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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 07:32

FRAD09 1J718 0011

Musée Paul Dupuy - Toulouse

Lithographie d'Eugêne de Malbos (1811 - 1855) - Tarascon, Mine de plomb et réhauts de blanc. 1844

 

CLIC ALBUM PHOTO

 

  LE CASTEL LA MOTTE DE TARASCON 

 

Tarascon sur Ariège. Pour qui s’intéresse au moyen âge, ce nom évoque aussitôt une tour ronde : une des plus suggestives assurément, avec son clocher, ses trois cadrans, haute et isolée, et bâtie avec les pierres de l’ancienne porte de Foix. Or cette tour construite au 18ème siècle se trouve au cœur de l’emplacement du vieux castellum détruit en 1633. Une forteresse résidentielle que les premiers comtes de Foix avaient élevé en face du bourg castral de Quié.

Perché sur le verrou glaciaire dominant la confluence de l’Ariège et du Vicdessos, la vocation première de ce donjon était de défendre un espace et non la petite communauté existante déjà à ses pieds. L’édification d’un tel château par le comte de Foix n’est pas le fait du hasard puisqu’il contrôlait la Via Mercadal. Cette voie marchande, qui conduit du Toulousain vers la Cerdagne, était située rive gauche de l’Ariège, et était aussi toute proche de l’agglomération tarasconnaise. Il est évident que le contrôle de cette voie de communication était une importante source de revenus, surtout en établissant des péages sur les ponts et en l’occurrence ceux de Tarascon. Si la maîtrise de ce carrefour est peut-être l’élément d’origine à cette création, il faut souligner que le comte souhaite aussi contenir l’ambition du seigneur du village castral de Quié, avec qui il a une relation conflictuelle.

 

Alentour s’étendait une agglomération sous dépendance comtale, à l’origine de la ville actuelle. Le bourg de Tarascon fut au Moyen Âge le siège d'une châtellenie des comtes de Foix. Comme nous l’avons découvert une forteresse y a autrefois existée mais il n'en reste aujourd'hui plus rien, et il est difficile, voire impossible, de savoir quel aspect pouvait présenter le château. En fait, s'il doit rester des traces et des éléments de l'ancien Castellum Tarascho qui aurait put être bâtie ou transformée, par le premier comte de Foix sur l’emplacement d’une structure primitive, ceux-ci ne peuvent qu'être enfouis, et seules des fouilles et des études archéologiques  pourront un jour les révéler. Car nous connaissons mal l’évolution du château qui va traverser les siècles jusqu’à sa démolition totale en 1633. D’ailleurs de ce château, la toponymie pourrait avoir gardé la trace sous le nom de Castella donné à l’espace cadastral comprenant une grande partie du verrou glaciaire. Un château qui va apparaître dans la documentation vers la fin du 12ème siècle, au moment ou le comté se couvre de fortifications castrales[1]. En effet, la première mention directe de l’habitat fortifié tarasconnais se trouve dans la donation du 4 avril 1192, du comte Raimond-Roger de Foix à l’abbaye de Boulbonne, d’une terre avec la maison qui y est construite, située à côté du castrum de Tarascone, et depuis le pont sur l’Ariège jusqu’à la rue qui monte à la clausura castelli.

 

C'est donc à une agglomération fortifiée se développant autour du château comtal que Roger Bernard 1er  délivre entre 1149 – 1188 la charte de coutumes et de liberté qui favorise l'expansion et l'enrichissement de la toute jeune cité grâce aux péages établis sur la rivière Ariège mais aussi, grâce aux franchises concédées aux habitants. Il faut souligner que les comtes et les souverains successifs veilleront à confirmer ces privilèges tout au long des siècles. Cette charte est véritablement l'acte de naissance de Tarascon.

 

Par contre, il semble que le château de Tarascon ne faisait pas partie des forteresses les plus importantes du pouvoir fuxéen. En effet, peu convoité, le château sera exclue de la main-mise royale lors du traité de paix conclu en 1229 entre Roger Bernard II de Foix et le roi Louis IX. Le comte remet alors, aux représentants du pape et du roi, les puissants châteaux de Foix, de Montgrenier, de Lordat et de Montréal de Sos. Et, il gagne Tarascon, résidence comtale, avec Ermessinde[2].

 

Tarascon, dont on ne trouve mention dans aucun titre antérieur au 12ème siècle, semble bien être d’origine féodale, et n’est donc, à l’origine, rien d’autre qu’un modeste château qui sera plus résidence que forteresse [3].

Le château comtal, du moins la partie résidentielle, devait être suffisamment en bon état pour que le comte puisse y résider pendant plusieurs long séjours. Aussi, c’est au début du 14ème siècle que l’on trouve mention d’une salle seigneuriale « in aula castri de taraschone ». Or, dans plusieurs écrits contemporains, cette salle se transformera on ne sait pourquoi, en une - grande - salle[4]. Mentionnée dans un interrogatoire inquisitorial, elle devait certainement être assez proche de la tour résidentielle occupée par Guilhem Bayard[5], le fidèle juriste de Roger-Bernard III de Foix et, aussi son châtelain de l’époque. Comme, l’écrit si bien Anne Brenon[6] : « on ne peut l’imaginer, avec sa tour orgueilleuse, qu’au plus haut de la ville, c’est-à-dire à proximité du château comtal ». Aussi, il n’est pas totalement interdit d’imaginer que cette résidence privée, du notaire et châtelain Bayard, bref, de l’homme fort de la ville, ait pu être le manoir dit le Castel La Motte. En effet, ayant eu un aperçu des liens sociaux autour de ce dernier, on lui découvre une alliance avec la famille de Miglos, en tant que beau-père du damoiseau Pierre de Miglos. Et on peut observer que se sont ces mêmes de Miglos qui sont mentionnés comme propriétaires du dit manoir à partir de 1421[7].

 

Au sud de la tour comtale, se tenait donc un autre logis composé d’une tour et d’une salle résidentielle attenante. En effet, sur le flanc sud-ouest de la nouvelle muraille s'appuie le Castel La Motte. Situé en bordure de la falaise abrupte, à proximité de la porte du Mazel Vieil, cet ensemble, malgré son aspect résidentiel et ses nombreuses ouvertures, s’impose encore dans le paysage comme étant un édifice majeur du système de défense. En édifiant le Castel La Motte contre la muraille consulaire, la notion de protection émanant symboliquement de cette maison noble apparaît renforcée.

 

En premier lieu, l’importance du manoir dit le Castel La Motte est-il réel ? Même si, à notre avis sa fonction est principalement résidentielle, pareil ensemble méritait qu’on s’y attardât. Au-delà de l’impression pittoresque, on devine un modèle : celui du développement d’une puissante maison, greffé en l’occurrence sur un noyau urbain renaissant, et ayant suscité au cours du temps, la formation d’un second château, devenu simple résidence avant l’époque moderne. Sur le plan historique, le Castel La Motte est resté jusqu’à la fin du moyen âge une des plus importantes maisons nobles de Tarascon. Il est même un des rares à avoir su préserver son indépendance de l’envahissant modèle du castrum - dont le noyau n’est pourtant distant que d’une cinquantaine de mètres – tout en maintenant un attrait défensif incertain jusqu’à sa vente aux consuls tarasconnais en 1601. Certes, il n’a pas laissé comme sa tour voisine, le souvenir d’une forteresse, créée par des comtes d’envergure exceptionnelle, ni celui d’un rôle défensif de premier ordre. Au demeurant, la question de la place de ce Castel La Motte à l’époque de la grande expansion tarasconnaise est encore un sujet d’étude passionnant. Pour autant, la dualité entre ces deux pôles opposés, entre lesquels on ne rencontre aucun habitat intermédiaire avant le milieu du 17ème siècle, n’implique pas un schéma d’évolution de type «double château». Cette situation peut conduire à s’interroger sur les rôles respectifs du château féodal originel et du Castel La Motte dans le développement urbain.

Mais, à des détails près, pouvons-nous parler des tours de Tarascon (donjon et tour avec salle résidentielle), ou d’une seule et unique tour féodale ?  Sans tenter l’approche archéologique, la question reste posée, mais, un donjon vaut bien deux tours.

 

En somme, on ne sait depuis quand fut construit le Castel La Motte sur le site du Castella. Or, la documentation, qui est ici notre seul guide, ne peut fournir qu’une réponse partielle et approximative à la création de l’édifice.

 

Curieusement, à l’image du notaire Bayard, observons que la famille des Niaux réside aussi dans des conditions certainement aisées dans le périmètre du château de Tarascon. En effet, en déplacement à Tarascon le 09 mai 1320, Jacques Fournier, évêque de Pamiers depuis 1317, mande à se présenter devant lui Arnaud de Savinhan de Tarascon accusé d’hérésie. On apprend, détail intéressant, que la rencontre se passe dans la maison de Arnaud de Niaux, maison qui se trouvait « in castro de Tarascone »[8]. Signalons encore, que lorsque Jacques Fournier, vient célébrer le 25 juillet 1322 la messe, le dimanche après la Sainte-Marie Madeleine, dans l’église de Sabart, il loge chez le même Arnaud de Niaux. De même les audiences du tribunal de l’inquisition, qui siège à Tarascon le 21 et 25 juillet 1323, auront lieu encore dans cette maison particulière. Mais cependant, il nous semble plus plausible et juste d’écrire que celui-ci possède une maison dans le bourg fortifié et non dans le château de Tarascon comme transcrit par certains historiens. A notre avis, il ne pouvait y avoir des maisons dans l’enceinte même du château, si ce n’est quelques maisons nobles assez proches de cette même enceinte comme une des deux résidences de Guillaume de Rodès qui se situe près du château « que est juxta castrum »[9]. Le terme même de castrum est cependant ambigu, désignant tour à tour soit un château, ou au moins une maison forte, soit la partie d’une ville enserrée dans une enceinte. A propos d’autres variantes, l’ouvrage fortifié peut également porter le nom de castellum, le terme castrum désignant alors le village fortifié. Enfin, notons que, dans la charte de 1216 déjà, Tarascon est aussi, tantôt castrum, tantôt villa, ce qui peut être sans autre raison apparente qu’un caprice de rédacteur. Mais, il semble plausible, comme le souligne Florence Guillot[10], que le regroupement villageois n’est pas désigné par le mot castrum mais par le terme de villa, qui paraît englober plus que le village inclus dans l’enceinte, c’est à dire les faubourgs naissants, donc peut-être, l’ensemble de l’agglomération comprenant sa partie ouverte.

 

Le château et la ville de Tarascon, seront l’objet de sanglantes luttes entre catholiques et protestants. Au cœur de cette période assez troublée, le château comtal, occupé en 1578 par un châtelain catholique du nom de Corbayran del Til[11] devait être en mauvais état, où du moins pas en état d’accueillir un prince. En effet nous avons retrouvé, dans un cahier du trésorier de la ville, que c’est dans ce même château La Motte, appartenant à la famille de Miglos [12], que sera accueilli en avril 1578 le roi Henri III de Navarre comte de Foix, le futur Henri IV roi de France, lors de son passage inédit à Tarascon. On peut se demander si cela ne témoignerait pas en quelque sorte d’une incapacité du châtelain à accueillir le roi de Navarre dans le château comtal, parce que soit délaissé ou délabré. Quoiqu’il en soit, après les salves d’honneur annonçant l’entrée du roi dans la ville par le portal de Foix, celui-ci arrive au Castel La Motte. La maison du sieur de Miglos devait certainement être plus accueillante que la vieille tour féodale ! Pendant la réception les consuls remettront au prince un curieux présent : six jeux de cartes à jouer. Puis, s’ensuivra dans l’enceinte du dit château, une collation : « avec du pain, du vin rouge, du vin claret et du vin blanc, ainsi qu’une épaule de mouton avec les épices pour l’accompagner». Ceci, avant de quitter Tarascon en direction du pont d’Alat par la porte d’Espagne, pour aller visiter en ces temps extraordinaires, ou tout était mêlé et confondu : la guerre et les plaisirs, les massacres et les festins, les comédies légères et les drames horribles, la grotte de Lombrives.

 

Foyer de guerres continuelles, cinq ans après l’étrange visite à Lombrives, Henri de Navarre a du mal à imposer le calme sur ces terres. Aussi, il va ordonner, par une lettre du 03 janvier 1582, adressée à Jacques de Villemur, sieur de Pailhès et gouverneur du Pays de Foix, de démanteler les fortifications de Tarascon, dont une partie de la maison La Motte. Mesure radicale, afin de pacifier les choses et d’éviter écrit-il « que ces altérations n’apportent que de la ruyne a mes subjects, car il est à craindre que le mal ne s’éstende plus avant. A quoi je désire remédier et ne pense point moyen plus propre qu’en faisant démanteler ma dite ville, mon chasteau et faire desmolir les guarites, flancs et ce que vous coignoistrés estre besoing de la maison de la Mothe Bardigues, mesme l’ouvrir du cousté de la rivière pour oter toutes occasions d’entreprendre les ungs sur les autres…»[13]. A cette époque le Castel La Motte appartenait à Beraud du Gout ou de Goth, seigneur de la Motte-Bardigues en Lomagne, qui était marié à Marguerite de Béon de Sere, dame de Miglos. En septembre de la même année, le sieur d’Audou réussira à s’emparer de Tarascon et de façon durable cette fois-ci, puisque la ville restera dix sept ans aux mains des réformés. Pourtant, à notre connaissance aucune démolition ne sera engagée, au contraire on va faire en sorte de conserver la ville en état, et encore mieux, de réparer l’ensemble des défenses.

 

Au delà des événements liés aux guerres religieuses, notons d’ailleurs, que les consuls de Tarascon achèteront le 30 mars 1601, le dit château La Motte (ou Lamotte, ou Lamothe, l’orthographe n’est pas fixée), à noble Charles de Miglos et dame Ysabeau Dugout sa femme, pour deux mille livres.  Le même acte d’achat comprend aussi le jardin dit de Madonne joignant la place du Mazel-Viel[14]. Cette acquisition consulaire est surprenante, car à ce jour, on ne connaît pas la véritable destination de cette maison forte au sein du patrimoine de la communauté. On sait par ailleurs, que celle-ci ne servira ni de prison, ni d’école, ni d’hôtel de ville… Par contre, on découvre que dans le dit enclos de cette maison noble qui : « confronte au midi la place du Mazel-Viel, au couchant les rochers et le précipice, et d’aquilon la placette de la ville qui est entre le dit enclos et le rocher ou était le château du roi », plusieurs habitants ont construits des maisons et des pigeonniers avec des jardins[15].

 

En l’année 1632, la communauté se trouvant affligée de la contagion de peste, délibère : « qu’on construirait une chapelle dédiée à Saint-Roch à l’emplacement de l’oratoire situé sur le jardin du sieur Fauré Lacaussade, ce qui a été négligé jusqu’ici…»[16]. C’est, à cette époque que s’annonce la démolition du vieux château de Tarascon. Le 28 octobre 1632, Louis XIII et le cardinal, duc de Richelieu étaient à toulouse. Le 08 novembre, le roi signe une ordonnance adressée au sieur de Laforest-Toyras, gouverneur du château de Foix, pour lui enjoindre de démolir les châteaux de Montaut, de la Bastide de Sérou, de Roquefixade et de Tarascon. Le 10 novembre, le capitaine Teulade de Foix, chargé de son exécution, avise les consuls de Tarascon que par ordre du roi et de son ministre-Cardinal, que le château doit être démoli rez-terre  aux frais de la ville. Ceci afin que :  « …les factieux ne se puissent prévaloir des dites places pour troubler le repos et tranquilité de nos subjects... ». La tour de Mont-Négre[17], proche de la porte d’Espagne et, le château La Motte qui appartenait aux consuls depuis 1601,  subiront en partie le même sort. Si la question reste posée concernant l’identification des ruines de la tour de Mont-Négre, le manoir La Motte, lui imprime toujours sa masse altière de pierre dans le paysage actuel. Par contre, le silence de la documentation ne permet à ce jour de décrire cette phase de démolition, et si elle a vraiment eut lieu concernant le Castel La Motte.

 

Dans la documentation qui nous est parvenue, on découvre très peu d’actes de destructions volontaires, de la part des tarasconnais eux-mêmes. Ceci dit, alors que le château du roi est démoli « rez terre » depuis le début de l’année 1633, on peut attester que la ville, elle, conserve la totalité de son enceinte. Par contre dans le cadre de notre enquête documentaire, on découvre qu’une partie des murailles de l’ancien château existent encore, ici et là. Puisque, le 13 décembre 1646, Mathieu Pagès, substitut du procureur du roi, dénonce aux consuls Philippe Deguilhem et Paul Seré, l’acte malveillant de certains habitants qui ont entrepris la démolition des murailles en l’endroit dit du Castella : « …d’autant que la dite muraille est au roi »[18]. Ce zèle aveugle de destruction ou mal averti, est donc le début de l’occupation « du rocher ou était le château du roi ». On trouve en effet, mention dans le compoix de 1649 et le dénombrement des consuls de 1667, que plusieurs habitants y ont construit des maisons, des pigeonniers et des jardins[19]. On peut donc en déduire que le verrou était autrefois occupé uniquement par le château du roi et le Castel La Motte. C’est d’autant plus vrai que la commune y possède d’ailleurs une petite place : « ...jean Flouraud, fils à feu arnaud, tient avec sons frère un jardin au Castela, confront de levant la carrière del Castela, midi Philip deguilhem, couchant le précipice du dit Castela et acquilon la placette de la ville… »[20]. Aujourd’hui, cette ancienne placette, qui se trouve dans la rampe d’accès à la tour de l’horloge, est de nouveau clôturée et enserre quelques ceps de vigne.

 

          Quelles conclusions tirer de ces aperçus un peu décousus ? Si ce n’est qu’une telle conservation du Castel La Motte implique une continuité d’utilisation sans rupture et que les quelconques aménagements défensifs de cette maison de la petite noblesse sont fréquemment renvoyés à une interprétation de l’ordre du symbolique.

 

         Cette brève histoire du Castel La Motte s’achève ici… pour le moment, le temps de poursuivre nos investigations et d’attendre vos suggestions !



[1] AD09 – E 83, f° 219r et B.N. copie Doat, vol. 83, f° 218r – 219v.

[2] Voir aussi, l’enquête sur les limites du comté de Foix juillet-août 1272, qui mentionne que le castrum de Tarascon faisaient partie des possessions du comte qui furent données en gage au roi de France Philippe le Hardi. Alors que les principaux châteaux, ceux de Foix, Montréal, Lordat, Ax et Mérens avaient été confiés par le comte de Foix prévoyant au roi Jacques 1er d’Aragon qui s’était entremis. C’est à cette même date que l’on trouve la première mention d’un châtelain de Tarascon du nom de Pierre de Gavarret. AD09 - 1 j 90,  AD64 – E 398;  H.G.L.,  to X col 92 acte 5, pag. 105-106 et BN, ms lat. 9187, f°72.

[3] Raimond Roger de Foix, depuis longtemps en état de guerre avec le Comte d’Urgel, voulut se donner un allié dans le vicomte Arnaud de Castelbon. Il maria son fils Roger Bernard II avec Ermessinde, fille unique d’Arnaud de Castelbon. Le contrat de mariage fut signé à Tarascon le 10 janvier 1202.  Hiver 1230, mort de Ermessinde de Castelbon à Tarascon, elle fut inhumée plus tard, au monastère de Costoja. 13 mars 1231,  Tarascon vit le mariage de Roger IV fils de Roger-Bernard  II comte de Foix avec Brunissende  de Cardonne de Béziers . 10 février 1232,  Roger Bernard II, comte de Foix épouse en seconde noces à Tarascon Ermengarde de Narbonne. Le 03 mars 1302 , alors qu’il se préparait à une nouvelle expédition en catalogne, que mourut à Tarascon Roger-Bernard III (1263-1302).

[4] Il est dit (le fait n’est pas prouvé pour autant) que Pèire d’Ax – anciennement le notaire Pierre Autier – aurait « consolé » le comte dans la foi et l’église cathare, dans une « salle » du château de Tarascon, grâce à l’entremise du notaire châtelain Guillaume Bayard. Vatican, ms Lat 4030, traduction Jean Duvernoy, Jacques Fournier, interrogatoire n° 49, pp. 595 - 596 et HGL, to IV, p.108. Le notaire Guillem Bayard est aussi mentionné comme consul en 1282.

[5] AD09 - 8° 1802, Annette Pales-Gobilliard - L'inquisiteur Geoffroy d'Ablis et les cathares du Comté de Foix (1308-1309). - Limoges, 1984, in 8°, pp.88-89, « Guillemus Bayardi de Tarascone receptaverat eos in domo sua et steterant in turri ipsius per aliquos dies ».

[6] Anne Brenon, Pèire Autier - le dernier cathare, Perrin, 2006, pp.160-171.

[7] Cart. Tarascon n° 56, un acte du 20 juin 1421, oblige la Dame Catherine de Miglos à fermer la porte du château dit de la motte qui avait été faite  vis-à-vis du Mazel Bieil, vu que les consuls ne lui en avaient permis l’ouverture que pour faire passer les matériaux nécessaires aux réparations de sa maison.

[8] AD09 – 8°1624, Jean Duvernoy, Registre d’inquisition de Jacques Fournier, to 1, p.201 et  8° 271 , Molinier, Tribunal  inquisition, p.148.

[9] AD09 - 8° 1802, Annette  Pales-Gobilliard,  L'inquisiteur Geoffroy d'Ablis et les cathares du Comté de Foix (1308-1309) - Limoges, 1984, pp.215 et 235. D’après le manuscrit latin 4269 de la Bibliothèque nationale.

[10] Florence Guillot, Fortifications, pouvoirs, peuplement, en Sabarthès du début du XIème siècle au début du XVème siècle, to.1, juin 1997, p.308.

[11] AD09 - E 360,  On trouve en 1533, noble Corbayrand de Tilhio, châtelain de Tarascon. AD09 - E 93, 1578, noble Corbayra del Til, castella de Tarasco. En 1598, c’est encore un du Tilh, qui est châtelain de Tarascon, puisque de Delescazes nous apprend qu’il fut rétabli par le vicomte de Mirepoix, sénéchal et gouverneur du pays de Foix : « en la possession et jouissance du château qu’occupait par violence, le huguenot de Rigoyrans , au préjudice du droit acquis au dit du Tilh ». Mais on s’interroge vraiment sur le rétablissement de Du Thil, en effet on découvre encore en 1599 et 1600, un Pierre de Miglos, sieur de Rigoyrans, capitaine du château de Tarascon, voir AD64 - B 3268 et B 3276. On s’accorda peut-être à conserver un capitaine huguenot, alors même que le mi-partiment consulaire (2 catholiques – 2 protestants) était effectif à Tarascon depuis cette même année 1598. Mais en 1601, c’est bien un Jean du Tilh, qui est capitaine du château de Tarascon - AD09 - 5 E 456, f°125.

[12] Cart. Tarascon n° 56. Le 20 juin 1421, un acte oblige la Dame Catherine de Miglos à fermer la porte du château dit de la motte qui avait été faite  vis-à-vis du Mazel Vieil, vu que les consuls ne lui en avaient permis l’ouverture que pour faire passer les matériaux nécessaires aux réparations de sa maison.

L’acte latin du 20 juin 1421, et les deux ordonnances du 5 août 1475 et 28 mai 1477 prouvent bien qu’il existait deux châteaux mitoyens : le château La Motte, appartenant à la famille de Miglos, et le château féodal appartenant au comte de Foix.  Voir aussi, cart. Tarascon n ° 94, le 09 novembre 1520, on produit un inventaire pour les syndics de Tarascon, contre le sieur de Montgascon, qui retenait par la force des biens appartenant aux habitants de Tarascon au préjudice des édits de pacification et surtout d’élargir les consuls qu’il avait fait prisonniers au château de la Motte. Voir aussi, cart. Tarascon n° 6, le 20 juin 1556, les consuls achètent à Traversier de Montgascon et à dame noble Marguerite de Sicre, l’Hort ou jardin de Madone, sis au Mazel-Viel et attenant au château Lamotte, pour la somme de 60 écus petits.

[13] AD09 – 8°1533/6, Charles de la Hitte, lettres inédites de Henri IV à M. de Pailhès, gouverneur du comté de Foix et aux consuls de la ville de Foix (1576-1602), in Archives historiques de la Gascogne, t. X (1886), p. 45-46.

[14] AD09 – 1 J 664, cart. Tarascon n° 10, n° 132, et AD09 - 5 E 456, f°133.

[15] Idem, dénombrement des consuls en 1667, pièce n° 28 et 8 j 44 (1651), f° 30, 73, 80 et 81.

[16] AD09 - 135 EDT BB 13, délibération du 12 mai 1757,  en faveur de la construction de la chapelle Saint-Roch.

[17] Cart. Tarascon n° 12 et AD09 – 180 EDT AA 1, f°2-6. Dénombrement du comté par Michel Duvernis, notaire et procureur du comté, 7 décembre 1445. Un extrait de cet inventaire dit grand livre blanc, nous indique que le comte de Foix possède en dehors d.u « castel et villa » de Tarascon une tour appelée « la tor de Mont Negre ».

[18] AD09 - 5 E 651, f° 25-26.

[19] AD09 -  135EDTCC1, 8 J 44 et 1 J 664, n° 28.

[20] AD09 -  8 J 44, f° 29v.

 

 

Quelques jalons historiques

 

1421                  20 juin, un acte oblige la Dame Catherine de Miglos à fermer la porte du château dit de la Motte qui avait été faite  vis-à-vis du Mazel Vieil, vu que les consuls ne lui en avaient permis l’ouverture que pour faire passer les matériaux nécessaires aux réparations de sa maison.

( cart. Tarascon n° 56 )

 

1475                   5 août, une ordonnance rendue à Pau par  Magdeleine, mère et tutrice du jeune comte François Phoebus, ordonne que la porte du côté du château de la Motte aboutissant à la place du Mazel Vieilh doit bien être murée, engageant  tous ses officiers, sous peine de cinq marcs d’argent de bien exécuter  les ordres.    

( cart. Tarascon n ° 57 )

 

1477                  L’acte latin du 20 juin 1421 et les deux ordonnances du 5 août 1475 et 28 mai 1477 prouvent bien qu’il existait deux châteaux mitoyens : le château Lamotte, appartenant à la famille de Miglos, et le château féodal appartenant au comte de Foix.     

 

1520                   9 novembre, on produit un inventaire pour les syndics de Tarascon, contre le sieur de Montgascon, qui retenait par la force des biens appartenant aux habitants de Tarascon au préjudice des édits de pacification et surtout d’élargir les consuls qu’il avait fait prisonniers au château de Lamotte.

( cart. Tarascon n ° 94 )

 

1556                  20 juin, les consuls achètent  à Traversier de Montgascon et à dame noble Marguerite de Sicre, l’Hort ou jardin de Madone, sis au Mazel-Viel et attenant au château Lamotte, pour la somme de 60 écus petits.

( Cart.  Tarascon n° 6)

  

1578                  Mars, Henry III de Navarre comte de Foix – futur Henri IV roi de France - est accueilli  à Tarascon au château Lamotte avant d’aller visiter la grotte de Lombrives.

(AD09 - E 93)

 

1582                   3 janvier, lettre du roi Henri III de Navarre qui ordonne à M. de Pailhès, gouverneur du Pays de Foix,  de démanteler la ville, afin de pacifier les choses et d’éviter « que ces altérations n’apportent que de la ruyne a mes subjects, car il est à craindre que le mal ne s’éstende plus avant. A quoi je désire remédier et ne pense point moyen plus propre qu’en faisant démanteler ma dite ville, mon chasteau et faire desmolir les guarites, flancs et ce que vous coignoistrés estre besoing de la maison de la Mothe Bardigues, mesme l’ouvrir du cousté de la rivière pour oter toutes occasions d’entreprendre les ungs sur les autres.. ».

(AD09 – 8°1533/6, p.45)

 

1589                  Bertrand de Goth (Dugout), Baron de Miglos, devient propriétaire du château Lamotte.

 

1598                  19 mars, confirmation des privilèges et une réponse d’Henri IV touchant la démolition du château de Lamotte.

(Car.  Tarascon n° 102)

 

1601                  30 mars, achat  du château Lamotte.

                          7 avril, acte par lequel les consuls de Tarascon achètent le château Lamotte à noble Charles de Miglos et dame Ysabeau Dugout sa femme, pour deux mille livres y compris le jardin dit : de Madonne joignant la place du Mazel Viel.

(cart. Tarascon n° 10 et 132 et AD09 - 5 E 456, f°133)

 

1604                   31 août, quittance de 2000 livres sur l’achat d’un manoir noble dit le château de Lamotte par les consuls. Acte retenu par Arnaud Flouraud notaire.

(cart.  Tarascon n° 132)

 

1632                   10 novembre, le capitaine Teulade de Foix, avise les consuls que par ordonnance  du roi Louis XIII et du Cardinal de 

                           Richelieu, le château de Tarascon doit être démoli « rez-terre » aux frais de la ville ainsi que la tour de Mount-Négré .

                           Le 15 novembre il fut ordonné de faire venir des gens des divers lieux du consulat pour commencer la démolition.

 

Le château Lamotte qui appartenait aux consuls depuis 1601 subit en partie le même sort.

 

17 novembre, le capitaine et gouverneur de la ville de Foix, De Laforest, superviseur des travaux demande 25 hommes de corvée pour raser le château. Il abandonne aux consuls les matériaux afin qu’ils soient employés à d’utiles réparations dans l’intérêt de la ville. Il ordonne que la surveillance s ‘effectuera par un des 4 consuls, un des 24 conseillers et l’un des 2  syndics.

(AD09 – 135 EDT BB1 et Dépêche du Midi du 28 janvier  1933 / Jean

 Mandement)

 

1667                 10 octobre, dans le dénombrement des consuls on découvre aussi que la communauté possède : « … plus deux autres places devant la porte du Mazelviel : l’une qu’on appelle Lort de Madonne qui confronte d’acquilon la muraille de la ville…lesquelles places ne servent que l’ornement des portes de la ville et la promenade des habitants…».

Que le roi : « n’a point de château ny maison dans la dite ville ; que le château qu’il y soullait avoir, feust desmoly par ordre de sa majesté comme inutile l’année 1632 ».

Ainsi que : « … la place d’une maison noble appelée de la Motthe, avec ses enclos, droits et apartenances, contenant en tout 12 mesures de terre, confrontant du levant … et le ruisseau de la fontaine de la place ; midi la place du Mazel Viel ; couchant , le rocher et la vigne qui est en bas et d’acquillon, la place de la dite ville qui est entre le dit enclos et le rocher ou était le château du roy, dans lequel enclos plusieurs habitants ont basty des maisons, pigeonniers et jardins…  ».

(AD09 – 1 J 664 n° 28)

 

 

Texte et photo : Robert-Félix VICENTE

 

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