourd’hui à Francal n° 639 section A et la maison au commencement des couverts Victor St-André actuellement Verdeil propriétaire, il se trouve des cavités qui aboutissent à la rivière par le Castella (n° 716 section A) d’après des ouvriers qui jadis y firent des réparations.

 

Mr. Lucien Dax ancien maître de forges, dans sa jeunesse allant à la nage fut entraîné vers le gouffre de la Mayré et passa sous le Castella, c’est à dire dans la roche qui supporte la tour ; il y séjourna de longues heures sans pouvoir y trouver une sortie ; ce ne fut que le soir au soleil couchant qu’il vit une clarté, il s’y dirigea et parvint à sortir à grande peine s’écorchant aux parois. Pendant le temps passé dans cette cavité des truites grosses et nombreuse lui frôlaient les jambes et il peut se rendre compte qu’il y avait une grande salle. L’ouverture est aujourd’hui bouchée par les sables de l’usine.

 

C’est aussi du Castella que se tirent les salves les jours de gala. Le Castella a eut tous les honneurs que l’on puisse avoir : poésie, palette, crayon, photographie et puis d’innombrables et distinguées visites de touristes et autres de toutes les parties du monde. ».

 

  Panoramique-Tarascon.jpg

 

 

Quelques jalons historiques

 

 

1764              4 avril, Lafargue, maire a dit que : « que les portes de la ville sont en très mauvais état, principalement les portes du Foirail et de Foix, qu’il conviendrait de les faire réparer incessamment et qu’on agrandira la petite porte de celle de Foix…».

 

 

1766              28 juin, « les charrettes du sieur Joulieu, habitant du faubourg ont endommagé et démoli le pilier de l’arceau de la porte intérieure de Foix…», l’on demandera au responsable de faire les dites réparations.

 

1773              29 juillet, « La tour de la porte menace d’une ruine prochaine, elle a été depuis peu vérifiée et examinée par le chevalier ingénieur et aujourd’hui par Paillier, tailleur de pierre, l’un et l’autre conviennent que cette bâtisse ne peut longtemps se soutenir manquant par le fondement. Ils ne serraient pas même surpris d ‘en apprendre à tout moment la chute vu les progrès des lézardes qui sont aux dits murs et qui croissent à vue d’œil …». L’assemblée demande de faire re-vérifier la dite tour et si elle ne peut être réparée, elle sera démolie pour la sûreté publique  et que l’on placera l’horloge à l’encoignure du mur de ville qui se trouve vis à vis la port du jardin de Mr. Pilhes.

 

1774               29 août, « il a été fait une réparation à l’aqueduc tenant la porte de Foix, qui s’était écrasé et bouché d’un bout jusqu’a l’autre…».

 

1775               4 mars :« le mur de ville près la porte de Foix  sur le derrière de la maison du sieur Vergé, demande à être réparé   ».

               

                  18 avril, « le 29 juillet 1773, il fut pris une délibération pour réparer le mur de la tour de la porte de Foix, délibération qui n’a pas été mise encore en exécution, mais comme cette réparation est d’une nécessité indispensable et même urgente pour la sécurité du public, vu le progrès des lézardes qu’on aperçoit au dit mur… ». Mr. Pilhes requiert la démolition de la tour et la re-construction d’une bâtisse pour y placer l’horloge qui s’y trouve actuellement. Il sera aussi examiné, s’il ne serait pas plus avantageux et moins coûteux de faire ailleurs la construction d’une nouvelle bâtisse.

 

                   23 avril, suite à la vérification faite aux murs de la tour : «Mr. Pilhes requiert que vu la ditte relation qui fait monter la réparation à une somme de 940 livres, il serait plus utile et plus commode tant pour les habitants de la place du Barry et du Faubourg d’employer la dite somme à faire une petite bâtisse sur le Castella ou une horloge des deux qu’il y a en dans cette ville sera placée …». L’assemblée charge de prendre les moyens et les mesures convenables à l’effet de faire bâtir au Castella une tour pour y placer l’horloge du Barry.

 

                  7 mai, Bastide, maire a dit que : «Messieurs les officiers municipaux ont fait étayer la tour de la porte de Foix, qu’ils en ont fait démolir une partie et fait descendre la cloche qu’on a remis avec l’horloge chez monsieur Prévost …».

 

13 mai, Bastide, maire a dit que : «qu’il est de convenance de s’occuper de la reconstruction d’une tour afin d’y placer l’horloge, nécessaire pour la commodité publique. A cet effet, il prie l’assemblée de se décider sur le local le plus commode et le moins dispendieux, si elle persiste à placer cet édifice au Castella …».

 

20 mai,: «il y aurait un danger imminent en laissant plus longtemps exister cette tour vu que manquant par le fondement il s’était formé plusieurs lézardes au mur d’un bout à l’autre, ce qui annonçait une chute prochaine, en conséquence il délibéré le 23 du mois d’avril qu’on étayerait et démolirait avec précaution la dite tour, ce qui a été exécuté, mais comme il est d’une nécessité indispensable de faire une nouvelle construction pour y placer l’horloge…». L’assemblée marqua le lieu de l’édifice ayant choisi le local le plus solide, le moins dispendieux et le plus commode au public pour pouvoir distinctement entendre l’horloge.

 

8 juin, Bastide, maire a dit que : «que le devis de l’ensemble de la construction de la tour est réalisé par cassaigne…».

 

9 août, Bastide, maire a dit que : «ils ont en conséquence disposé les choses de façon à pouvoir de suite commencer cet ouvrage. Le nommé cassaigne dit avoir à cette époque certains quartier de pierre prêt pour pouvoir préparer la porte d’entrée. A cet effet les dits officiers municipaux exposent à l’assemblée que la tour de la porte de Foix n’existant plus, il conviendrait de faire abattre le restant du mur et ne laisser que la première porte du côté de la ville, ce qui rendra le passage plus libre, et la pierre de taille qui se trouve au second arceau en dehors pourrait servir de même que le reste des matériaux pour la nouvelle construction…». L’assemblée donnera pouvoir de faire démolir jusqu’au raz de chaussée le reste de la tour qui donne sur le grand chemin de Foix pour rendre  le passage plus libre et pouvoir profiter de la pierre de taille et autres matériaux pour la nouvelle construction, que la fermeture sera placée à la porte qui reste en l’entrée de la ville et qu’on se servira des maîtres qui travailleront à la tour pour faire les réparations nécessaires à la dite porte et fermeture.

 

10 septembre,: «vu l’embarras et la difficulté de se procurer de la pierre de taille nécessaire pour la construction de la tour du Castella et vu les frais considérables auxquels la communauté serait exposé pour y pourvoir, il a été unanimement délibéré de détruire les vieilles masures de la maison de ville et de s’en servir pour la dite construction…».

 

12 novembre, Bastide, maire a dit que : «que les officiers municipaux ont fait travailler avec activité à la construction de la tour du Castella pour y placer l’horloge, dont la majeure partie des habitants sont depuis longtemps privés, cette tour est prête à recevoir le couvert, mais avant d’y faire travailler on observe à l’assemblée que si la cloche est placée dans l’intérieur de la tour, il est à craindre qu’une partie du son n’y reste enfermé, au lieu qu’en la plaçant au-dessus du couvert et en faire un second proportionné à la dite cloche pour la mettre à l’abri des insultes du temps, le son en sera bien plus aigu et se répandra beaucoup plus loin,  par la même on pourrait à l’avenir supprimer l’autre horloge, ce qui diminuerait d’autant les frais de cette communauté …».

 

1776               4 février, Bastide, maire a dit que : «que les officiers municipaux ont fait faire par le sieur Lanes une horloge pour être placée à la tour du Castella…».

 

22 mars, l’assemblée donne pouvoir : «d’approuver les dépenses faites et à faire pour la construction de la tour du Castella, comme aussi la dépense du plomb qui doit servir pour investir les quatre piquets de la tour, ainsi que le payement du bois et planches qui ont été fourni pour le couvert et planches de l’escalier de la dite tour, approuvant aussi les frais fait pour la démolition de la tour du barry …».

 

                19 juin, l’horloge est placée sous le couvert de la tour.

 

1777          4 février, Bastide, maire a dit que : «que l’horloge qui est placée à la tour du Castella se dérange par temps, il conviendrait de faire la vérification de la dite horloge…».

 

1779          4 février, Seré, maire a dit que : «qu’on avait fait à l’horloge du Castella les réparations portées par la relation du sieur Jammes…».

 

An 12         21 floréal, réparation de la prison de la tour du Castella.

 

1806          Les cloches du clocher de l’église saint-Michel sont portées au Castella.

 

1807          14 septembre, réparation de la porte de la prison de la tour du

Castella.

 

1812          30 mai, réparation aux prisons du Castella.

 

1813          Mai, réparation à la tour du Castella.

 

1815          16 mars, réparation au cachot de la tour du Castella que les

prisonniers avaient dégradés.

 

1817          10 janvier, réparation des deux cadres en fer de la porte en

fer du cachot de la tour du Castella.

 

1819          18 octobre, réparation au couvert de la tour du Castella.

 

1852          30 janvier, réparation de la charpente des cloches et renouvellement du toit et du pavillon de la tour du Castella.

 

1856          La grosse cloche de 888 kg dite marie – Victoire – Cécile est fondue à Toulouse et puis installée au Castella.

 

1864          23 mai, une nouvelle horloge, avec un cadran en tôle de 1m80 de diamètre et à deux aiguilles sera placée à la tour du Castella. Celle-ci frappera une cloche de 888 kg.

 

1868          20 janvier, on remplace l’horloge du Castella par une horloge horizontale neuve.

 

30 janvier, on fait refondre la vieille cloche brisée d’un poids de 429 kg (nouveau poids 514 kg  = battant en fer de de 18 kg) avant de la placer avec l’horloge.

 

1885          la seconde cloche du Castella dite le Fourrouilh que l’on fait

tourner à toute volée dans les grands jours sera refondue en

1885.

 

1910          La grosse cloche a été fêlée en 1910 et réparée en octobre 1913.

 

1911         14 décembre, le conseil municipal décide de  placer deux autres cadrans de plus et de changer l’horloge du castella

 

1912          Mars, l’on installe au Castella une nouvelle horloge à trois cadrans
                à deux corps de rouage, l’un pour les aiguilles et l’autre pour
                les sonneries.

               

1932         Juin, par suite du cyclone et des pluies persistantes du  13,14,15,16,et 19 juin, la toiture en ardoises de la tour du Castella est presque entièrement détruite et qu’une partie s’est effondrée détériorant gravement le cadran principal.

               

1939        3 février, en vertu d’une délibération du 21 décembre 1938, installation d’un matériel de sonorisation (4 haut parleurs plus amplificateur) dans la tour du Castella en vue de la suppression du tambour de ville.

                       

Trois-cadrans.jpg
******************


Le Castella, tant belo tour
antiquo,
Dounabo l'ouro as aujols
que soum plus,
Nous austris le servan coumo
uno reliquo
De pla leing, as entours,
s'entend soun Angelus.

Pol de Mounègre

Le Castella, si belle tour
antique,
Donnait l'heure aux ancêtres
qui ne sont plus,
Nous, nous le conservons comme
une relique
De bien loin, aux alentours,
on entend son Angèlus.

Paul Dunac (dit Pol de Mounègre)

Sources :

*      AD09 - 2 O 1717

*      AD09 - 135 EDT M 2

*      AD09 - 135 EDT M 1

*      AD09 - 135 EDT BB

*      AD09 - 5 E 935

*      AD09 - 1 J 331

 

 

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commentaires

Angèle MORENO 20/03/2010 15:38


J'ai passé mon enfance rue de la Dorade, à l'ombre de l'église.
Je me souviens qu'on disait que des souterrains partaient des caves des maisons sous les écouverts et aboutissaient dans l'Ariège. Mais ils étaient bouchés car dangereux. On y jetait, soi-disant
des malfrats qui avaient la tête coupée par deux lames entrecroisées au début des souterrains !
Quand j'étais petite, il y avait un grand marronnier sur la place Garrigou. Ce serait pour moi un immense plaisir de trouver une photo représentant la place avec cet arbre au pied duquel je jouais
souvent. J'espère que quelqu'un aura cette photo. Merci pour ce blog qui m'a appris l'histoire de Tarascon  dont je suis très friande.