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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 16:06

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En 1830 !

 

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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 07:32

FRAD09 1J718 0011

Musée Paul Dupuy - Toulouse

Lithographie d'Eugêne de Malbos (1811 - 1855) - Tarascon, Mine de plomb et réhauts de blanc. 1844

 

CLIC ALBUM PHOTO

 

  LE CASTEL LA MOTTE DE TARASCON 

 

Tarascon sur Ariège. Pour qui s’intéresse au moyen âge, ce nom évoque aussitôt une tour ronde : une des plus suggestives assurément, avec son clocher, ses trois cadrans, haute et isolée, et bâtie avec les pierres de l’ancienne porte de Foix. Or cette tour construite au 18ème siècle se trouve au cœur de l’emplacement du vieux castellum détruit en 1633. Une forteresse résidentielle que les premiers comtes de Foix avaient élevé en face du bourg castral de Quié.

Perché sur le verrou glaciaire dominant la confluence de l’Ariège et du Vicdessos, la vocation première de ce donjon était de défendre un espace et non la petite communauté existante déjà à ses pieds. L’édification d’un tel château par le comte de Foix n’est pas le fait du hasard puisqu’il contrôlait la Via Mercadal. Cette voie marchande, qui conduit du Toulousain vers la Cerdagne, était située rive gauche de l’Ariège, et était aussi toute proche de l’agglomération tarasconnaise. Il est évident que le contrôle de cette voie de communication était une importante source de revenus, surtout en établissant des péages sur les ponts et en l’occurrence ceux de Tarascon. Si la maîtrise de ce carrefour est peut-être l’élément d’origine à cette création, il faut souligner que le comte souhaite aussi contenir l’ambition du seigneur du village castral de Quié, avec qui il a une relation conflictuelle.

 

Alentour s’étendait une agglomération sous dépendance comtale, à l’origine de la ville actuelle. Le bourg de Tarascon fut au Moyen Âge le siège d'une châtellenie des comtes de Foix. Comme nous l’avons découvert une forteresse y a autrefois existée mais il n'en reste aujourd'hui plus rien, et il est difficile, voire impossible, de savoir quel aspect pouvait présenter le château. En fait, s'il doit rester des traces et des éléments de l'ancien Castellum Tarascho qui aurait put être bâtie ou transformée, par le premier comte de Foix sur l’emplacement d’une structure primitive, ceux-ci ne peuvent qu'être enfouis, et seules des fouilles et des études archéologiques  pourront un jour les révéler. Car nous connaissons mal l’évolution du château qui va traverser les siècles jusqu’à sa démolition totale en 1633. D’ailleurs de ce château, la toponymie pourrait avoir gardé la trace sous le nom de Castella donné à l’espace cadastral comprenant une grande partie du verrou glaciaire. Un château qui va apparaître dans la documentation vers la fin du 12ème siècle, au moment ou le comté se couvre de fortifications castrales[1]. En effet, la première mention directe de l’habitat fortifié tarasconnais se trouve dans la donation du 4 avril 1192, du comte Raimond-Roger de Foix à l’abbaye de Boulbonne, d’une terre avec la maison qui y est construite, située à côté du castrum de Tarascone, et depuis le pont sur l’Ariège jusqu’à la rue qui monte à la clausura castelli.

 

C'est donc à une agglomération fortifiée se développant autour du château comtal que Roger Bernard 1er  délivre entre 1149 – 1188 la charte de coutumes et de liberté qui favorise l'expansion et l'enrichissement de la toute jeune cité grâce aux péages établis sur la rivière Ariège mais aussi, grâce aux franchises concédées aux habitants. Il faut souligner que les comtes et les souverains successifs veilleront à confirmer ces privilèges tout au long des siècles. Cette charte est véritablement l'acte de naissance de Tarascon.

 

Par contre, il semble que le château de Tarascon ne faisait pas partie des forteresses les plus importantes du pouvoir fuxéen. En effet, peu convoité, le château sera exclue de la main-mise royale lors du traité de paix conclu en 1229 entre Roger Bernard II de Foix et le roi Louis IX. Le comte remet alors, aux représentants du pape et du roi, les puissants châteaux de Foix, de Montgrenier, de Lordat et de Montréal de Sos. Et, il gagne Tarascon, résidence comtale, avec Ermessinde[2].

 

Tarascon, dont on ne trouve mention dans aucun titre antérieur au 12ème siècle, semble bien être d’origine féodale, et n’est donc, à l’origine, rien d’autre qu’un modeste château qui sera plus résidence que forteresse [3].

Le château comtal, du moins la partie résidentielle, devait être suffisamment en bon état pour que le comte puisse y résider pendant plusieurs long séjours. Aussi, c’est au début du 14ème siècle que l’on trouve mention d’une salle seigneuriale « in aula castri de taraschone ». Or, dans plusieurs écrits contemporains, cette salle se transformera on ne sait pourquoi, en une - grande - salle[4]. Mentionnée dans un interrogatoire inquisitorial, elle devait certainement être assez proche de la tour résidentielle occupée par Guilhem Bayard[5], le fidèle juriste de Roger-Bernard III de Foix et, aussi son châtelain de l’époque. Comme, l’écrit si bien Anne Brenon[6] : « on ne peut l’imaginer, avec sa tour orgueilleuse, qu’au plus haut de la ville, c’est-à-dire à proximité du château comtal ». Aussi, il n’est pas totalement interdit d’imaginer que cette résidence privée, du notaire et châtelain Bayard, bref, de l’homme fort de la ville, ait pu être le manoir dit le Castel La Motte. En effet, ayant eu un aperçu des liens sociaux autour de ce dernier, on lui découvre une alliance avec la famille de Miglos, en tant que beau-père du damoiseau Pierre de Miglos. Et on peut observer que se sont ces mêmes de Miglos qui sont mentionnés comme propriétaires du dit manoir à partir de 1421[7].

 

Au sud de la tour comtale, se tenait donc un autre logis composé d’une tour et d’une salle résidentielle attenante. En effet, sur le flanc sud-ouest de la nouvelle muraille s'appuie le Castel La Motte. Situé en bordure de la falaise abrupte, à proximité de la porte du Mazel Vieil, cet ensemble, malgré son aspect résidentiel et ses nombreuses ouvertures, s’impose encore dans le paysage comme étant un édifice majeur du système de défense. En édifiant le Castel La Motte contre la muraille consulaire, la notion de protection émanant symboliquement de cette maison noble apparaît renforcée.

 

En premier lieu, l’importance du manoir dit le Castel La Motte est-il réel ? Même si, à notre avis sa fonction est principalement résidentielle, pareil ensemble méritait qu’on s’y attardât. Au-delà de l’impression pittoresque, on devine un modèle : celui du développement d’une puissante maison, greffé en l’occurrence sur un noyau urbain renaissant, et ayant suscité au cours du temps, la formation d’un second château, devenu simple résidence avant l’époque moderne. Sur le plan historique, le Castel La Motte est resté jusqu’à la fin du moyen âge une des plus importantes maisons nobles de Tarascon. Il est même un des rares à avoir su préserver son indépendance de l’envahissant modèle du castrum - dont le noyau n’est pourtant distant que d’une cinquantaine de mètres – tout en maintenant un attrait défensif incertain jusqu’à sa vente aux consuls tarasconnais en 1601. Certes, il n’a pas laissé comme sa tour voisine, le souvenir d’une forteresse, créée par des comtes d’envergure exceptionnelle, ni celui d’un rôle défensif de premier ordre. Au demeurant, la question de la place de ce Castel La Motte à l’époque de la grande expansion tarasconnaise est encore un sujet d’étude passionnant. Pour autant, la dualité entre ces deux pôles opposés, entre lesquels on ne rencontre aucun habitat intermédiaire avant le milieu du 17ème siècle, n’implique pas un schéma d’évolution de type «double château». Cette situation peut conduire à s’interroger sur les rôles respectifs du château féodal originel et du Castel La Motte dans le développement urbain.

Mais, à des détails près, pouvons-nous parler des tours de Tarascon (donjon et tour avec salle résidentielle), ou d’une seule et unique tour féodale ?  Sans tenter l’approche archéologique, la question reste posée, mais, un donjon vaut bien deux tours.

 

En somme, on ne sait depuis quand fut construit le Castel La Motte sur le site du Castella. Or, la documentation, qui est ici notre seul guide, ne peut fournir qu’une réponse partielle et approximative à la création de l’édifice.

 

Curieusement, à l’image du notaire Bayard, observons que la famille des Niaux réside aussi dans des conditions certainement aisées dans le périmètre du château de Tarascon. En effet, en déplacement à Tarascon le 09 mai 1320, Jacques Fournier, évêque de Pamiers depuis 1317, mande à se présenter devant lui Arnaud de Savinhan de Tarascon accusé d’hérésie. On apprend, détail intéressant, que la rencontre se passe dans la maison de Arnaud de Niaux, maison qui se trouvait « in castro de Tarascone »[8]. Signalons encore, que lorsque Jacques Fournier, vient célébrer le 25 juillet 1322 la messe, le dimanche après la Sainte-Marie Madeleine, dans l’église de Sabart, il loge chez le même Arnaud de Niaux. De même les audiences du tribunal de l’inquisition, qui siège à Tarascon le 21 et 25 juillet 1323, auront lieu encore dans cette maison particulière. Mais cependant, il nous semble plus plausible et juste d’écrire que celui-ci possède une maison dans le bourg fortifié et non dans le château de Tarascon comme transcrit par certains historiens. A notre avis, il ne pouvait y avoir des maisons dans l’enceinte même du château, si ce n’est quelques maisons nobles assez proches de cette même enceinte comme une des deux résidences de Guillaume de Rodès qui se situe près du château « que est juxta castrum »[9]. Le terme même de castrum est cependant ambigu, désignant tour à tour soit un château, ou au moins une maison forte, soit la partie d’une ville enserrée dans une enceinte. A propos d’autres variantes, l’ouvrage fortifié peut également porter le nom de castellum, le terme castrum désignant alors le village fortifié. Enfin, notons que, dans la charte de 1216 déjà, Tarascon est aussi, tantôt castrum, tantôt villa, ce qui peut être sans autre raison apparente qu’un caprice de rédacteur. Mais, il semble plausible, comme le souligne Florence Guillot[10], que le regroupement villageois n’est pas désigné par le mot castrum mais par le terme de villa, qui paraît englober plus que le village inclus dans l’enceinte, c’est à dire les faubourgs naissants, donc peut-être, l’ensemble de l’agglomération comprenant sa partie ouverte.

 

Le château et la ville de Tarascon, seront l’objet de sanglantes luttes entre catholiques et protestants. Au cœur de cette période assez troublée, le château comtal, occupé en 1578 par un châtelain catholique du nom de Corbayran del Til[11] devait être en mauvais état, où du moins pas en état d’accueillir un prince. En effet nous avons retrouvé, dans un cahier du trésorier de la ville, que c’est dans ce même château La Motte, appartenant à la famille de Miglos [12], que sera accueilli en avril 1578 le roi Henri III de Navarre comte de Foix, le futur Henri IV roi de France, lors de son passage inédit à Tarascon. On peut se demander si cela ne témoignerait pas en quelque sorte d’une incapacité du châtelain à accueillir le roi de Navarre dans le château comtal, parce que soit délaissé ou délabré. Quoiqu’il en soit, après les salves d’honneur annonçant l’entrée du roi dans la ville par le portal de Foix, celui-ci arrive au Castel La Motte. La maison du sieur de Miglos devait certainement être plus accueillante que la vieille tour féodale ! Pendant la réception les consuls remettront au prince un curieux présent : six jeux de cartes à jouer. Puis, s’ensuivra dans l’enceinte du dit château, une collation : « avec du pain, du vin rouge, du vin claret et du vin blanc, ainsi qu’une épaule de mouton avec les épices pour l’accompagner». Ceci, avant de quitter Tarascon en direction du pont d’Alat par la porte d’Espagne, pour aller visiter en ces temps extraordinaires, ou tout était mêlé et confondu : la guerre et les plaisirs, les massacres et les festins, les comédies légères et les drames horribles, la grotte de Lombrives.

 

Foyer de guerres continuelles, cinq ans après l’étrange visite à Lombrives, Henri de Navarre a du mal à imposer le calme sur ces terres. Aussi, il va ordonner, par une lettre du 03 janvier 1582, adressée à Jacques de Villemur, sieur de Pailhès et gouverneur du Pays de Foix, de démanteler les fortifications de Tarascon, dont une partie de la maison La Motte. Mesure radicale, afin de pacifier les choses et d’éviter écrit-il « que ces altérations n’apportent que de la ruyne a mes subjects, car il est à craindre que le mal ne s’éstende plus avant. A quoi je désire remédier et ne pense point moyen plus propre qu’en faisant démanteler ma dite ville, mon chasteau et faire desmolir les guarites, flancs et ce que vous coignoistrés estre besoing de la maison de la Mothe Bardigues, mesme l’ouvrir du cousté de la rivière pour oter toutes occasions d’entreprendre les ungs sur les autres…»[13]. A cette époque le Castel La Motte appartenait à Beraud du Gout ou de Goth, seigneur de la Motte-Bardigues en Lomagne, qui était marié à Marguerite de Béon de Sere, dame de Miglos. En septembre de la même année, le sieur d’Audou réussira à s’emparer de Tarascon et de façon durable cette fois-ci, puisque la ville restera dix sept ans aux mains des réformés. Pourtant, à notre connaissance aucune démolition ne sera engagée, au contraire on va faire en sorte de conserver la ville en état, et encore mieux, de réparer l’ensemble des défenses.

 

Au delà des événements liés aux guerres religieuses, notons d’ailleurs, que les consuls de Tarascon achèteront le 30 mars 1601, le dit château La Motte (ou Lamotte, ou Lamothe, l’orthographe n’est pas fixée), à noble Charles de Miglos et dame Ysabeau Dugout sa femme, pour deux mille livres.  Le même acte d’achat comprend aussi le jardin dit de Madonne joignant la place du Mazel-Viel[14]. Cette acquisition consulaire est surprenante, car à ce jour, on ne connaît pas la véritable destination de cette maison forte au sein du patrimoine de la communauté. On sait par ailleurs, que celle-ci ne servira ni de prison, ni d’école, ni d’hôtel de ville… Par contre, on découvre que dans le dit enclos de cette maison noble qui : « confronte au midi la place du Mazel-Viel, au couchant les rochers et le précipice, et d’aquilon la placette de la ville qui est entre le dit enclos et le rocher ou était le château du roi », plusieurs habitants ont construits des maisons et des pigeonniers avec des jardins[15].

 

En l’année 1632, la communauté se trouvant affligée de la contagion de peste, délibère : « qu’on construirait une chapelle dédiée à Saint-Roch à l’emplacement de l’oratoire situé sur le jardin du sieur Fauré Lacaussade, ce qui a été négligé jusqu’ici…»[16]. C’est, à cette époque que s’annonce la démolition du vieux château de Tarascon. Le 28 octobre 1632, Louis XIII et le cardinal, duc de Richelieu étaient à toulouse. Le 08 novembre, le roi signe une ordonnance adressée au sieur de Laforest-Toyras, gouverneur du château de Foix, pour lui enjoindre de démolir les châteaux de Montaut, de la Bastide de Sérou, de Roquefixade et de Tarascon. Le 10 novembre, le capitaine Teulade de Foix, chargé de son exécution, avise les consuls de Tarascon que par ordre du roi et de son ministre-Cardinal, que le château doit être démoli rez-terre  aux frais de la ville. Ceci afin que :  « …les factieux ne se puissent prévaloir des dites places pour troubler le repos et tranquilité de nos subjects... ». La tour de Mont-Négre[17], proche de la porte d’Espagne et, le château La Motte qui appartenait aux consuls depuis 1601,  subiront en partie le même sort. Si la question reste posée concernant l’identification des ruines de la tour de Mont-Négre, le manoir La Motte, lui imprime toujours sa masse altière de pierre dans le paysage actuel. Par contre, le silence de la documentation ne permet à ce jour de décrire cette phase de démolition, et si elle a vraiment eut lieu concernant le Castel La Motte.

 

Dans la documentation qui nous est parvenue, on découvre très peu d’actes de destructions volontaires, de la part des tarasconnais eux-mêmes. Ceci dit, alors que le château du roi est démoli « rez terre » depuis le début de l’année 1633, on peut attester que la ville, elle, conserve la totalité de son enceinte. Par contre dans le cadre de notre enquête documentaire, on découvre qu’une partie des murailles de l’ancien château existent encore, ici et là. Puisque, le 13 décembre 1646, Mathieu Pagès, substitut du procureur du roi, dénonce aux consuls Philippe Deguilhem et Paul Seré, l’acte malveillant de certains habitants qui ont entrepris la démolition des murailles en l’endroit dit du Castella : « …d’autant que la dite muraille est au roi »[18]. Ce zèle aveugle de destruction ou mal averti, est donc le début de l’occupation « du rocher ou était le château du roi ». On trouve en effet, mention dans le compoix de 1649 et le dénombrement des consuls de 1667, que plusieurs habitants y ont construit des maisons, des pigeonniers et des jardins[19]. On peut donc en déduire que le verrou était autrefois occupé uniquement par le château du roi et le Castel La Motte. C’est d’autant plus vrai que la commune y possède d’ailleurs une petite place : « ...jean Flouraud, fils à feu arnaud, tient avec sons frère un jardin au Castela, confront de levant la carrière del Castela, midi Philip deguilhem, couchant le précipice du dit Castela et acquilon la placette de la ville… »[20]. Aujourd’hui, cette ancienne placette, qui se trouve dans la rampe d’accès à la tour de l’horloge, est de nouveau clôturée et enserre quelques ceps de vigne.

 

          Quelles conclusions tirer de ces aperçus un peu décousus ? Si ce n’est qu’une telle conservation du Castel La Motte implique une continuité d’utilisation sans rupture et que les quelconques aménagements défensifs de cette maison de la petite noblesse sont fréquemment renvoyés à une interprétation de l’ordre du symbolique.

 

         Cette brève histoire du Castel La Motte s’achève ici… pour le moment, le temps de poursuivre nos investigations et d’attendre vos suggestions !



[1] AD09 – E 83, f° 219r et B.N. copie Doat, vol. 83, f° 218r – 219v.

[2] Voir aussi, l’enquête sur les limites du comté de Foix juillet-août 1272, qui mentionne que le castrum de Tarascon faisaient partie des possessions du comte qui furent données en gage au roi de France Philippe le Hardi. Alors que les principaux châteaux, ceux de Foix, Montréal, Lordat, Ax et Mérens avaient été confiés par le comte de Foix prévoyant au roi Jacques 1er d’Aragon qui s’était entremis. C’est à cette même date que l’on trouve la première mention d’un châtelain de Tarascon du nom de Pierre de Gavarret. AD09 - 1 j 90,  AD64 – E 398;  H.G.L.,  to X col 92 acte 5, pag. 105-106 et BN, ms lat. 9187, f°72.

[3] Raimond Roger de Foix, depuis longtemps en état de guerre avec le Comte d’Urgel, voulut se donner un allié dans le vicomte Arnaud de Castelbon. Il maria son fils Roger Bernard II avec Ermessinde, fille unique d’Arnaud de Castelbon. Le contrat de mariage fut signé à Tarascon le 10 janvier 1202.  Hiver 1230, mort de Ermessinde de Castelbon à Tarascon, elle fut inhumée plus tard, au monastère de Costoja. 13 mars 1231,  Tarascon vit le mariage de Roger IV fils de Roger-Bernard  II comte de Foix avec Brunissende  de Cardonne de Béziers . 10 février 1232,  Roger Bernard II, comte de Foix épouse en seconde noces à Tarascon Ermengarde de Narbonne. Le 03 mars 1302 , alors qu’il se préparait à une nouvelle expédition en catalogne, que mourut à Tarascon Roger-Bernard III (1263-1302).

[4] Il est dit (le fait n’est pas prouvé pour autant) que Pèire d’Ax – anciennement le notaire Pierre Autier – aurait « consolé » le comte dans la foi et l’église cathare, dans une « salle » du château de Tarascon, grâce à l’entremise du notaire châtelain Guillaume Bayard. Vatican, ms Lat 4030, traduction Jean Duvernoy, Jacques Fournier, interrogatoire n° 49, pp. 595 - 596 et HGL, to IV, p.108. Le notaire Guillem Bayard est aussi mentionné comme consul en 1282.

[5] AD09 - 8° 1802, Annette Pales-Gobilliard - L'inquisiteur Geoffroy d'Ablis et les cathares du Comté de Foix (1308-1309). - Limoges, 1984, in 8°, pp.88-89, « Guillemus Bayardi de Tarascone receptaverat eos in domo sua et steterant in turri ipsius per aliquos dies ».

[6] Anne Brenon, Pèire Autier - le dernier cathare, Perrin, 2006, pp.160-171.

[7] Cart. Tarascon n° 56, un acte du 20 juin 1421, oblige la Dame Catherine de Miglos à fermer la porte du château dit de la motte qui avait été faite  vis-à-vis du Mazel Bieil, vu que les consuls ne lui en avaient permis l’ouverture que pour faire passer les matériaux nécessaires aux réparations de sa maison.

[8] AD09 – 8°1624, Jean Duvernoy, Registre d’inquisition de Jacques Fournier, to 1, p.201 et  8° 271 , Molinier, Tribunal  inquisition, p.148.

[9] AD09 - 8° 1802, Annette  Pales-Gobilliard,  L'inquisiteur Geoffroy d'Ablis et les cathares du Comté de Foix (1308-1309) - Limoges, 1984, pp.215 et 235. D’après le manuscrit latin 4269 de la Bibliothèque nationale.

[10] Florence Guillot, Fortifications, pouvoirs, peuplement, en Sabarthès du début du XIème siècle au début du XVème siècle, to.1, juin 1997, p.308.

[11] AD09 - E 360,  On trouve en 1533, noble Corbayrand de Tilhio, châtelain de Tarascon. AD09 - E 93, 1578, noble Corbayra del Til, castella de Tarasco. En 1598, c’est encore un du Tilh, qui est châtelain de Tarascon, puisque de Delescazes nous apprend qu’il fut rétabli par le vicomte de Mirepoix, sénéchal et gouverneur du pays de Foix : « en la possession et jouissance du château qu’occupait par violence, le huguenot de Rigoyrans , au préjudice du droit acquis au dit du Tilh ». Mais on s’interroge vraiment sur le rétablissement de Du Thil, en effet on découvre encore en 1599 et 1600, un Pierre de Miglos, sieur de Rigoyrans, capitaine du château de Tarascon, voir AD64 - B 3268 et B 3276. On s’accorda peut-être à conserver un capitaine huguenot, alors même que le mi-partiment consulaire (2 catholiques – 2 protestants) était effectif à Tarascon depuis cette même année 1598. Mais en 1601, c’est bien un Jean du Tilh, qui est capitaine du château de Tarascon - AD09 - 5 E 456, f°125.

[12] Cart. Tarascon n° 56. Le 20 juin 1421, un acte oblige la Dame Catherine de Miglos à fermer la porte du château dit de la motte qui avait été faite  vis-à-vis du Mazel Vieil, vu que les consuls ne lui en avaient permis l’ouverture que pour faire passer les matériaux nécessaires aux réparations de sa maison.

L’acte latin du 20 juin 1421, et les deux ordonnances du 5 août 1475 et 28 mai 1477 prouvent bien qu’il existait deux châteaux mitoyens : le château La Motte, appartenant à la famille de Miglos, et le château féodal appartenant au comte de Foix.  Voir aussi, cart. Tarascon n ° 94, le 09 novembre 1520, on produit un inventaire pour les syndics de Tarascon, contre le sieur de Montgascon, qui retenait par la force des biens appartenant aux habitants de Tarascon au préjudice des édits de pacification et surtout d’élargir les consuls qu’il avait fait prisonniers au château de la Motte. Voir aussi, cart. Tarascon n° 6, le 20 juin 1556, les consuls achètent à Traversier de Montgascon et à dame noble Marguerite de Sicre, l’Hort ou jardin de Madone, sis au Mazel-Viel et attenant au château Lamotte, pour la somme de 60 écus petits.

[13] AD09 – 8°1533/6, Charles de la Hitte, lettres inédites de Henri IV à M. de Pailhès, gouverneur du comté de Foix et aux consuls de la ville de Foix (1576-1602), in Archives historiques de la Gascogne, t. X (1886), p. 45-46.

[14] AD09 – 1 J 664, cart. Tarascon n° 10, n° 132, et AD09 - 5 E 456, f°133.

[15] Idem, dénombrement des consuls en 1667, pièce n° 28 et 8 j 44 (1651), f° 30, 73, 80 et 81.

[16] AD09 - 135 EDT BB 13, délibération du 12 mai 1757,  en faveur de la construction de la chapelle Saint-Roch.

[17] Cart. Tarascon n° 12 et AD09 – 180 EDT AA 1, f°2-6. Dénombrement du comté par Michel Duvernis, notaire et procureur du comté, 7 décembre 1445. Un extrait de cet inventaire dit grand livre blanc, nous indique que le comte de Foix possède en dehors d.u « castel et villa » de Tarascon une tour appelée « la tor de Mont Negre ».

[18] AD09 - 5 E 651, f° 25-26.

[19] AD09 -  135EDTCC1, 8 J 44 et 1 J 664, n° 28.

[20] AD09 -  8 J 44, f° 29v.

 

 

Quelques jalons historiques

 

1421                  20 juin, un acte oblige la Dame Catherine de Miglos à fermer la porte du château dit de la Motte qui avait été faite  vis-à-vis du Mazel Vieil, vu que les consuls ne lui en avaient permis l’ouverture que pour faire passer les matériaux nécessaires aux réparations de sa maison.

( cart. Tarascon n° 56 )

 

1475                   5 août, une ordonnance rendue à Pau par  Magdeleine, mère et tutrice du jeune comte François Phoebus, ordonne que la porte du côté du château de la Motte aboutissant à la place du Mazel Vieilh doit bien être murée, engageant  tous ses officiers, sous peine de cinq marcs d’argent de bien exécuter  les ordres.    

( cart. Tarascon n ° 57 )

 

1477                  L’acte latin du 20 juin 1421 et les deux ordonnances du 5 août 1475 et 28 mai 1477 prouvent bien qu’il existait deux châteaux mitoyens : le château Lamotte, appartenant à la famille de Miglos, et le château féodal appartenant au comte de Foix.     

 

1520                   9 novembre, on produit un inventaire pour les syndics de Tarascon, contre le sieur de Montgascon, qui retenait par la force des biens appartenant aux habitants de Tarascon au préjudice des édits de pacification et surtout d’élargir les consuls qu’il avait fait prisonniers au château de Lamotte.

( cart. Tarascon n ° 94 )

 

1556                  20 juin, les consuls achètent  à Traversier de Montgascon et à dame noble Marguerite de Sicre, l’Hort ou jardin de Madone, sis au Mazel-Viel et attenant au château Lamotte, pour la somme de 60 écus petits.

( Cart.  Tarascon n° 6)

  

1578                  Mars, Henry III de Navarre comte de Foix – futur Henri IV roi de France - est accueilli  à Tarascon au château Lamotte avant d’aller visiter la grotte de Lombrives.

(AD09 - E 93)

 

1582                   3 janvier, lettre du roi Henri III de Navarre qui ordonne à M. de Pailhès, gouverneur du Pays de Foix,  de démanteler la ville, afin de pacifier les choses et d’éviter « que ces altérations n’apportent que de la ruyne a mes subjects, car il est à craindre que le mal ne s’éstende plus avant. A quoi je désire remédier et ne pense point moyen plus propre qu’en faisant démanteler ma dite ville, mon chasteau et faire desmolir les guarites, flancs et ce que vous coignoistrés estre besoing de la maison de la Mothe Bardigues, mesme l’ouvrir du cousté de la rivière pour oter toutes occasions d’entreprendre les ungs sur les autres.. ».

(AD09 – 8°1533/6, p.45)

 

1589                  Bertrand de Goth (Dugout), Baron de Miglos, devient propriétaire du château Lamotte.

 

1598                  19 mars, confirmation des privilèges et une réponse d’Henri IV touchant la démolition du château de Lamotte.

(Car.  Tarascon n° 102)

 

1601                  30 mars, achat  du château Lamotte.

                          7 avril, acte par lequel les consuls de Tarascon achètent le château Lamotte à noble Charles de Miglos et dame Ysabeau Dugout sa femme, pour deux mille livres y compris le jardin dit : de Madonne joignant la place du Mazel Viel.

(cart. Tarascon n° 10 et 132 et AD09 - 5 E 456, f°133)

 

1604                   31 août, quittance de 2000 livres sur l’achat d’un manoir noble dit le château de Lamotte par les consuls. Acte retenu par Arnaud Flouraud notaire.

(cart.  Tarascon n° 132)

 

1632                   10 novembre, le capitaine Teulade de Foix, avise les consuls que par ordonnance  du roi Louis XIII et du Cardinal de 

                           Richelieu, le château de Tarascon doit être démoli « rez-terre » aux frais de la ville ainsi que la tour de Mount-Négré .

                           Le 15 novembre il fut ordonné de faire venir des gens des divers lieux du consulat pour commencer la démolition.

 

Le château Lamotte qui appartenait aux consuls depuis 1601 subit en partie le même sort.

 

17 novembre, le capitaine et gouverneur de la ville de Foix, De Laforest, superviseur des travaux demande 25 hommes de corvée pour raser le château. Il abandonne aux consuls les matériaux afin qu’ils soient employés à d’utiles réparations dans l’intérêt de la ville. Il ordonne que la surveillance s ‘effectuera par un des 4 consuls, un des 24 conseillers et l’un des 2  syndics.

(AD09 – 135 EDT BB1 et Dépêche du Midi du 28 janvier  1933 / Jean

 Mandement)

 

1667                 10 octobre, dans le dénombrement des consuls on découvre aussi que la communauté possède : « … plus deux autres places devant la porte du Mazelviel : l’une qu’on appelle Lort de Madonne qui confronte d’acquilon la muraille de la ville…lesquelles places ne servent que l’ornement des portes de la ville et la promenade des habitants…».

Que le roi : « n’a point de château ny maison dans la dite ville ; que le château qu’il y soullait avoir, feust desmoly par ordre de sa majesté comme inutile l’année 1632 ».

Ainsi que : « … la place d’une maison noble appelée de la Motthe, avec ses enclos, droits et apartenances, contenant en tout 12 mesures de terre, confrontant du levant … et le ruisseau de la fontaine de la place ; midi la place du Mazel Viel ; couchant , le rocher et la vigne qui est en bas et d’acquillon, la place de la dite ville qui est entre le dit enclos et le rocher ou était le château du roy, dans lequel enclos plusieurs habitants ont basty des maisons, pigeonniers et jardins…  ».

(AD09 – 1 J 664 n° 28)

 

 

Texte et photo : Robert-Félix VICENTE

 

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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 10:47

Voici ma version du dernier  PROCHE DE VOUS de  mai 2012

Proche-de-Vous-1---Mai-2012

Proche-de-Vous-2---Mai-2012

Proche-de-Vous 3---Mai-2012.-

Proche-de-Vous-4--Mai-2012.

 

 

Cette page 4, comporte une photo contemporaine des vestiges (incluse par mes soins) et non pas la dite reconstitution des remparts et du château publiée dans le Proche de Vous format papier. Car, n'en déplaise à certains, les documents d'archives n'ont jamais décrit l'ancien château avec 2 tours donjonnées et massives. Seule, une vraie enquête archéologique pourrait le vérifier et s'inscrire dans la vérité Historique !

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 16:51

 Tarascon - vue depuis le Pech des Cadenos 

 

Clic sur la photo ci-dessus pour voir l'album !

 

L’ancienne muraille qui fait surgir aujourd’hui les fantômes des guerres et la rudesse des temps révolus, elle est là, parmi nous. Encore présente à de nombreux endroits pour qui sait la voir. Nous la côtoyons souvent sans le savoir.

Nous allons essayer de la reconnaître et l’évoquer afin de faire prendre à la ville une dimension historique. Nous réalisons que les rues parcourues de manière banale sont en fait la résultante d’une histoire ancienne, dense et riche qui nous invite à méditer sur notre présent, et  notre avenir aussi bien. Car même abandonnés, croulants ou disparus, les murs ont profondément marqué la ville.

 

Aspect et croissance de la ville

Lorsque vous venez du sud, la curieuse silhouette du Soudours signale le bassin de Tarascon, l’ancien pays des Tarusques, cité par Pline dans son Histoire Naturelle.

Certes, les origines du peuplement du bassin de Tarascon se perdent dans la nuit des temps, à lui seul, le nom pré-indo européen – Tarusco - de l’agglomération qui s’y est développé l’indique assez bien.  Nous sommes donc, au cœur d’un des plus vieux terroirs habités de l’Ariège, les romains auraient trouvé là, une tribu qu’ils ont appelée Taruscunnienses, du nom peut-être de leur bourgade. Nous savons peu de choses des villes des premiers temps carolingiens, sinon qu’elles ne gardent plus que des très vagues souvenirs de leur passé gallo-romain.

D’après certaines publications, et aucunes sources historiques, cette cité aurait été fondée au 8ème siècle, suite à la victoire de Charlemagne contre les Sarrasins dans la plaine du pré Lombard . Aussi, si l’on prend soin d’abandonner la légende, on découvrira que l’histoire de Tarascon est intimement liée à celle de son château médiéval.

 

Nous ne savons rien de la première forteresse - Castellum Tarascho - qui aurait été bâtie par le premier comte de Foix. Et très peu, sur le château qui va traverser les siècles jusqu’à sa démolition en 1633. Dès lors, le château de Tarascon ne jouera plus aucun rôle dans l'histoire militaire de la région, et l'imposante forteresse médiévale, désormais inutile, tombera dans l'oubli.

Tarascon, semble bien être d’origine féodale, et n’est donc, à l’origine, rien d’autre qu’un château perchée sur un verrou glaciaire dominant la confluence de l’Ariège et du Vicdessos. Tout ce qui a été dit concernant les périodes précédentes n’est que conjectures.

 

On ne sait depuis quand s’était organisé un embryon de vie urbaine sur le site de Tarascon. Aussi, on peut penser que, la nouvelle organisation de la ville médiévale, telle que l’on va la découvrir, masque certainement un habitat réduit et  beaucoup plus ancien.

Car, le premier réflexe fut semble t-il, de réoccuper le site défensif protohistorique. Celui-ci étant parfois réduit à un donjon et une palissade de bois, simple ouvrage de défense et de surveillance du bassin tarasconnais, et non centre de peuplement.

Ce n’est qu’a partir du 10ème siècle, avec la fin des troubles et le renouveau des échanges qui s’ensuit, que les communautés villageoises sortent de leur médiocrité antérieure et deviennent pour certaines des grands centres commerciaux.

 

C’est ainsi que, dans le courant du 11ème  siècle, avec le retour à la paix et surtout l'amélioration des conditions économique, qu’une population de marchands et de miséreux, descendus des montagnes se fixent peu à peu au pied de la forteresse comtale. Désormais, avec la nouvelle conjoncture : la montagne du haut Sabartès est capable de nourrir tant bien que mal ses habitants.

 

Les murailles et la liberté -ou du moins certaines libertés- sont les signes de la ville

« …Toutes les villes murées avaient des franchises, des libertés, des privilèges jusque dans la plus grande anarchie du pouvoir féodal… ». François-Marie Arouet, dit VOLTAIRE, in Dic. phil. Franchise.

 

L’acte de naissance officiel de la ville de Tarascon est certainement l’octroi de la charte de coutumes et de libertés de l’an 1149. La concession du comte Roger-Bernard 1er au « peuple et à l’université » de Tarascon, est le témoignage, sans aucun doute, de l’appui important à sa capitale du Haut Sabarthès.

 

Mais manifestement, cette manœuvre politique comporte aussi une raison économique, par l’obtention des substantiels revenus lies à la prospérité de ce centre de peuplement. Le comte, en offrant des surfaces à bâtir aux immigrants, avait donc intérêt à en seconder le développement. Aussi, il accorda alors aux habitants certaines faveurs, certains privilèges qui, sans les soustraire à la domination féodale, sans leur conférer une véritable indépendance, avait néanmoins pour but et pour effet d’y attirer plus de population.

D’ailleurs, Tarascon, certainement ville ancienne, fut avant la Croisade contre les Albigeois, le premier bourg en pays de Foix, à recevoir une charte de Franchise.

Cela sous-entend que le site est déjà occupé par un habitat, non structuré et  peu important. Mais avec qui il faut s’allier, et qu’il faut entraîner très réellement vers l’existence urbaine, là où les habitants trouveraient la force économique et la sécurité.

 

On peut donc tenir pour certain, que, jusqu’à l’octroi des franchises municipales de 1149, Tarascon n’est que l’embryon d’une bourgade rurale parfaitement ignorée des rédacteurs de chartes. Mais, un bourg rural qui était destinée à s’agrandir, en tirant avantage de sa situation au seuil et au carrefour naturel de la haute montagne du Sabartès. Avec aussi, comme autres avantages, celui du berceau naturel du Castella, que couronne le château comtal, et la proximité de l’ancien site d’influence de l’église Sainte-Marie de Sabart. Encore au Moyen Âge central, Sabart, reste le cœur de la haute Ariège.

 

La situation stratégique majeure de Tarascon, sur la confluence de deux rivières, au point de convergence de six vallées, justifie en partie la réaction du comte de Foix d’organiser, au pied du donjon féodal, un habitat important. Car ce même comte a pour autre objectif de réduire le rayonnement, parfois hostile et concurrent, dans le contrôle de la Via Mercadal, du seigneur du village castral de Quié. D’ailleurs, à la Saint-Michel de septembre de l’année 1286, le comte n’hésite pas à exempter la communauté de Tarascon de payement de leude, de péage, de gabelle et autres subsides dans tout le comté de Foix. Ce même privilège sera confirmé en 1332, 1335, 1364, 1381, 1391, 1401, 1436, 1468… L’expansion tarasconnaise est en en marche !

 

Telle est la situation. Le comte Roger-Bernard 1er et le châtelain de Tarascon s’entendent donc pour jeter les bases d’une agglomération plus importante, la peupler et la faire prospérer. La ville (haute) au plan grossièrement géométrique est crée, adossée au château. Mais, à l’évidence, la capitale du Sabartès ne peut être considérée comme une bastide, n’ayant pas été fondée d’un seul jet ; c’est une ville d’accession à un château préexistant. Et certainement pas une ville nouvelle, puisqu’il existait déjà un habitat ancien sur le léger replat du verrou glaciaire.

 
Un consulat à la porte des montagnes

Subordonné au château comtal, à l’origine, le castrum de Tarascon n’est pas, à vraiment dire, un terroir riche, mais il se trouve au centre de tous les échanges du haut pays et sur l’axe principal du Sabartès. Son activité ne concerne pas le commerce lointain, mais davantage la commercialisation des surplus libérés par le début de la croissance économique et démographique de la campagne environnante.

Abritée derrière ses remparts, protégée par la sauvegarde comtale, gouvernée par ses propres magistrats, Tarascon eut un développement rapide et prospère.

Même, si le consulat n’est pas créé par la première charte, l’on peut supposer qu’il fut acquis plus tard, sous la pression de la communauté soucieuse d’assurer elle-même la gestion municipale.

Notons que déjà en 1216, afin de représenter la population de Tarascon, on trouve dans les actes, un groupe de notables, dénommés  prud’hommes ou « les plus sages », qui s’occupent d’administrer les biens de la communauté. Les consuls tarasconnais apparaîtrons pour la première fois dans un acte concernant le pont en 1239 (voir 1259).

 

Malheureusement aucun document d’établissement de ce consulat n’est arrivée jusqu’à nous. Accompagnée d’un certains nombre de privilèges, cette charte,  permit aux habitants de se gouverner eux-même, mais sous le contrôle des comtes de Foix, puis du roi de France.

L’importance des consuls est fondamentale, depuis le 13ème siècle, ils font la vie de la ville. Ces mêmes consuls, au nombre de quatre, avaient rang et voix délibérative aux Etats généraux et en la chambre des comptes du pays, comme appartenant à la troisième des quatre villes maîtresses du pays.

 

Le château était et restera affaire seigneuriale, symbole de l’autorité comtale, puis royale. Les murs de ville, symbole de la réalité urbaine autant qu’élément essentiel de protection, eux relevaient de l’administration consulaire, dont ils furent un souci financier constant. Comme l’indique plusieurs actes de 1333,1437,1467 et 1468, le comte de Foix accorde aux consuls de Tarascon un droit d’aide « adjudo », pour subvenir à l’entretien de la Clausure. Nous constatons aussi que l’entretien courant de l’enceinte villageoise semble avoir été négligée en temps de paix pour s’accélérer à l’aube de périodes plus troubles (guerres et épidémies). L’apogée de ces constructions consulaires, à caractère militaire, sera certainement le 14ème siècle avec la construction des doubles tours portes de Foix , du Mazel Viel et surtout de la haute tour de l’église St-Michel.

 

Tout autour du château, les remparts de la ville

« Ce sont les villes murées qui assurent la tranquillité au-dedans et les fortifications qui font la sûreté des frontières », écrit Vauban en 1700.

 

L'indigence de la documentation du Moyen-âge et la quasi absence de vestiges du passé médiéval dans la ville actuelle rendent difficile toute description du Tarascon médiéval. Mais, après avoir examiné quelques jalons historiques, un document du 13ème  siècle (1216 ou 1223),  nous permet cependant, de circonscrire, à grands traits, le castrum (château + habitat qui y  est associé) avec ses faubourgs et son enceinte.

 

Au Moyen Age, les fortifications faisaient partie des caractéristiques essentielles des villes. Aussi, vers la fin du 12ème siècle, Tarascon, sous administration consulaire,  se dotera de remparts protecteurs. Ils ne servaient pas seulement à la défense contre les ennemis et les bandes de brigands, contre les bêtes sauvages parfois, mais symbolisaient aussi la puissance et l'autonomie politique de la ville.

Tout autour du noyau ancien, la ville, dominée par le château à qui elle doit naissance, décrit une sorte d’ellipse correspondant aux murailles dont elle était entourée.

Tarascon était donc une ville enclose de murs, avec des rues étroites, parfois en pente raide, avec des maisons en pierre et pan de bois, hautes et resserrées.

 

La présence de l’enceinte de pierre va commander également l’allure de la croissance urbaine. Celle-ci s’est faite du sud vers le nord, par à-coups, marqués par au moins deux extensions successives de la muraille, qui aura pour effet de stabiliser, pour des siècles, la superficie urbaine. Sans doute l’enceinte villageoise, enfermant une faible superficie d’environ 2,5 hectares, dont on peut suivre encore aujourd’hui le tracé, date t-elle approximativement de cette époque

 

Les beaux vestiges des remparts, visibles encore aujourd’hui au regard de la rivière, sont en partie, ceux de la projection de l’ancien château comtal sur le sommet du verrou et des murs de ville au sud-ouest. Par contre, le reste de l’enceinte de ville, qui avait une forme déterminée par la topographie du relief naturel, et qui se développait sur la limite inférieure du cône de déjection, à complètement disparue. 

 

Malgré la topographie naturelle du verrou, le plan est donc nettement géométrique. A l’origine, le mur de ville délimitait une ville haute de type semi-enveloppant autour du castrum. Ce noyau ancien de la ville était formé par une douzaine d’îlots de maisons au centre desquels se trouve la place dite du marché.

Cette place est percée au centre-sud de la ville close, devant le parvis de l’ancienne église dédiée à Saint Paul construite au 11ème siècle, appelée plus tard N.D. de la Daurade.

Au cœur de la vieille urbanisation médiévale, cette agora, était jadis entourée d’une forte concentration de maisons. On peut aussi attester que la totalité des maisons, dont une façade s’ouvrait sur la place,  reposaient sur des piliers de bois. Telle la maison de Jehan Séré en 1575 (inscrite aux M.H. en avril 1950), que nous signalons pour son intérêt historique. Ces maisons formaient sur trois côtés de la dite place un ensemble de rues en galeries ou couverts. Aujourd’hui, la place à perdu, suites aux importants incendies, autres dégradations du temps, alignement et acquisitions, les deux tiers de ces mêmes habitations à arcades.

 

A cette période la pénétration dans la ville se fait par deux portes. L’enceinte de pierre est percée au sud par porte du Mazel Viel, et au nord par la porte de la leude, aussi, appelée porte du Saut. Au 18ème siècle, elle permet de lever la taxe (leude) portant sur les marchandises entrant dans la ville, à l’occasion d’une foire ou d’un marché. En 1262, cette leude, qui dépend du comte de Foix, rapporte plus de 100 sous toulza

 

Le contrôle des deux ponts à péage, source importante de revenus et l’existence de marchés et de foires, accélèrent la croissance de la ville.

La situation commerciale de la ville est aussi favorisée par l’activité de plusieurs  moulins bladiers, de tanneries, de foulons et de teintureries, qui seront les premiers signes d’un réel développement économique.

 

Mais, le territoire ainsi délimité par la première enceinte sera rapidement trop exigu et l’expansion villageoise va se poursuivre au nord.

Un barri (quartier au pied du rempart) composé de six îlots de maisons, d’incorporation plus tardive à la ville forte, va alors se situer entre la ville haute et le site du pont actuel sur l’Ariège, autour de l’abrupte chaussée ou « caussade ». C’est certainement, cette ancienne carrieram publicam de 1222 qui deviendra la rue de Foix ou du Barri Clos.

 

Le Barri Clos

La Communauté de Tarascon, jusqu'alors imprécise, mal connue, apparaît et se manifeste pour la première fois d'une façon nette dès la première moitié du 13ème siècle.

Il semble donc, que la ville et ses faubourgs aient été en place, et que cet ensemble se soit maintenu sans grandes modifications pendant tout l'Ancien régime.

Une charte de coutume à été confirmée une première fois en 1212, puis en 1216 et enfin en 1223.

Notons à ce propos, que c’est, par cette nouvelle charte de franchises accordées aux prud’hommes et à la communauté, que le comte Raimon-Roger de Foix, règle l’expansion d’un nouveau faubourg « fors le bourg », donc en dehors des remparts de la ville.

Tout en taxant les habitants de ce barri, le comte, autorisera tout de même le lotissement de cet habitat spontané qui se presse contre la muraille primitive.

Très proche, trop proche, voir attenant aux rempart de la ville haute, ce nouveau faubourg avait tendance à amoindrir les capacités de défense de l’enceinte de la ville forte, sur son côté nord, le plus exposé. Aussi, pour des raisons tactiques, le nouveau barri sera inclus, dans un second temps, dans le prolongement de l’enceinte villageoise. Dorénavant, cette nouvelle extension portera le nom de Barri Clos.

 

On y découvre, encore aujourd’hui, une double enceinte, qui n’a rien à voir avec des préoccupation défensives, sur cette partie de l’ouvrage. La porte du Saut, toujours intégrée à l’enceinte primitive va continuer à s’ouvrir sur la ville haute. C’est, à notre avis, la seconde et dernière enceinte de réunification de la ville.

 

De développement médiéval, ce barri clos, est situé au pied de la porte d’entrée nord – la porte de la leude ou du Saut – et autour de l’ancien chemin, dit la Caussade, qui permet aussi l’accès au foirail. Les habitations s’inscrivent dans un tissu continu de maisons contiguës alignées en front de rue. Ces maisons à étage, plus profondes que larges,  descendent vers la rivière et le grand pont, autour de ce qui deviendra la rue de la porte de Foix, l’actuelle rue du Barry.

Il faut souligner que l’entrée du grand pont de bois, située à l’extérieur de la première enceinte, sera elle aussi, incluse dans cette nouvelle muraille de réunification. Mais, il ne faut pas en conclure que la construction du rempart de la ville haute était antérieur à l’établissement du pont. Ce même pont ayant été, jusqu’alors, sous l’unique surveillance du château, sera donné à la ville en 1259 par le comte. Avec la condition de le tenir en bon état, les consuls de Tarascon vont jouir des droits de péage du vieux pont pendant des siècles. 

 

La pénétration dans la ville se fera par l’ouverture de deux nouvelles portes : la nouvelle tour-porte double de l’entrée nord dite le portal de Foix, démolie en 1775, et à l’Ouest par la porte du grand pont à péage, encore en état en 1649.

 

En 1301, le comte Roger Bernard III, confirme les donations faite par lui aux consuls de Tarascon, dont celle du champ de la foire pour la somme de 30 livres. Ce don entraîna certainement la construction d’une cinquième, et dernière, porte dite « du foiral » à l’emplacement de l’actuelle porte « Lacaussade ».

 

Soulignons que dans le même acte de 1216 est mentionné un hospicium dont on ne connaît pas la situation, mais qui a put être le pôle de développement du faubourg Saint Jacques ou « hors la porte » autour de l’hôpital du même nom.

Comme le précise Florence Guillot, notons que, dans cet acte déjà, le regroupement villageois n’est pas désigné par le mot castrum mais par le terme de villa, qui paraît englober plus que le village inclus dans l’enceinte, c’est à dire les faubourgs naissants, donc l’ensemble de l’agglomération.

 

Enfin, notons que si l’expansion du faubourg au début du 13ème siècle, puis son emmurement a pour effet de marquer la réussite du consulat naissant, il distingue aussi deux quartiers au sein de la ville forte : la ville haute (noyau ancien) et le barri clos.

Dès lors on va assister à l’opposition entre la vieille ville habitée par une aristocratie de bourgeois/marchands et le barri, habité par des petits marchands et artisans. Marchands qui prendront bientôt une grande importance numérique, économique et sociale.

 

Malgré tout, la perception d’un groupement très dense dans cet urbanisme aux 12ème et 13ème siècles à Tarascon doit être relativisé par l’existence de jardins (rue des jardins de Saint-Michel en 1320), vergers et parfois de vignes à l’intérieur de la muraille. Cet endroit devait être assez important pour donner une toponymie spécifique à la rue qui longeait ces jardins. Ces morceaux de campagne sont encore mentionnés au 18ème siècle, alors que le regroupement pré-urbain est ici une réussite, faisant de la ville médiévale une « ville champêtre ». Il nous faut préciser que malgré la densité de cet habitat, le cimetière est lui-même à l’intérieur de l’enceinte et non à l’extérieur, comme le resteront le foirail, l’hôpital ou encore les fourches patibulaires de Lafrau.

 

Le barri du cap du pont

Le dernier faubourg a se créer au Moyen Âge est celui du barri du bout du pont, l’actuel quartier Sainte Quitterie, baigné par les eaux de l’Ariège et du Vicdessos.

Si le pont relie les deux faubourgs, le nouveau barri ne sera réuni à la ville (ou du moins au consulat de Tarascon) que plus tardivement, en 1300. La confirmation des franchises de 1304 en définira d’ailleurs la territorialité. Mai encore faut-il mentionner que ce rattachement d’une partie de la châtellenie de Quié à celle de Tarascon ne fut que fiscal, les habitants du faubourg Ste-Quitterie sont restés justiciables du bayle de Quié.

 

Tout comme le faubourg Saint Jacques il ne sera jamais véritablement enclos ou du moins inclus dans la fortification. Uniquement protégé par des grosses portes qui fermaient certaines rues de maisons continues, par exemple la rue de Saurat et la rue de Quié. Tirant aussi avantage des larges fossés que présente les deux rivières, il faut préciser que l’entrée ouest, rive gauche du pont était fermée par une grosse chaîne plus symbolique que défensive.

 

L’organisation des maisons n’est pas spécifique, le vaste barri du bout du pont prend naissance à la jonction du vieux pont de bois et de l’ancienne église Sainte Quitterie.  Si l’emplacement de cette église, qui va subir plusieurs inondations dévastatrices, nous est bien connu, les raisons du site de sa construction nous apparaît avec plein d’interrogations.

Ce quartier s’étire à l’ouest vers l’emplacement du futur quartier St-Roch , le village de Quié et plus au sud le quartier de Sabart , à l’entrée de la vallée de Vicdessos.

 

Il s’agit là, certainement, de la dernière véritable expansion de la ville au Moyen Âge. Expansion du début du 13ème siècle, peut-être en simultané avec le barri clos, puisque ce barri n’est jamais mentionné auparavant dans les confirmations de franchises.

Il va apparaître en 1224 dans la bulle, du pape Honorius  III, relative à l’église de Sabart qui confirme les biens appartenant à l’abbaye de Saint-Volusien de Foix. Et parmi ces biens figurait donc l’église de Sainte Quitterie du faubourg de Tarascon.

 

Par dessus les siècles

Si le pays de Foix, comme tous les états du comte Gaston Fébus, connut ce miracle de ne pas voir la guerre au 14ème siècle, la guerre de Cent Ans relança la construction militaire. L’on sait que c’est à cette période que Sicard de Lordat, l’architecte militaire du comte Fébus, met en oeuvre les travaux de réaménagement du château de Foix. C’est son équipe qui assura les gros travaux des murailles de Pamiers de 1357 à 1360 et ceux de Mazères vers 1365-1380.

 

A Tarascon, du côté du foirail, à la même période (1382), les tarasconnais participent à l'effort général de fortification. En pleine guerre de Cent Ans, on finissait de construire la tour carré de l’église St-Michel. Cette église, entourée de son cimetière (des tombes mérovingiennes y furent découvertes au 19ème siècle) à l’intérieur des murailles, s’élevait là depuis le début du 14ème siècle (1308). Comme dans nombre de villes castillanes, ou il y avait beaucoup d’églises proches des remparts, le clocher de St-Michel, véritable donjon haut de 24 mètres, fortifié comme il se doit, est une tour de guet non négligeable face à l’est. Partie intégrante des défenses de la ville, cette tour crénelée (elle possédait un toit pyramidal au début du 20ème siècle) vient compléter le dispositif architectural militaire de l’ancien castrum. La tour St-Michel (inscrite M.H. le 21/12/1938) est là, l’unique cas d’intégration d’un clocher d’église dans une muraille villageoise du pays de Foix.

 

On connaît moins bien la période exacte des travaux de la tour-porte dite du Mazel Viel (aussi d’Espagne ou de Malbec), mais l’on sait que sa reconstruction doit dater de la même période que la tour St-Michel : « elle est couronnée de merlons carrés. Deux archères à étrier, du même type que celles qui subsistent dans les tours, percent deux merlons centraux dominant la porte. Le passage de la porte mesure 5 mètres de long et celle-ci était double, aux deux extrémités du passage. Les deux entrées sont en ogives et derrière la porte extérieure est pratiquée une encoche , en hauteur dans le bâtiment, qui devait permettre d’ajouter une herse… » (Flo. Guillot).

 

A la fin du 14ème  siècle (1390), lors du dénombrement des feux fiscaux (document établi pour la levée du fouage) du Comté de Foix sous Gaston Fébus, la ville de Tarascon qui comportait 201 feux allumants (un ménage ou une famille), n’est taxée que pour 179 feux d’imposition, ce qui correspondrait à 905 habitants. D’autre part, il faut bien réaliser que, s’agissant d’un document d’imposition, il ne comprend pas la part la plus pauvre de la population, celle qui ne pouvait être imposée. En 1896, on comptait 360 maisons, 437 ménages et 1432 âmes !

 

De nombreuses villes murées, de par leur système défensif médiocre et incomplet, étaient plus apte à  repousser une bande de pillards qu'une armée bien organisée. A Tarascon, la description de ces fossés avec talus, de ces ponts-levis munis de barbacanes, de ces portes donjonnées, de ce mur d’enceinte flanqué de tours et d’échauguettes, constituent un ensemble de travaux dont la masse importante, comparé aux faibles ressources des premiers habitants, inspire un étonnement mêlé d’admiration. Symbole du pouvoir comtal et consulaire, prise et reprise pendant la période des guerres de religions, la citadelle tarasconnaise, assurait la sécurité commerciale et rien de plus.

 

Ce rempart, ou mur d’enceinte continu, se composait d’une épaisse maçonnerie dont les matériaux et les dimensions variaient suivant sa période de construction. Autour de la tour de l’église St-Michel, ce même mur avait une hauteur, difficile à escalader, d’une dizaine de mètres pour une épaisseur moyenne de 0,80 mètre.

Autrefois, le mur de pierre était précédé d’un fossé, avec pont-levis en face des tours-portes de Foix et du Mazel Viel. Cette même dernière était sous la défense d’une petite barbacane située sur les rochers du Pech.  Au lieu-dit las cadenos, la tour de Mounègre, appartenant au comte de Foix, en 1445, était le cœur de cette barbacane.

 

En 1620, on trouve mention d’un talus surmonté d’une palissade qui faisait office de rebellin (ravelin) devant la porte d’Espagne. Une autre palissade similaire se trouvait devant la porte-double du Foirail. Alors que devant la tour-porte de Foix, au-delà du fossé, c’est là un vrai ravelin, avec mur de pierre et toiture, qui défend la dite porte des tirs d’artillerie.

Concernant le pont, celui-ci était fermé par une grosse chaîne rive gauche et par une porte sur la rive opposée. On trouve aussi mention dans le registre du trésorier de la ville, d’une porte du milieu du pont. Ce qui sous-entend que la porte, avec auvent, qui s’ouvrait dans la muraille, était protégée par cette avant porte.

Tandis que la rivière devenait à l’ouest un large fossé, la technique du fossoyage est utilisée sur les trois autres côtés de l’enceinte. D’ailleurs, ces fossés de ville, en partie naturels car ils conduisent, d’un côté le ruisseau qui alimente la fontaine de la place du Mazel Viel, et de  l’autre, le ruisseau de la Bessède. Parfois torrentiel, ce petit ruisseau qui s'écoulait sur le flanc nord-est du cône de déjection, finissait sa course à gauche du nouveau pont rive droite.

Ainsi, de morceaux en morceaux, d’emplacements en emplacements, présente ou disparue, la muraille évoque un Tarascon presque évanoui qui tente malgré tout de nous faire signe par-dessus les siècles.

 

Le plan Napoléonien

Si la carte de Cassini de 1771, fait apparaître Tarascon comme une ville fortifiée, la richesse du plan cadastral napoléonien (1830), révèle une certaine organisation de l’habitat à l’intérieur de ce qui fût l’enceinte. Ce qui sous entend, comme nous l’avons décrit par ailleurs, qu’il était prémédité, voir alloti. On peut en conclure qu’il s’agit bien d’un choix de peuplement organisé délibérément par les comtes de Foix, seigneurs de Tarascon. Les chartes médiévales témoignent dans ce sens.

 

Les maisons sont alignées le long de grandes rues parallèles au plus grand côté de l’enceinte. Certaines de ces rues, portaient et portent encore des noms évocateurs (rue du Barri, rue de la Leude, rue du Castella, des Remparts, du Château de Lamotte, de la Caussade, du vieux pont…). Alors que des maisons s’appuyaient sur la face interne du mur de ville, des petites ruelles ou « carrerots » perpendiculaires permettaient de relier l’artère principale (rue de Foix, rue de la Leude, place du marché). Toujours, côté intérieur, au pied de l’enceinte, la rue des Escoussières, véritable chemin de ronde, parfois couvert par un niveau d’habitation, permettait d’en faire pratiquement le tour.

 

Pour conclure, ce plan est aussi le témoignage de la démolition de l’ensemble des murs de ville. En effet, au fil du 18ème–19ème siècle , petit à petit, la muraille fût détruite. A certains endroits, elle sera déclassée pour faire office d’assise à des constructions pouvant s’appuyer sur chacune de ses faces, et bien souvent pour servir de carrière de pierres. La récupération de cet espace communal permit d'aménager, le long des anciens fossés, par exemple l’avenue du Foirail appelée aujourd’hui François Laguerre, et aussi, rive droite de l’Ariège, le quai des Cussols qui sera baptisé quai Armand Sylvestre en 1901.

 

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Cette trame évolutionnelle, défiant toute datation à caractère archéologique, doit être interprétée au travers d’une simple étude documentaire.

Reste, au-delà de toutes ces considérations, le rêve : celui de ce château avec tours, créneaux et ponts-levis, oubliettes, souterrains et murailles. Rêve d’un passé mystérieux qui parfois s’apparente à la légende.  Tarascon, cette Dame, comme parfois je l’appelle, a de beaux restes et tient à les montrer.  Alors que le rêve demeure !

 

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 14:41

Tableau 1

 

 

La stabilité territoriale de Tarascon, du Moyen Âge au 19ème  siècle, ne fait que refléter celle de sa population. Juchée au pied du cône de déjection du ruisseau de la Bessède, Tarascon fut, jusqu’au démantèlement, presque total, de ses murailles au début du 19ème siècle, une place forte dominée par le puissant château de ses comtes. Devenue, au temps des guerres de Religion, une des villes les plus convoitées par la Réforme, la cité sera prise et reprise. Catholiques et Huguenots vont ensanglanter, à tour de rôle, la vieille cité, empreinte jusqu’alors de tolérance.

 

Après maints assauts, sur décision de Richelieu, le château sera rasé en 1633. Enfin, deux terribles incendies (1640 et 1701), vont ruiner et détruire une grande partie de la ville, et certainement, nous priver d’un ensemble architectural à caractère médiéval de premier ordre.

 

La ville d'Ancien régime peut être, par contre aisément reconstituée à partir de deux compoix : l'un de 1649, un autre de 1651, et du « nouveau Livre cadastre » de 1736-1746.

Ajoutons à ces documents cadastraux quelques pièces d'archives des 17ème et 18ème siècles citant, ici, un quartier, là, une porte ou encore un nom de rue et qui complètent notre connaissance de la ville avant 1789.

Le Cadastre dit Napoléonien de 1830 ( nous restitue le plan de la ville après les grandes transformations de la cité. Aussi nous permet-il d'établir quelques points de repère.

 

La seule transformation importante, du modèle urbain tarasconnais, à été la démolition des remparts de l’enceinte villageoise, vers la fin du 18ème siècle, quand le besoin de protéger les habitants disparaît. La charge importante que représentait l’entretien des murs de ville, conduira à leurs destruction pure et simple. D’ailleurs on peut voir dans les registres de délibération du 18ème siècle que, tours, portes, palissades et murailles s’effondraient le plus souvent d’elles mêmes, et parfois avec l’aide de Dame nature.

 

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Pendant les fêtes de Noël 1705, une terrible inondation emporte les deux ponts de bois ainsi qu’un grand cours du mur de ville, de la rue de Dijous Cussol, sur lequel diverses maisons étaient appuyées. Elles furent par ce moyen renversées en partie dans la rivière causant à chaque particulier un dommage considérable puisque beaucoup de leurs effets furent emportés par la rapidité de l’eau qui ne laissa à suite du dit pont qu’un reste de mur de ville lequel soutient la maison de feu Sieur de Florac.

 

En 1721, la peste fit son apparition et pour se protéger, on demande à l’intendant de province une permission d’imposer ou de faire un emprunt des sommes nécessaires pour faire les réparations convenables pour se fermer dans la ville. Les consuls de Tarascon font relever et réparer les murailles. Puis on double la vigilance à chaque porte et l’entrée des piétons se fera par le guichet (poterne) à côté de la grande porte de Foix.

 

Si en 1731, la chute du clocher de la tour St-Michel  provoque la ruine de certains ouvrages dont le mur de ville, on termine la reconstruction dudit clocher en 1743.

Certains de ces mêmes ouvrages seront démolis en grande partie en 1758 à la demande de la communauté . La ruine des remparts était  tellement importante que l’on décida en définitive de ne plus les réparer et de faire abattre certains avant murs afin d’élargir par exemple la porte du Foirail.

 

En 1762, on continuera quand même à réparer le mur de ville jous cussol qui est le long de la rivière puisque celui ci possède un ensemble de maisons avec un droit d’appui sur le dit mur. Ce qui sous entend que l’on abandonne surtout à la ruine les murs qui ne supportent pas d’habitations. A noter, que ce droit d’appuy, qui accéléra la dégradation des remparts (voir les dégâts pour l’année 1705-1706),  est ancien et réglementé à Tarascon depuis l’arrêt du conseil d’état de l’année 1659.

Dix ans après, c’est la grande porte/tour de  Foix qui tombera en ruine.

 

En 1775, après expertise et vérification, cette porte de Foix, sera démolie jusqu’au « raz de chaussée » pour la sûreté publique et les matériaux serviront à la restauration de la porte d’Espagne, mais surtout à la construction de la tour de l’horloge dite du Castella.

Après avoir perdu le premier arceau de la porte du Foirail, l’enceinte perd ainsi la totalité de la porte extérieure de l’entrée Nord de la ville. De ce bel ensemble fortifié, il ne reste que le mur du « ribellin » au contact du fossé et un arceau intérieur de la porte. D’ailleurs, la fermeture de la ville, sera placée à la porte intérieure, séparée du vieux mur par l’étroite rue dite des Escoussières. Cette porte symbolique restera debout encore pour un temps. Mais bientôt, le faubourg St-Jacques, déjà mentionné en 1216, sera définitivement intégré à la ville encore semi-close dans sa partie Sud.

 

Le 5 messidor de l’An IV, la nation vend un terrain de 1m de large par 9 m de long appelé chemin des Escoussières ou des remparts situé proche de l’ancien mur de ville de la porte de Foix. En 1809, ce même terrain qui englobe en définitive une partie du mur et du fossé supportera une nouvelle construction avec une grande façade et un beau portail. C’est aussi, au début de cette période, que l’ancienne placette dite « hors la porte », gagne en visibilité avec l’ouverture sur les anciennes e nouvelles constructions d’habitations.

 

A partir de l’an IX, la grande route passera directement par le quai appelé Jous Cussol , délaissant ainsi l’ancienne entrée Nord par la rue de Foix , la rue du Barry actuelle. A l’évidence, c’est la première fois que l’on dénomme cette partie de la ville le « quai », ce qui sous entend, que certainement une grande partie du mur de ville le long de la rivière à aussi disparu, ainsi que les maisons en appui sur celui-ci.

 

Au début du 19ème siècle, les fossés seront comblés et les derniers murs de la vieille enceinte abattus, afin de libérer de l‘espace et ouvrir la ville sur les autres faubourgs.

 

A noter, que jusqu’alors, le ruisseau de la Bessède, qui traverse le foirail, était en partie contenu par le fossé de ville dans sa partie nord–est, avant de se déverser en aval au niveau du pont neuf en pierre. En 1810, on procèdera à la construction d’une large gondole pavée pour contenir les inondations du dit ruisseau.

 

Le plan cadastral napoléonien de 1830, témoigne de la démolition de l’ensemble des murs de ville et la récupération de cet espace communal. Ce qui permit d'aménager l’avenue du Foirail ou François Laguerre aujourd’hui, le long des anciens fossés et aussi, rive droite de l’Ariège, le quai des Cussols qui sera baptisé quai Armand Sylvestre en 1901.

 

Enfin en 1905, proche de l’ancienne place du Fournas, l’actuelle place des Consuls, et sur l’emplacement des anciens murs, la municipalité de l’époque fera construire une belle halle aux pomme de terre. Le foirail, anciennement hors des murs, sera ainsi réuni à la ville.

Pour compléter notre enquête, précisons que les derniers murs de ville à tomber, seront ceux des côtés de la tour St-Michel, encore visibles sur les cartes postales du début du 20ème siècle.

 

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Si, le château proprement dit, a presque totalement disparu, la motte castrale est aujourd’hui vierge de vestiges médiévaux, la porte du Mazel Viel, elle, est toujours visible. De même que la tour fortifié de l’église St-Michel (flanquement au rempart), l’arceau intérieur de la porte du Foirail (Lacaussade), un arceau de la porte de la Leude ou du Saut, un pan de la première enceinte au niveau de la porte de la Leude, la poterne de la montée au Castella, une autre poterne qui s’ouvre depuis la rue du vieux pont (partie des Escoussières), les restes de la tour de Mounègre à l’ombre d’une possible barbacane, des escaliers taillés et arasements du roc ici et là, et puis à l’Ouest au dessus de la rivière, l’ensemble de murailles et tourelles que prolonge l’ancien manoir Lamotte.

On trouve aussi, quelques mortaises dans de petits abris sous roche (grottes de Lourdes et du Cagibi). Ces possibles spoulgas (voir travail de Luc Walhl en 1990 - Spéléo-Club du haut-Sabarthez) sont situées au pied du Castella et de la ville fortifiée, juste au bord de la rivière à quelques mètres au-dessus de l’eau.

 

FRAD09 ZQ165 manoir La Motte 1942FRAD09 ZQ165 porte d'Espagne 1942FRAD09 ZQ165 porte La Caussade 1942FRAD09 ZQ165 tour saint michel 1942

 

Nous allons exclure du Tarascon médiéval la tour ronde du Castella, emblème et patrimoine de tous les tarasconnais, qui n’est que le témoignage d’une construction de la fin du 18ème siècle. Cette tour, qui a succédé au donjon castral démoli vers 1633 et qui n’a donc jamais fait parti de ce bouquet au parfum moyenâgeux, comporte néanmoins, des matériaux provenant de l’ancienne porte de Foix, dont une belle pierre avec le blason comtal. Elle ne sera construite que pour abriter une horloge et des cachots. Son rôle de sentinelle ne sera jamais réellement défensif.

 

 

Pour finir, voici l’extrait d’un coutumier processionnel de la paroisse N.D. de la daurade de 1669, qui nous permet de découvrir le cheminement de la Procession de Saint Marc au cœur du vieux Tarascon.

 

En effet cette procession ne sortait pas de l’enceinte de la ville.

Puisqu’au sortir de l’église, c’est par la place qu’on passait tout d’abord, puis la rue de la Leude, la porte de la Leude, la rue de la font du Saut à laquelle succédait la rue de Foix. A la porte de Foix, on ne sort pas hors la ville, se tournant sur la gauche, on prend la rue des Escoussières, laquelle devenait un peut plus loin la rue de dijous Cussols (actuel quai Armand Sylvestre) qui longeait la rivière, et qui offrait ceci de particulier, que pour atteindre la rue du pont on était obligé de passer sous des maisons dont la façade ouest était appuyée sur la muraille de ville. Pour le retour de la procession, la rue du pont ramenait à la rue de Foix, et après avoir remonté  au niveau de la font du Saut, on poursuivait à gauche vers la porte du Foiral. Et sans sortir, vers la place et delà à l’église, par la « première rue qui se présente » ou rue de Naugé (actuelle rue des chapeliers).

 

Aujourd’hui, calme et sereine, jadis, gai et riante, la petite ville du Haut Sabarthès conserve le charme des cités moyenâgeuses, et abrite entre ses rues et places le souvenir discret du rôle important qu’elle fut amené à  jouer durant l’époque féodale.

 

 

Dans l'attente de l'enquête sur la naissance de la ville : 

Bonne découverte de votre tour des murs !

 

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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 09:00

 

Murailles et tours de tarascon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prochainement un nouvel article intitulé " tout autour du château, les remparts " ou " des murailles au boulevard ".

 

Une autre découverte historique du Tarascon médièval !

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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 16:25

Copie-de-Castella---Pol-de-Mounegre.jpg

Le charme de Tarascon sur Ariège tient à ses abords pittoresques et aussi à son castella.  De ce point, qui a donné lieu à de d'innombrables photographies panoramiques, on domine avantageusement le bassin de Tarascon , toute la ville et les faubourgs.

 

Si, le vieux château comtal de Tarascon, mentionné pour la première fois en 1192, à pratiquement disparu en 1632-1633, une partie du verrou glaciaire qui supportait les fortifications de ce dernier accueille depuis la fin du 18ème siècle la tour ronde, emblème intemporel de Tarascon sur Ariège.

 

Cette tour dite de l’Horloge ou du Castella, qui s’élance tel un phare à la confluence du Vicdessos avec l’Ariège, n’est certainement pas le monument le plus ancien de Tarascon.

 

En effet, au cours du 18ème siècle, petit à petit, la communauté va laisser tomber en ruines les murailles de sa ceinture de pierres. Car l’époque où elles assuraient la défense de la ville était bien révolue.

L’enceinte urbaine comportait plusieurs tours et portes d’entrée : la porte d’Espagne au sud, du Foirail à l’Est, portal du grand pont à l’ouest et porte de Foix au nord.

Aussi, l’une de ces portes accompagnée de sa tour, la porte de Foix sera démolie par ordre de l’ingénieur de la province. La grand partie des matériaux dont la cloche et l’horloge seront réutilisées dans la construction de la tour ronde du Castella. Cette nouvelle tour sera construite sur l’emplacement de l’ancien donjon féodal qui était de forme quadrangulaire, à partir du mois de mai 1775. Tout autre partie des matériaux serviront à la restauration de la porte d’Espagne.

  

Concernant la description du site et de la tour, nous utilisons ci-dessous les travaux de Pol Dunac (Pol de Mounègre) qui écrivait vers les années 1914 : « …Cette tour ronde, éloignée ou du moins détachée de toute habitation – elle a 22 mètres de circonférence et 21 mètres de haut jusqu’au faîte du toit ; 12 créneaux, 16 ouvertures dont 5 fermées, épaisseur des murs à la base, 1,50 m et au sommet 0,90cm. A l’encadrement de la porte qui est en pierre se trouve à la clef de voûte on lit 1775. on voit aussi les restes d’un blason que l’on ne peut ni identifier ni reconstituer ayant été enlevé au marteau. A la porte se trouvent 9 trous de 5 centimètres de diamètre faits avec des tarières pour délivrer les prisonniers espagnols qui s’y trouvaient enfermés en 1812. La porte a été blindée d’une plaque de fer de 8 millimètres. Il se trouve dans le bas en face l’escalier un cachot de huit mètres carrés.

A l’intérieur (au sommet) se trouvent 3 cloches. Celle des heures au clocheton, du côté du levant et à la fenêtre la 2ème dit le Fourrouilh que l’on faisait tourner à toute volée dans les grands jours et qui porte les inscriptions = Marrot curé doyen de Tarascon – Président de la fabrique : Berthoumieux, Eychenne Trésorier, Doumens. Cette cloche sera refondue en 1885.

 

Et enfin presque au milieu un peu vers le Nord la grosse cloche. Elle pèse net sans contre poids 888 kg, diamètre 1,13 m. Avec cette inscription = Parrain : Victor St-André – Marraine : Cécile de Longuevergne – Curé : Raymond Carbonne – Maire : Lucien St-André – Fabriciens : Martin, Dupla, Gaubert, Nigoul, Dupeyron l’an 1856.

Le nom de baptême de la dite cloche est Marie-Victoire-Cécile. Fondeur Mr. Louison à Toulouse.

La grosse cloche a été fêlée en 1910 et réparée en octobre 1913. On ne la fait plus tourner comme on le faisait autre fois et à certainement perdu de sa sonorité.

 

C’est en 1806 que furent portées les cloches du clocher de l’église saint-Michel au Castella. Il existait une horloge à un cadran donnant vers le pont et route de Foix.

 

Le 14 décembre 1911, le conseil municipal décide de  placer deux autres cadrans de plus et de changer l’horloge du castella – coût 2425 francs (Besançon). La vieille horloge sera vendue pour la somme de 100 francs à la commune de Génat.

 

Sur le devant, en bas, à trois mètres de la tour et regardant comme l’horloge le pont et la route de Foix se trouve une croix en fer (œuvre de Faure J-Baptiste Aubin dit Faurou, serrurier et conseiller municipal d’heureuse mémoire) avec un christ en fonte placés en 1902 pour remplacer une autre croix en chêne et dont le christ était en bois blanc que la vétusté avait fortement compromis ; c’était le souvenir d’une mission de 1828.

 

La roche du Castella est creuse à en juger par les nombreux endroits qui y passent aboutissant à la rivière. Le jardin des héritiers Lacoume Jean n° 672 section A du plan cadastral et dont l’entrée se trouve sur une impasse donnant sur la rue du Barry à la fontaine du Saut ; la grange appartenant aujourd’hui à Francal n° 639 section A et la maison au commencement des couverts Victor St-André actuellement Verdeil propriétaire, il se trouve des cavités qui aboutissent à la rivière par le Castella (n° 716 section A) d’après des ouvriers qui jadis y firent des réparations.

 

Mr. Lucien Dax ancien maître de forges, dans sa jeunesse allant à la nage fut entraîné vers le gouffre de la Mayré et passa sous le Castella, c’est à dire dans la roche qui supporte la tour ; il y séjourna de longues heures sans pouvoir y trouver une sortie ; ce ne fut que le soir au soleil couchant qu’il vit une clarté, il s’y dirigea et parvint à sortir à grande peine s’écorchant aux parois. Pendant le temps passé dans cette cavité des truites grosses et nombreuse lui frôlaient les jambes et il peut se rendre compte qu’il y avait une grande salle. L’ouverture est aujourd’hui bouchée par les sables de l’usine.

 

C’est aussi du Castella que se tirent les salves les jours de gala. Le Castella a eut tous les honneurs que l’on puisse avoir : poésie, palette, crayon, photographie et puis d’innombrables et distinguées visites de touristes et autres de toutes les parties du monde. ».

 

  Panoramique-Tarascon.jpg

 

 

Quelques jalons historiques

 

 

1764              4 avril, Lafargue, maire a dit que : « que les portes de la ville sont en très mauvais état, principalement les portes du Foirail et de Foix, qu’il conviendrait de les faire réparer incessamment et qu’on agrandira la petite porte de celle de Foix…».

 

 

1766              28 juin, « les charrettes du sieur Joulieu, habitant du faubourg ont endommagé et démoli le pilier de l’arceau de la porte intérieure de Foix…», l’on demandera au responsable de faire les dites réparations.

 

1773              29 juillet, « La tour de la porte menace d’une ruine prochaine, elle a été depuis peu vérifiée et examinée par le chevalier ingénieur et aujourd’hui par Paillier, tailleur de pierre, l’un et l’autre conviennent que cette bâtisse ne peut longtemps se soutenir manquant par le fondement. Ils ne serraient pas même surpris d ‘en apprendre à tout moment la chute vu les progrès des lézardes qui sont aux dits murs et qui croissent à vue d’œil …». L’assemblée demande de faire re-vérifier la dite tour et si elle ne peut être réparée, elle sera démolie pour la sûreté publique  et que l’on placera l’horloge à l’encoignure du mur de ville qui se trouve vis à vis la port du jardin de Mr. Pilhes.

 

1774               29 août, « il a été fait une réparation à l’aqueduc tenant la porte de Foix, qui s’était écrasé et bouché d’un bout jusqu’a l’autre…».

 

1775               4 mars :« le mur de ville près la porte de Foix  sur le derrière de la maison du sieur Vergé, demande à être réparé   ».

               

                  18 avril, « le 29 juillet 1773, il fut pris une délibération pour réparer le mur de la tour de la porte de Foix, délibération qui n’a pas été mise encore en exécution, mais comme cette réparation est d’une nécessité indispensable et même urgente pour la sécurité du public, vu le progrès des lézardes qu’on aperçoit au dit mur… ». Mr. Pilhes requiert la démolition de la tour et la re-construction d’une bâtisse pour y placer l’horloge qui s’y trouve actuellement. Il sera aussi examiné, s’il ne serait pas plus avantageux et moins coûteux de faire ailleurs la construction d’une nouvelle bâtisse.

 

                   23 avril, suite à la vérification faite aux murs de la tour : «Mr. Pilhes requiert que vu la ditte relation qui fait monter la réparation à une somme de 940 livres, il serait plus utile et plus commode tant pour les habitants de la place du Barry et du Faubourg d’employer la dite somme à faire une petite bâtisse sur le Castella ou une horloge des deux qu’il y a en dans cette ville sera placée …». L’assemblée charge de prendre les moyens et les mesures convenables à l’effet de faire bâtir au Castella une tour pour y placer l’horloge du Barry.

 

                  7 mai, Bastide, maire a dit que : «Messieurs les officiers municipaux ont fait étayer la tour de la porte de Foix, qu’ils en ont fait démolir une partie et fait descendre la cloche qu’on a remis avec l’horloge chez monsieur Prévost …».

 

13 mai, Bastide, maire a dit que : «qu’il est de convenance de s’occuper de la reconstruction d’une tour afin d’y placer l’horloge, nécessaire pour la commodité publique. A cet effet, il prie l’assemblée de se décider sur le local le plus commode et le moins dispendieux, si elle persiste à placer cet édifice au Castella …».

 

20 mai,: «il y aurait un danger imminent en laissant plus longtemps exister cette tour vu que manquant par le fondement il s’était formé plusieurs lézardes au mur d’un bout à l’autre, ce qui annonçait une chute prochaine, en conséquence il délibéré le 23 du mois d’avril qu’on étayerait et démolirait avec précaution la dite tour, ce qui a été exécuté, mais comme il est d’une nécessité indispensable de faire une nouvelle construction pour y placer l’horloge…». L’assemblée marqua le lieu de l’édifice ayant choisi le local le plus solide, le moins dispendieux et le plus commode au public pour pouvoir distinctement entendre l’horloge.

 

8 juin, Bastide, maire a dit que : «que le devis de l’ensemble de la construction de la tour est réalisé par cassaigne…».

 

9 août, Bastide, maire a dit que : «ils ont en conséquence disposé les choses de façon à pouvoir de suite commencer cet ouvrage. Le nommé cassaigne dit avoir à cette époque certains quartier de pierre prêt pour pouvoir préparer la porte d’entrée. A cet effet les dits officiers municipaux exposent à l’assemblée que la tour de la porte de Foix n’existant plus, il conviendrait de faire abattre le restant du mur et ne laisser que la première porte du côté de la ville, ce qui rendra le passage plus libre, et la pierre de taille qui se trouve au second arceau en dehors pourrait servir de même que le reste des matériaux pour la nouvelle construction…». L’assemblée donnera pouvoir de faire démolir jusqu’au raz de chaussée le reste de la tour qui donne sur le grand chemin de Foix pour rendre  le passage plus libre et pouvoir profiter de la pierre de taille et autres matériaux pour la nouvelle construction, que la fermeture sera placée à la porte qui reste en l’entrée de la ville et qu’on se servira des maîtres qui travailleront à la tour pour faire les réparations nécessaires à la dite porte et fermeture.

 

10 septembre,: «vu l’embarras et la difficulté de se procurer de la pierre de taille nécessaire pour la construction de la tour du Castella et vu les frais considérables auxquels la communauté serait exposé pour y pourvoir, il a été unanimement délibéré de détruire les vieilles masures de la maison de ville et de s’en servir pour la dite construction…».

 

12 novembre, Bastide, maire a dit que : «que les officiers municipaux ont fait travailler avec activité à la construction de la tour du Castella pour y placer l’horloge, dont la majeure partie des habitants sont depuis longtemps privés, cette tour est prête à recevoir le couvert, mais avant d’y faire travailler on observe à l’assemblée que si la cloche est placée dans l’intérieur de la tour, il est à craindre qu’une partie du son n’y reste enfermé, au lieu qu’en la plaçant au-dessus du couvert et en faire un second proportionné à la dite cloche pour la mettre à l’abri des insultes du temps, le son en sera bien plus aigu et se répandra beaucoup plus loin,  par la même on pourrait à l’avenir supprimer l’autre horloge, ce qui diminuerait d’autant les frais de cette communauté …».

 

1776               4 février, Bastide, maire a dit que : «que les officiers municipaux ont fait faire par le sieur Lanes une horloge pour être placée à la tour du Castella…».

 

22 mars, l’assemblée donne pouvoir : «d’approuver les dépenses faites et à faire pour la construction de la tour du Castella, comme aussi la dépense du plomb qui doit servir pour investir les quatre piquets de la tour, ainsi que le payement du bois et planches qui ont été fourni pour le couvert et planches de l’escalier de la dite tour, approuvant aussi les frais fait pour la démolition de la tour du barry …».

 

                19 juin, l’horloge est placée sous le couvert de la tour.

 

1777          4 février, Bastide, maire a dit que : «que l’horloge qui est placée à la tour du Castella se dérange par temps, il conviendrait de faire la vérification de la dite horloge…».

 

1779          4 février, Seré, maire a dit que : «qu’on avait fait à l’horloge du Castella les réparations portées par la relation du sieur Jammes…».

 

An 12         21 floréal, réparation de la prison de la tour du Castella.

 

1806          Les cloches du clocher de l’église saint-Michel sont portées au Castella.

 

1807          14 septembre, réparation de la porte de la prison de la tour du

Castella.

 

1812          30 mai, réparation aux prisons du Castella.

 

1813          Mai, réparation à la tour du Castella.

 

1815          16 mars, réparation au cachot de la tour du Castella que les

prisonniers avaient dégradés.

 

1817          10 janvier, réparation des deux cadres en fer de la porte en

fer du cachot de la tour du Castella.

 

1819          18 octobre, réparation au couvert de la tour du Castella.

 

1852          30 janvier, réparation de la charpente des cloches et renouvellement du toit et du pavillon de la tour du Castella.

 

1856          La grosse cloche de 888 kg dite marie – Victoire – Cécile est fondue à Toulouse et puis installée au Castella.

 

1864          23 mai, une nouvelle horloge, avec un cadran en tôle de 1m80 de diamètre et à deux aiguilles sera placée à la tour du Castella. Celle-ci frappera une cloche de 888 kg.

 

1868          20 janvier, on remplace l’horloge du Castella par une horloge horizontale neuve.

 

30 janvier, on fait refondre la vieille cloche brisée d’un poids de 429 kg (nouveau poids 514 kg  = battant en fer de de 18 kg) avant de la placer avec l’horloge.

 

1885          la seconde cloche du Castella dite le Fourrouilh que l’on fait

tourner à toute volée dans les grands jours sera refondue en

1885.

 

1910          La grosse cloche a été fêlée en 1910 et réparée en octobre 1913.

 

1911         14 décembre, le conseil municipal décide de  placer deux autres cadrans de plus et de changer l’horloge du castella

 

1912          Mars, l’on installe au Castella une nouvelle horloge à trois cadrans
                à deux corps de rouage, l’un pour les aiguilles et l’autre pour
                les sonneries.

               

1932         Juin, par suite du cyclone et des pluies persistantes du  13,14,15,16,et 19 juin, la toiture en ardoises de la tour du Castella est presque entièrement détruite et qu’une partie s’est effondrée détériorant gravement le cadran principal.

               

1939        3 février, en vertu d’une délibération du 21 décembre 1938, installation d’un matériel de sonorisation (4 haut parleurs plus amplificateur) dans la tour du Castella en vue de la suppression du tambour de ville.

                       

Trois-cadrans.jpg
******************


Le Castella, tant belo tour
antiquo,
Dounabo l'ouro as aujols
que soum plus,
Nous austris le servan coumo
uno reliquo
De pla leing, as entours,
s'entend soun Angelus.

Pol de Mounègre

Le Castella, si belle tour
antique,
Donnait l'heure aux ancêtres
qui ne sont plus,
Nous, nous le conservons comme
une relique
De bien loin, aux alentours,
on entend son Angèlus.

Paul Dunac (dit Pol de Mounègre)

Sources :

*      AD09 - 2 O 1717

*      AD09 - 135 EDT M 2

*      AD09 - 135 EDT M 1

*      AD09 - 135 EDT BB

*      AD09 - 5 E 935

*      AD09 - 1 J 331

 

 

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 18:45

Maire et Consuls

1693            TEYNIER Jean-Baptiste (Maire), GAUTEY Jean (1°consul), DEGUILHEM Pierre,
                      PRECHILLON
Guillaume.

1694            TEYNIER Jean-Baptiste , SEROU Arnaud, CANCEL Pierre, AXAT Pierre.

1695            TEYNIER Jean-Baptiste, VERGE Claude, DUTARD Arcix, ESCAICH Jean-Jacques.

1696            TEYNIER Jean-Baptiste, FAURE-FOURNIER jean, GAUTEY Joseph, CHAUBET Charles.

1697            TEYNIER Jean-Baptiste, LAFORGUE Jean, VERGE Raymond, LAFARGUE Pierre.

1698            TEYNIER Jean-Baptiste, BERGASSE Mathieu, CLARENS Claude, ALZIEU Jean.

1699            TEYNIER Jean-Baptiste, TEYNIER Mathieu, CHAUBET Pierre, AXAT Jean.

1700            TEYNIER Jean-Baptiste, SERE Antoine, PAGES Jacques, FONTAINES Jean.

1701            TEYNIER Jean-Baptiste, DEGUILHEM François, VERGE Jean Raymond, BOURG François.

1702            TEYNIER Jean-Baptiste, FAURE–FOURNIER Jean, VERGE Arnaud, NIGOUL  François

1703            TEYNIER Jean-Baptiste, PREVOST Guillaume, PILHES Jean, ROUAN Jacques.

1704            TEYNIER Jean-Baptiste, TEYNIER François, PELISSIER Pierre, CHAUBET Charles.

1705            TEYNIER Jean-Baptiste, SERE Antoine, CLARENS Claude, PRECHILLON Guillaume.

1706            TEYNIER Jean-Baptiste, FAURE-FOURNIER Jean, GAUTEY jean, ALZIEU Jean.

1707            TEYNIER Jean-Baptiste, FAURE-FOURNIER Jean, FAURE Germain, ALZIEU Jean.

1708            TEYNIER Jean-Baptiste, TEYNIER François, PILHES François(cadet), BOURG Jean(cadet).

1709            TEYNIER Jean-Baptiste, BABY Jean, ANTHERRIEU Jean, ROUAN Jacques.

1710            TEYNIER Jean-Baptiste, DEGUILHEM Pierre, VERGE Jean, VERGNIES Paul.

1711            TEYNIER Jean-Baptiste, SERE Jacques, JUVENEL Joseph, LATRILLE ??.

1712            TEYNIER Jean-Baptiste, ROBERT Pierre, PAGES ??, AXAT ??.

1713            TEYNIER Jean-Baptiste, PREVOST Paul, ??????????.

1714            TEYNIER Jean-Baptiste, FAURE Germain, PELISSIER Jean-Pierre, FONTAINES Joseph.

1715            TEYNIER Jean-Baptiste, FAURE Germain, PELISSIER Jean-Pierre, FONTAINES Joseph.

1716            TEYNIER Jean-Baptiste, SEROU Jean, PREVOST François, NIGOUL Paul.

1717            TEYNIER Jean-Baptiste, TEYNIER Pierre, CANCEL Paul, CHAUBET Jean.

 

Consuls

1718            FAURE Jean-Joseph (1° consul), BOULLIE Paul, BERGASSE François, FONTAINES Joseph.

1719            JUVENEL Mathieu, VERGE Jean-Baptiste, ROUDIER Bernard, LUCANTES Charles.

1720            SEROU Ignace, SUBERVILLE Jean, BABY Jean, PREICHILLON Guillaume.

1721            FAURE Germain, SERE Raymond, MARTIN Pierre, TEYNIER Jean.

1722            SERE Antoine, PELLISSIER Jean-Pierre, ST-ANDRE Barthélemy, CORRAZE Raymond.

1723            PILHES Jean, GAUBERT Alexandre, DURAND Joseph, NIGOUL Paul.

1724            BOULLIE Paul, GAUBERT Alexandre, DURAND Joseph, NIGOUL Paul.

1725            TEYNIER-LACOMBE Pierre, VERGE Jean-Baptiste, DURAND Joseph, BOURG Jean-Baptiste.

1726            TEYNIER-LACOMBE Pierre, VERGE Jean, FAURE Arnaud, LATRILLE Pierre.

1727            SEROU Jean, LACAZE Raymond, ROUCH Jean, JUVENEL Mathieu.

1728            BERGASSE François, PREVOST François, PAGES Georges, FONTAINES Alexis.

1729            SERE Antoine, CHAUBET Bernard, TEYNIER Jean-Pierre, VEYRIERES Jean

1730            DEGUILHEM Jean, VIC Jean-Paul, TEYNIER Joseph François, LAFARGUE Baptiste.

1731            FAURE Jean-Joseph, VIC Jean-Paul, SERE Paul, NIGOUL Jean.

1732            LUSCAN François, VERGE Jean-Baptiste, FAURE Joseph (fils), LATRILLE Pierre.

1733            SEROU Jean, SUBERVILLE Jean, TEYNIER Paul.

1734            SEROU Jean, VERGE Mathieu, ROUDIER Martial, VIC Pierre.

1735            SEROU Jean, vacant, ROUDIER Martial, VIC Pierre.

1736            vacant, vacant, ROUDIER Martial, VIC Pierre.

1737            ROUDIER Martial, VIC Pierre, ????, ????.

1738            BOULLIE Paul, VERGE Jean, ST-ANDRE Jean-Baptiste, VERGNIES Jean-Baptiste.

1739            BOULLIE Paul, VERGE Jean, ST-ANDRE Jean-Baptiste, VERGNIES Jean- Baptiste.

1740            SERE Paul, CLARENS Joseph, SERE Raymond, ROUAN Joseph.

1741            PILHES François, CANCEL Paul, DURAND Joseph, LACAZE Paul.

1742            LUSCAIN François, FONTAINES Joseph, ALAUX André, GARRIGOU Jean.

1743            LUSCAIN François, FONTAINES Joseph, ALAUX André, GARRIGOU Jean.

1744            LUSCAIN François, FONTAINES Joseph, ALAUX André, GARRIGOU Jean.

1745            LUSCAIN François, FONTAINES Joseph, ALAUX André, GARRIGOU Jean.

1746            LUSCAIN François, FONTAINES Joseph, ALAUX André, GARRIGOU Jean.

1747            LUSCAIN François, FONTAINES Joseph, ALAUX André, GARRIGOU Jean.

1748            LUSCAIN François, FONTAINES Joseph, ALAUX André, GARRIGOU Jean.

1749            LUSCAIN François, FONTAINES Joseph, vacant, GARRIGOU Jean.

1750            LAFORGUE Arnaud, FONDERE  Pierre,  ST-ANDRE Joseph François, SASSOT Jean.

1751            LAFORGUE Arnaud, FONDERE  Pierre,  ST-ANDRE Joseph François, SASSOT Jean.

1752            LAFORGUE Arnaud, VERGE Jean-Baptiste, BASTIDE Jean-Baptiste, ROUHAN Jacques.

1753            PILHES Paul, PREVOST Bernard, TEYNIER Pierre, JOLLIEU Antoine.

1754            PILHES Paul, PREVOST Bernard, JUVENEL Jean-Baptiste, TEYNIER Pierre.

1755            ST-ANDRE du CADET Jean-Baptiste, CANCEL Paul, LAFONT Jean, VIC Jean-Paul.

1756            BOULLIE Jean-Pierre, PILHES Jean-François, BASTIDE Jean, SASSOT Jean.

1757            ROUDIER Bernard, ANTHERRIEU Joseph, ROUCH François, SASSOT Jean.

1758            BABY François, BOYER Jean-Baptiste, ST-ANDRE François, DELAFONT Jean-Paul.

1759            DU SERE Antoine Jérôme, FAURE–LACAUSSADE Joseph, GAUBERT Pierre, TEYNIER
                     Pierre.

1760            ST-ANDRE du CADET Jean-Baptiste, PREVOST Bernard, TRILHARD Jean, ROUHAN
                     Jacques.

1761            PILHES Paul, CANCEL Paul, ST-ANDRE Jean-Baptiste (fils), NIGOUL François.

 

Maire, Lieutenant du Maire et Consuls

1762            PILHES Paul (Maire), CANCEL Paul (lieutenant du Maire) ST-ANDRE Jean-Baptiste,

                     GARRIGOU Jean.

1763            ROUDIER Bernard, BONNERY Jean-Baptiste, FAURE-FOURNIER Jean-Baptiste, TEYNIER 

                      Pierre.

1764            LAFARGUE de la BORDENNE Jean-Baptiste, GAUBERT Pierre, FAURE-FOURNIER Jean-

                      Baptiste, JAYLE ? ?.

1765            DU SERE Antoine Jérôme, BONNERY ? ? , LAFONT ? ?, TEYNIER Pierre.

 

Echevins et Conseillers de ville

1766            ST-ANDRE Joseph François (1° Echevin) , GARRIGOU Jean (2°Echevin), PILHES Paul,

                     FAURE-LACAUSSADE Joseph et ROUDIER Bernard. (Conseillers de ville).

1767            PILHES Paul, GARRIGOU Jean, ? ? ? ?, FAURE-LACAUSSADE Joseph, ROUCH François.

1768            PILHES Paul, FAURE-LACAUSSADE Joseph.

1769            LAFARGUE de la BORDENNE Jean-Baptiste, FAURE-LACAUSSADE Joseph.

1770            LAFARGUE de la BORDENNE Jean-Baptiste, NIGOUL-LASCOUMAREILLES Antoine.

1771            BASTIDE Jean-Baptiste, NIGOU-LASCOUMAREILLES Antoine.

1772            BASTIDE Jean-Baptiste, FONTAINES Alexis.

 

Maire, Lieutenant du Maire et Echevins

1773            BASTIDE Jean-Baptiste (Maire), PREVOST Bernard, BAUDRU Simon Pierre, DELAFONT
                     Jean.

1774            BASTIDE Jean-Baptiste, PREVOST Bernard, BAUDRU Simon Pierre, DELAFONT Jean.

1775            BASTIDE Jean-Baptiste, PREVOST Bernard, BAUDRU Simon Pierre, DELAFONT Jean.

1776            BASTIDE Jean-Baptiste, PREVOST Bernard, BAUDRU Simon Pierre, DELAFONT Jean.

1777            BASTIDE Jean-Baptiste, PREVOST Bernard, BAUDRU Simon Pierre, DELAFONT Jean.

1778            BASTIDE Jean-Baptiste, PREVOST Bernard, BAUDRU Simon Pierre, DELAFONT Jean.

 

Maire, Lieutenant du Maire et Consuls

1779           SERE Jacques François, VERGE Arnaud, ST-ANDRE Jean-Baptiste, GARRIGOU François.

1780           SERE Jacques François, VERGE Arnaud, ST-ANDRE Jean-Baptiste, GARRIGOU François.

1781           SERE Jacques François, VERGE Arnaud, ST-ANDRE Jean-Baptiste, GARRIGOU François.

1782           ESTEBE Etienne, VERGE Arnaud, VIC Jean-Paul, SASSOT Jean-François.

1783           ESTEBE Etienne, ST-ANDRE  du CADET Jean-Baptiste, VIC Jean-Paul, SASSOT Jean-

                     François.

1784           ESTEBE Etienne, ST-ANDRE  du CADET Jean-Baptiste, VIC Jean-Paul, SASSOT Jean- 

                     François.

1785           ESTEBE Etienne, ST-ANDRE  du CADET Jean-Baptiste, VIC Jean-Paul, SASSOT Jean-

                     François.

1786           ESTEBE Etienne, ST-ANDRE  du CADET Jean-Baptiste, VIC Jean-Paul, SASSOT Jean-

                    François.

1787           GARRIGOU Jean-Joseph Michel, FAURE Jean-Joseph, MARTIN Antoine, LACAZE Antoine.

1788           GARRIGOU Jean-Joseph Michel, aucun, MARTIN Antoine, LACAZE Antoine.

1789           GARRIGOU Jean-Joseph Michel, aucun, MARTIN Antoine, LACAZE Antoine.

1790           DU SERE Antoine Jérôme, VERGE Arnaud, SILVESTRE Jean, DOUMENJOU Paul.

 

Maire, adjoints et officiers Municipaux

1791           VERGE Arnaud, BERNADAC Antoine, LAPASSET Jean-Joseph, SILVESTRE Jean.

1791           TEULIERE Jean-Baptiste(maire à partir de juillet)

1792           ST-ANDRE Dominique, DECAU Jean, MARTIN Marc Antoine, RIVIERE ? ?.

1793           GARRIGOU Jean-Joseph Michel, VIC Cadet Jean-Baptiste, BAUDRU ? ?, FOURNIER 
                     Jacques,
ROQUES ? ?.

1793           SOULIE Jean-Baptiste (maire à partir d’octobre), JEAN Jean-Baptiste, NAUDY François,

                     FOURNIER Jacques.

An II-III      TRILHARD Louis, FAURE Jean-Baptiste, VIC Jean-Baptiste.

An III          SERE Jacques.

An III          FAURE Jean-Baptiste.

An IV           BAUDRU Simon Pierre, LONGUEVERGNES NEUCOUR Joseph Alexandre Elisabeth,
                     VIC Cadet
Jean-Baptiste.

An V             LONGUEVERGNES NEUCOUR Joseph Alexandre Elisabeth, VIC Cadet Jean-Baptiste.

An V             LONGUEVERGNES NEUCOUR Joseph Alexandre Elisabeth, GAUBERT Jean-François.

An V            DECAU Jean, EYCHENNE Jean.

An VI           DECAU Jean, EYCHENNE Jean, SERE Jacques.

An VI           SERE Jacques.

An 7            ST-ANDRE Dominique, GAUBERT Jean-François, EYCHENNE Jean, SERE Jacques.

 

Maire et adjoint

An 8                           SERE Jacques , EYCHENNE Jean, VIC Jean-Baptiste.

An 8 – An 13             TEULIERE Jean-Baptiste (maire), VIC Jean-Baptiste (adjoint).

An 14 - 1808            TEULIERE Jean-Baptiste , FAURE-LACAUSSADE Joseph (père).

1808                          FAURE Louis.

1808 – 1811            ST-ANDRE Jean-Baptiste Barthélemy, VIC Jean-Baptiste.

1812 – 1814            ST-ANDRE Jean-Baptiste Barthélemy, PILHES Jean.

1815                         ST-ANDRE Jean-Baptiste Barthélemy, ROUSSE Paul.

1815                         SERE Jean-Baptiste, SOULIE Jean-Baptiste.

1815                         ST-ANDRE Jean-Baptiste Barthélemy, ROUSSE Paul.

1815 - 1816             PONS D’ARNAVE François Etienne Louis, ESTEBE Joseph Gabriel Raymond.

1816                         ESTEBE Joseph Gabriel Raymond, PONS D’ARNAVE François Etienne Louis.

1817- 1818              ESTEBE Joseph Gabriel Raymond , PONS D’ARNAVE Paul (fils).

1819                         DELAFONT Jean-Paul Marie, PONS D’ARNAVE Paul.

1819 - 1820             ROUSSE Paul, PONS D’ARNAVE Paul.

1821 – 1830            ROUSSE Paul, BAUDRU Simon Hector.

1830 – 1839            VERGE François André, TEULIERE Justin.

1840 – 1846            VERGE François André, TUCHA Jean.

1847 – 1848            VERGE François André, PESCAIRE Faustin.

1849                         TUCHA Jean, DAX Lucien.

1849                         ST-ANDRE Lucien, EYCHENNE Charles.

1850 – 1852            TUCHA Jean, EYCHENNE Charles.

1852                         ST-ANDRE Lucien, EYCHENNE Charles.

1852                         EYCHENNE Charles.

1852 - 1854            TUCHA Jean, EYCHENNE Charles.

1854                         EYCHENNE Charles.

1854 - 1861            ST-ANDRE Lucien François Gaspard, EYCHENNE Charles.

1862 – 1863            ST-ANDRE Lucien, FUGAIRON Jacques Antoine.

1864 – 1866            ST-ANDRE Lucien, BLAZY Jean Rémy.

1866                         BLAZY Jean Rémy.

1867 - 1870             ESQUIROL Germain Elisabeth Frédéric, FOURNIER Pierre.

1870                         VIDAL Saturnin, BLAZY Jean Rémy.

1870                         GARRIGOU Adolphe (faisant fonction)

1870                         CROS Jean-Baptiste.

1870 – 1871            ESQUIROL Germain Frédéric (faisant fonction).

1871                         PUJOL Léon.

1871 – 1875            SANS Dominique, PUJOL Léon.

1876 – 1877            SANS Dominique, PESCAIRE Pierre Faustin.

1877                         VIDAL Saturnin, AURIOL Firmin.

1877 – 1878            BEDEL Jean-Baptiste (faisant fonction).

1878                         AMIEL Armand.

1878 – 1887            ESQUIROL Germain Frédéric, AMIEL Armand.

1888                         AMIEL Armand.

1888 – 1890            SANS Louis, IZAURE Jean Bruno.

1890                         IZAURE Jean Bruno.

1891 - 1892            IZAURE Jean Bruno, FAURE Pierre.

1892 – 1893            VIDAL-ST ANDRE Lucien, IZAURE Jean Bruno.

1894 – 1896            VIDAL-ST ANDRE Lucien, CABE Alexandre.

1896 – 1899            CAZES Louis, FAURE Jules.

1899 - 1900            FAURE Jules, DANDINE Léopold.

1900 – 1904            IZAURE Emile, DENJEAN Auguste.

1904 – 1919            IZAURE Emile, CASTRES Clément.

1919 – 1920            PHILIPPE Louis, AMIEL ? ?.

1920 – 1924            PHILIPPE Louis, BOUCHE Paul.

1925 – 1931            PHILIPPE Louis, JAUZE Barthélemy.

1932 – 1935            PHILIPPE Louis, AUTHIE Antoine.

1935 - 1938             PHILIPPE Louis, BOURDOURESQUE Benjamin.

1938 – 1942            SOULA Bernard, BOURDOURESQUE Benjamin.

1942 – 1944            SAGUET Ernest.

1944                         JAUZE Emile.

1944 – 1973            JOUCLA Paul.

1973 – 1977            ESQUIROL Gérard.

1977 – 1987            ROUSSE Jules.

1987 – 1989            MONTAUD Charles.

1989 - 2001             NAUDI Robert.

2001 - 2014             SUTRA Alain.

 

Réalisé par Robert-Félix VICENTE

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 18:00

Consuls

1266    CICREDA Pons, COCH, Bernard, MERCIER Bertrand, MARTIN Raymond.

1282   De RODES Guillaume, De NIAUX Pierre, BAYARD Guillaume, ALATTINI Roger.

1308   De CELLES Arnaud, CORNI Pierre, De PIERRE Pons.

1322   MARTEL Arnaud.

1325   AUGER Bernard, RUBEY Amelvini, MARCELLI Arnal, De PODIO Guillaume.

1360    MERCIER Houdet

1382   FERIER Arnaud, De NUGOLH Bernard.

1390    BERNARD Vital, MERCIER Pierre, DELPONT Bernard.

1391    MERCIER Pierre, De SOSEN Bernard.

1398   AUGER Raimond.

1403   PIQUES Raimond.

1448    FLOURAUD Guillaume.

1451   BOYER Jean, FLOURAUD Guillaume, SOULIER Jean, TEYNIER Pierre.

1537    LACOMBE Archimbaud.

1538   Du FALGA Jean, FLOURAUD Bertrand.

1547   BAURE Georges, MERCIER Jean, Du SERE Arnaud, OTO Bernard.  

1550   BAURE Georges, MERCIER Pierre, D’ARTIGUAS Jean, Baure Pierre.

1551   VANER Georges, MERCIER Jean.

1554   DUFAU Guillem, ROUQUET Archimbaud, LISSARDOIS Jean.

1556   MARTIN Antoine, CATHALA Arnaud, MALLAURENS Archimbaud.

1557   SERE Arnaud, LANES Bernard, LACOMBE Bernard, OTO Bernard.

1562   ROUGIE Antoine, ESCUDIER Jean.

1563    MALLAURENS Archimbaud, PREVOST Jacques, CUMTET Pierre, BOURG Raimond.

1578   Du FALGA Jean, De GASSIER Jean.

1583    FOURMENTY Jean.

1584    LACASSAGNE Pierre.

*****

1600   PERA Hector, DU SERE Jean, CLAUSTRE Jean, FAURE Pierre.

1601    LACOMBE  Honorat, LONGUEVERGNE Antoine, FLOURAUD Pierre, COURTES Jean.

1602   SERE Arnaud, ESCUDIE Jean, SERAILH Jean, LUCANTES Arnaud.

1603    MIROUZE Jean, LONGUEVERGNE Pierre, LACOMBE Raymond.

1604    TEYNIER Jean, MIROUZE Bertrand, LONGUEVERGNE Hierosme, ALLABERT Jean.

1605    LARTEICH (de) Pierre, TEYNIER Vital, DU SERE Jean, LACASSAIGNE Charles.

1606   BOSC Arnaud, MIROUZE Pierre, LACOMBE Honorat, LUCANTES Bernard.

1607    BERGASSE Arnaud, FAURE Pierre, PAGES Mathieu, CLAUSTRE Jean.

1608    RIVIERE Pierre, MIROUZE Pierre, BAURE Jean, ALLABERT Arnaud.

1609   DU SERE Arnaud, FAURE Hodet, PAGES Vital, CLARENS Archimbaud.

1610    FLOURAUD Jean (vieux), DUSSAUT Jean, CARTIER Jean, ? ? ? ?.

1611    MIROUZE Bertrand, LONGUEVERGNE Antoine (vieux), SERAILH jean, LUCANTES Bernard.

1612    TEYNIER Jean, DAVID Jean Antoine, CAIROL  Arnaud, BOURG Pierre.

1613   FAURE Hodet, DUPUY Antoine, FLOURAUD Arnaud, PAGES Vital.

1614   DU SERE Jean(vieux), TEYNIER Mathieu, SALSENAC Gailhart, BOUNEL Bernard.

1615   BAURE Jean, PAGES Jean, LAFORGUE Pierre, GASSIE Jean.

1616    BERGASSE Arnaud, LONGUEVERGNES Antoine (jeune), SEROU Philippe, LUCANTES Bernard (vieux).

1617   FAURE Hodet, DUSSAUT Jean, MIROUZE Mathieu, FALGA Vital.

1618   DU SERE Jean (jeune), ROLLAND Guillaume, LUCANTES Bernard (jeune), LICOSTE Guillaume.

1619   BAURE Pierre, PAGES Pierre, LAFORGUE Pierre, VERGE Arnaud.

1620   BAURE Jean, ROLLAND Sanson, SERE Raymond, ALLABERT Jean.

1621    BERGASSE Arnaud, TEYNIER Guiraud, GASSIE Pierre, PAGES Vital.

1622   DU SERE Jean, SERAILH Jean, FAURE Martin, ALLABERT Pierre Arnaud.

1623    LAFORGUE Pierre, ROLLAND Raymond, REVEL Arnaud, BOURG Pierre.

1624    FLOURAUD Arnaud, VERGE Arnaud, TEYNIER Jean, BONNEL Bernard.

1625   FAURE Antoine, PREVOST Jean, LAFORGUE Jean, PAGES Pierre.

1626   BAURE Jean, DUSSAUT Jean, TEYNIER Vital, LUCANTES Bernard.

1627   SERE Mathieu, CLAVERIE Jean, LAFORGUE Paul, DURAND David.

1628   SERE Jean (vieux), BOSC Antoine, TEYNIER Paul, PAGES Vital.

1629   SERE Raymond, BOURREL Aymé, GOUZI Antoine, TEYNIER Mathieu.

1630    TEYNIER Jean (jeune), ROLLAND Guillaume, SEROU Philippe, LUCANTES Bernard (vieux).

1631   FAURE Jean, PREVOST Jean, DU SERE Jean (jeune), BONNEL Bernard.

1632    FLOURAUD Arnaud, CLARENS Jean, LAFORGUE Jean,  BOSC Jean.

1633   FAURE Hodet, ROLLAND Raymond, TEYNIER Jacques, ALLABERT Jean.

1634    TEYNIER Paul, VERGE Jean (fils), MANZOS Arnaud, LAQUEUSNE Charles.

1635   DU SERE Jean (jeune), TUSA François, DEGUILHEM Philippe, COURTES Barthélemy.

1636   SERE Raymond, CLARENS Jean, SEROU Jean, LUCANTES Bernard.

1637    LAFORGUE Jean, ROLLAND Sanson, LACOMBE André, BOSC Jean.

1638    TEYNIER Vital, PAGES Mathieu, GASSIER Jean, COURTES Vital.

1639   FAURE Jean, CANCEL Jean, VERGE Jean, LAFARGUE Arnaud.

1640    TEYNIER Jean, PILHES Jean (jeune), FAURE Aymé, CHAUBET Bernard.

1641   DU SERE Jean, CLARENS Jean, TEYNIER Mathieu, PAGES Etienne.

1642    TEYNIER Paul, TEYNIER Guillaume, SEROU Paul, LUCANTES François.

1643    LAFORGUE Jean, PREVOST Jean, BERGASSE Jean, BOSC Jean.

1644    TEYNIER Mathieu, PAGES Mathieu, TEYNIER Mathieu (jeune), LAQUEUSNE Charles.

1645   VERGE Jean, CLARENS Jean, DU SERE Raymond, BAURE Jean.

1646    DEGUILHEM Philippe, ROLLAND Guillaume, SERE Paul, PAGES Etienne.

1647   DU SERE Jean, VERGE Jean (vieux), FAURE Jean Raymond, BERGASSE Jacques.

1648    TEYNIER Jean, ROLLAND Raymond, SERE Aymé, PAGES Mathieu.

1649   FAURE Jean, TEYNIER Vital, GAUTEY Bernard, BOURG Jean.

1650    LACOMBE André, PREBOST François, SERE Raymond, LUCANTES François.

1651    TEYNIER Mathieu, PILHES Jean (jeune), MIROUZE Mathieu, LAFARGUE Arnaud.

1652   DU SERE Jean(jeune), TEYNIER Guillaume, SERE Jean, PAGES Etienne.

1653    DEGUILHEM Philippe, GAUBERT Antoine, BOULLIE Jacques, AXAT Philippe.

1654   VERGE Jean (fils), BOSC Paul, BOURREL Pierre, COURTES Vital.

1655   FAURE jean, PREVOST François, MIROUZE Pierre, PAGES Mathieu.

1656   SERE Aymé, ROLLAND Raymond, CLAVERIE Jean, BOURG Jean.

1657   FAURE Aymé, PILHES Arnaud, TEYNIER Mathieu, LUCANTES Antoine.

1658    TEYNIER Jean, PREVOST Antoine, VERGE Paul, LACAZE Pierre.

1659    TEYNIER Mathieu, GAUTEY Jean-Pierre, CHOULET Jacques, FERRAND Paul.

1660    TEYNIER Vital, GAUBERT Antoine, PREVOST Raymond, PAGES Mathieu.

1661    DEGUILHEM  Philippe, VERGE Jean, GRIS Raymond, RIVIERE Jean-Paul.

1662    BOURREL Pierre, CANCEL Jean-Paul, LAFORGUE de CLAVERIE Jean, BOURG Jean.

1663   FAURE Jean Raymond, PREVOST François, MAILHAT Raymond, LUCANTES Antoine.

1664   SERE Aymé, LAFARGUE Pierre, (de) LAURIOL Raymond, AUGE Dominique.

1665   DU SERE Raymond, BOSC Paul, SEROU Arnaud, BOURG Pierre.

1666    TEYNIER Mathieu, VERGE Jean, PREVOST Guilhaume, LOUBES Jean.

1667   FAURE Jean, GAUBERT Antoine, BOULIE Jean, LAFARGUE François.

1668    TEYNIER Mathieu, VERGER Arnaud, BERGASSE Guilhaume, RIVIERE Jean-Paul.

1669    BOURREL Pierre, GAUTEY Jean-Pierre, SEROU Jean, LACASSAIGNE Pierre.

1670   VERGER Jean, PREVOST Antoine, SERE Antoine, ROUX Antoine.

1671    TEYNIER Mathieu, ROLLAND Jacques, DEGUILHEM Bernard, AXAT Pierre.

1672   FAURE Jean Raymond, VERGE Raymond, BERGASSE Pierre, GALY Jacques.

1673    TEYNIER Mathieu, PREVOST Antoine, MIROUZE Pierre, RIVIERE Jean-Paul.

1674    DEGUILHEM Philippe, BERGASSE Jean, BOURREL Pierre, LAFARGUE Pierre.

1675    TEYNIER Mathieu, CLARENS Paul, BERFEIL Jean, SARDA Jean.

1676   SERE Antoine, FAURE-FOURNIER Jean, GAUTEY Jean-Pierre, LACAZE Pierre remplacé en

            Mai / PAGES Mathieu.

1677   SEROU Arnaud, GAUBERT Antoine, FAURE Jean (sieur de FOURNIER), VERGNIES Vincent.

1678    TEYNIER Mathieu, VERGE Arnaud, PREVOST Guilhaume, LAFARGUE Pierre.

1679    VERGER-MALET Paul, DUTART Arcix, BERGASSE Jean, AXAT Pierre.

1680     BOURREL Pierre, BOSC Paul, VICQ Guilhaume, AUGE Dominique.

1681    LAFORGUE Jean, VERGE Raymond, FAURE Jean, ? ? ? ? .

1682   SERE Raymond, CLARENS Paul, TEYNIER Mathieu, BOSC Paul.

1683   SEROU Arnaud, PAGES Jacques, BOURREL Pierre, BOURG Jean-François.

1684    FAURE DU FOURNIER Jean, VERGE Arnaud, LAMARQUE Jean-Pierre, CHAUBET Charles.

1685    BOURREL Pierre(vieux), GAUTEY Jean-Pierre, BAURES Pierre, FERRAND Jean-Bernard.

1686    LAFORGUE Jean, VERGE Raymond, LABORDE Jacques, LUCANTES Charles.

1687   SERE Raymond, MOYNIE Barthélemy, FAURE Antoine, BOURG Jean.

1688   TEYNIER Jean-Baptiste, CLARENS Paul, SEROU Jean, (de) LAFARGUE Pierre.

1689    SERE Antoine, PILHES François, MAILHART Augustin, NIGOUL  Guillaume.

1690    DEGUILHEM François, GAUTEY Joseph, FAURE Joseph, ESCAICH Jean-Jacques.

1691    FAURE Jean, SURRE Pierre, MAILHAT Raymond, VERGNIES Vincent.

1692    TEYNIER Jean-Baptiste, GAUTEY Jean, DEGUILHEM Pierre, PRECHILLON Guillaume.

 

 

 

Réalisé par Robert-Félix VICENTE

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 17:35

La charte de franchises

L’histoire de Tarascon sur Ariège, on peut le dire, ne commence que le jour où la vie municipale se développa, grâce à la concession de libertés et de privilèges. Libertate pollent civitates, dit une comte de Foix dans le préambule d’une charte : les villes, pourrait-on traduire, s’élèvent par la liberté.

 

Durant les luttes du 12ème siècle et des suivants, la nécessité força les comtes de Foix à faire des concessions de franchises à la population de nombreuses localités, petites ou grandes, et notamment à la bourgeoisie des villes murées, au sein desquelles s’étaient conservées les vieilles traditions de liberté.

Le lieu de Tarascon, comme l’observe plusieurs historiens locaux, ne fut pas, dès l’origine de la féodalité, un lieu inféodé à une famille seigneuriale, quoiqu’il fusse de la mouvance des comtes de Foix.

 

Ces immunités, franchises et privilèges, formaient, sous le titre de chartes de coutumes, des codes particuliers qui réglementaient toute espèce de choses, statut personnel, droit civil, vie municipale, système judiciaire, taxes et impôts.

 

            Tarascon : une ville libre !
Les plus anciens textes de coutumes
de la haute Ariège sont ceux de Tarascon ; « elles remontent certainement à l’époque où la ville fut fondée » (Félix Pasquier). Coutumes, accordées par Roger-Bernard II (1223-1241) , sous le règne de Philippe-Auguste, précise la charte. Elles ne peuvent donc dater ni de juillet 1216 ni de 1222, comme le prétendent les deux seules copies qui nous soient parvenues, celle de l’histoire du Languedoc et celle d’Oiénard, d’ailleurs divergentes entre elles sur ce point ; nous proposons le début du mois de juillet 1223 qui se place après l’avènement du comte et à la veille de la mort du roi.

Quoi qu’il en soit, Roger-Bernard II ne fait que confirmer une charte de son aïeul, Roger-Bernard Ier (1149-1188) , concédée à ceux qui viendraient s’installer à demeure et construire au-dessous du Castella ; le cens (servicium) calculé par brassée de terrain à bâtir, la gratuité pour les dégagement des parcelles et les limites topographiques des franchises sont même indiquées.

 

La concession d’une importante charte de franchises faite « au peuple et à l’université » de Tarascon témoigne, sans doute, de l’appui de Roger Bernard 1er  à la capitale du Sabarthès, point fort de sa domination et maîtresse des passages stratégiques et économiques vers l’Espagne. 

 Le couronnement de cette charte est la reconnaissance du consulat qui permet à la communauté de défendre ses franchises et lui donne l’autonomie de gestion.

 

La naissance du consulat

Le terme de consulat a deux significations : celle d’institution municipale, mais aussi de circonscription d’action de cette institution. Concernant le consulat de Tarascon il s’étendait très largement au-delà du chef-lieu sur les villages de : Larnat, Ussat, Ornolac, Lugeat, Arnave, Cazenave, Alens, Serres, Croquié, Jarnat, Mercus, Garrabet, Bompas, Niaux, Arignac et Arbiech.

 

L’administration communale naquit petit à petit des impératifs d’organisation d’une population devenant plus nombreuse, d’abord de façon informelle, puis qui se structura quand elle fut officiellement reconnue par le comte et autorisée par lui. Consul, étant le nom donné aux représentants de la communauté, ses interlocuteurs auprès du comte auxquels celui-ci déléguait une part plus ou moins importante de ses prérogatives d’autorité.

Le consulat de Tarascon n’est pas mentionné dans la première charte, preuve qu’il n’existait pas encore. Aussi, la chronologie de cette naissance est-elle approximative puisque soumise quelque peu au hasard des mentions dans les textes : des prud’hommes sont cités à Tarascon en 1216 ; des consuls en 1239 (1259) et 1266.

                                                    
                                                                                                                                                                                                                                                              
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                          
          Certes, comme partout ailleurs, le consulat de Tarascon n’a fait l’objet d’un acte de création et l’on peut penser qu’il est né en réalité un peu avant son apparition dans les documents. Il n’en reste pas moins qu’il est tardif, si on le compare aux grand consulats méridionaux (
Béziers 1131, Montpellier 1141, Narbonne 1151, Toulouse 1152); c’est une confirmation du retard et de la vie urbaine dans la haute Ariège .

 

L’institution municipale

C’est donc la charte de coutumes ou ses confirmations qui permettent de jalonner les premières étapes de l’existence de l’institution municipale. Quelques hommes, les plus « sages », bien souvent les plus puissants, furent les premiers interlocuteurs des comtes ; c’est à eux que furent octroyées la première charte.

 Le titre de consul qu’ils prirent par la suite leur apporta surtout une dimension de prestige car en fait ils avaient sans doute déjà les mêmes pouvoirs : les prud’hommes de Tarascon en 1216, avaient déjà les pouvoirs de justice qu’on reconnaîtra à leur successeurs de 1239 et 1266.

 

A partir de 1266, l’organisation municipale Tarasconnaise est définitivement constituée. Elle ne subira dès lors, jusqu’en 1789 que des altérations matérielles peu considérables.

 

Au sujet des consuls eux-mêmes, leur nombre sera fixé à quatre et celui de leurs conseillers de ville à 18 puis à 25 en 1764.

La répartition des sièges était territoriale. Tarascon était divisé en quartiers ou « consulats » - 1er consul à la Place, le second consul au Barry Clos, le 3ème à la place et le 4ème au faubourg d’au-delà du Pont.

 Le faubourg d’au-delà du pont, réuni  à l’enclos de la ville en 1300, avait obtenu en 1403 le droit d’élire l’un des 4 consuls, flanqué de quatre conseillers (jurats).

Pour éviter les excès de pouvoir, les nouveaux consuls sont nommés ou plutôt cooptés pour une année, par ceux qui terminaient leur mandat et par les conseillers politiques à la date du 27 décembre = Saint-Jean l’évangéliste.

Qu’ils soient élus ou choisis, le système de désignation reste mal connu. Un simple consensus suffit souvent, certaines personnes s’imposant par tradition ou charisme.

 

Les nouveaux consuls prêtent serment en mains de ceux qui sortent de charge le premier janvier de chaque année sous le porche de l’église de Notre dame de la daurade, tandis que les sortants doivent rendre compte de leur gestion. Le 3 février 1455, Gaston IV, comte de Foix, ordonne que les consuls de Tarascon rendront leurs comptes un mois maximum après avoir quitté leur charge.

 

Les consuls Tarasconnais n’hésitaient pas, surtout vers la fin du 15ème siècle, à se faire tailler sur les deniers publics de luxueuses robes rouges gansées de satin blanc et chaperons noirs, signes de leur dignité et de l’importance de leur communauté : « … Que pour l’honneur de l’ornement de la justice, les  dits consuls portent chaperons et robes consulaires de rouge et noir, et qu’en considération d’icelle ils ont toujours précédés les seigneurs directes des dits lieux et ont joui par préférence et à leur exclusion de tous les droits, honneurs et dignités qui dépendent de la dite justice, soit dans les églises, soit dans les autres occasions publiques et particulières, dans l’étendue de leur juridiction ».

 

Les consuls assurent l’administration de la communauté conjointement avec le bayle du comte.

L’assemblée de conseillers politiques légifère dans tous les domaines ou la ville a acquis des franchises. Les élus ont une puissance considérable. Ils ont rang et voix délibérative aux Etats généraux et en la chambre des comptes du pays, comme la troisième des quatre villes maîtresses du pays.

 

Nous ne reviendrons pas sur les pouvoirs de justice qui leur donnent l’exclusivité des affaires et la possibilité de prononcer jusqu’à la peine de mort.

Non moins importants sont leurs pouvoirs de police, y compris en matière économique, et la responsabilité entière qu'ils ont de la gestion financière.

Les consuls édictent les règlements de police et tout ce qui concerne le bon ordre dans la ville (voirie, hygiène..) et dans son terroir est de leur ressort : protection des jardins, champs, vignes, près, forêts et montagnes, et encore en ville, surveillance des tavernes et cabarets.

A Tarascon, les foires et marchés représentent la part la plus vivante de la seule activité économique urbaine notable. La charte de coutumes leur consacrent de nombreux articles. Les comtes les créent ou confirment leur existence et, ils accordent leur sauvegarde aux marchands qui s’y rendent.

 Le protectionnisme est de règle: les étrangers ne peuvent vendre d’étoffes au détail et les consuls peuvent empêcher la vente du vin étranger pendant deux mois, afin de débiter celui du cru. Ces mêmes consuls sont chargés d’une étroite surveillance quotidienne des marchés et particulièrement des bouchers, boulangers, poissonniers et débiteurs de vin.

Ils contrôlent aussi la qualité des produits et surtout des poids et mesures utilisés dont toute altération est sévèrement punie ; ils fixent les bénéfices ou les prix, la taxation est de règle.

 

Le consulat de Tarascon domine sans partage la campagne environnante.

L’assemblée dirigeante est strictement masculine. Les classes d’âges sont mélangées ; les liens familiaux ne semblent pas essentiels, pas plus que les métiers.

 

Mais, peu à peu, cette institution évoluera vers l’oligarchie.

 

 

 Robert-félix Vicente

 

SOURCES :

* ADA – cartulaire de Tarascon.

* ADA – 1 J 285

* AD64 – E 483/2.

* Oihénart, tome 111-112, folio 38.

* Histoire Générale de Languedoc, tome VIII, acte 190, preuves 190, p. 688-691.

* Claudine Pailhès, ADA - 8° 2570 ; Histoire de Foix et de la haute Ariège, Ed. Privat, 1996.

* Claudine Pailhès, ADA - 8° 3516 – le comté de Foix, un pays et des hommes

   La louve Editions, 2006.

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