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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 10:12

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Population Tarascon 1872« La démographie, c’est la destinée ». Forgée par les démographes et économistes américains pour décrire le cas des Etats-Unis, cette formule lapidaire prend tout son sens à la lumière de l’expansion de la population de Tarascon au cours du 20ème  siècle.

Si le 20ème  siècle a été celui du quadruplement de la population mondiale, il aura aussi été celui de la transition démographique tarasconnaise.

La population de Tarascon a oscillée autour de 1 180 à 1 739 habitants durant tout le 19ème  siècle, et jusqu'en 1924, puis elle a augmenté, atteignant 2 559 en 1931 et 4 222 à son maximum en 1975. Cette même population va se réduire, ensuite brutalement, sur une période de vingt ans, avant de se stabiliser autour de 3500 dans les années 2006.

 

A l’origine, entre  1148  et  1188, le comte Roger Bernard I octroi certaines libertés et privilèges à ceux qui viendraient s’installer à demeure et construire au dessous du Castella de Tarascon. Cette première charte de Coutumes sera l’élément déclencheur de la première poussée démographique du bourg castral.

 

Nous ne connaissons quantitativement la population de la ville pour la période du Moyen-Âge, les estimations suivant le rôle des feux du comté de Foix, document fiscal réalisé en 1390 sous le règne de Gaston Fébus comte de Foix-Béarn  vont de 800 à 900 habitants pour le 14ème siècle.

Vers 1468, ce nombre aurait été diminué et insuffisant pour supporter les charges d’entretien de la ville : « … le lieu (Tarascon) est situé entre les montagnes, fortes étroites et infertiles, qui était au temps passé peuplé de marchands, artisans et y habitaient force monde, lesquels soutenaient et supportaient les charges dudit lieu, mais à présent, tant à cause de la rareté du peuple qui est dans le dit lieu pour des raisons de mortalités qui sont advenues depuis longtemps, destruction de tous métiers, la petite valeur du fer et des mines par lequel la majorité du peuple se soutenait … ». C’est certainement la première crise démographique que connu la vieille cité.

 

Les guerres de Religion de la seconde moitié du 16ème siècle et les fréquentes épidémies de peste appelée « le maïchant mal »  vont entraîner aussi d'importantes migrations.

La crise démographique est une caractéristique de l'Ancien Régime, revenant en moyenne tous les 10 à 15 ans. Une crise peut tuer en quelques mois un quart de la population d'un village, le dixième de celle d'une ville. Elle peut durer entre six mois et deux ans, elle peut être causée par une épidémie, par une crise de subsistance, parfois l'alliance des deux (une disette qui affaiblit les corps et prépare le terrain pour une épidémie).

 

Le 17ème siècle sera celui du séjour (parfois très long) de plusieurs régiments d’infanterie et de cavalerie. Tarascon, enserrée dans ses murs (500 maisons en 1701), devait compter une population, déjà dense, avoisinant les 1400 habitants. Et on est à se demander ou pouvaient bien cantonner des régiments tels que celui de Guyenne, dont l’effectif atteignait 3500 hommes. Signalons, en passant et sans commentaires, une recrudescence de natalité excessive : les registres accusent pour la seule année 1648 cent soixante baptêmes, en 1911 on tombe à 28, toujours pour les deux mêmes paroisses Saint-Michel et Sainte-Quitterie.

 

Le chiffre total de la population de Tarascon est difficile à connaître avant le milieu du 18ème siècle. Vers 1765, période où les sources deviennent fiables, les tarasconnais (Ussat compris) auraient été approximativement 1500. Ce nombre est porté à 1230 en 1774 (Ussat non compris ?), à 1364 à la veille de la Révolution, et à 1450 habitants en 1793 (Ussat compris). Le lieu d’Ussat était fiscalement lié à Tarascon : il n’apparaît pas dans les tarifs des feux de 1666 (il ne faisait certainement qu’un avec Tarascon), il apparaît dans les rôles de capitation joint à Tarascon. Leur population est certainement toujours comptée ensemble (il n’y a aucun chiffre distinct pour Ussat). On assiste donc à une démographie relativement stable, même si sur le court terme les variations peuvent être sensibles, de l'ordre de 86 habitants en cinq ans (1788 - 1793). Si la stabilité de la population est le fait dominant, le phénomène migratoire n'est pas à négliger. Les migrations peuvent être définitives, permanentes, saisonnières ou conjoncturelles.

 

La courbe de la population de Tarascon peut se diviser en cinq phases. Dans la première, de 1765 à 1831, le total varie très peu et se situe autour de 1400 habitants, pratiquement autant que pendant le 16ème siècle. L’agglomération urbaine n’ayant guère grandie, elle accueille le même taux de population. Tarascon absorbe l’émigration des villages voisins.

 

La deuxième phase allant de 1831 à 1921 présente des caractéristiques analogues mais avec une plus forte intensité. La hausse est particulièrement rapide vers la fin du 19ème  siècle pour atteindre le nombre de 1739 habitants en 1886. Il faut souligner que c’est en 1846, à la fin de la monarchie de juillet,  que l’Ariège est arrivé au sommet de sa courbe démographique avec 270 535 habitants. Mais ce pic de surpeuplement ne perturbe pas notre localité qui reste stable avec 1530 habitants. Si la courbe de l’Ariège s’infléchie à partir de 1850, en raison de l’exode rural, des guerres et des épidémies, notre commune reste stable, voir gagne en population et passe à 1637 habitants. Un léger recul lié au taux de mortalité est à constater avec l’épidémie de choléra de 1854. L’attaque du fléau va emporter 72 habitants (20 hommes, 29 femmes et 23 enfants) dont la majorité résident dans le faubourg Sainte-Quitterie.

 

 

C’est dans la troisième phase, entre 1921 et 1975, héritière de l’Ariège « des hommes et du fer », que la population de Tarascon connaît sa plus forte croissance urbaine. De 1926 à 1931, avec l'apport de l'immigration, Tarascon gagne 725 habitants. C’est en effet l’époque de la construction, entre autre, de l’usine Péchiney avec dans les années 1920, une arrivée massive de main d’œuvre étrangère. En 1928, la commune décide d’engager le projet d’agrandissement du cimetière dit de la ville. Cet agrandissement s’impose suite aux inhumations ayant sensiblement augmenté depuis l’ouverture des travaux de construction à Sabart des usines de la Compagnie des produits chimiques d’Alais, Froges et Camargue. Tarascon change d’aspect avec une ville haute qui ne compte plus que 300 habitants, tandis que le bas quartier « moderne » des hauts fourneaux en regroupe 1500.

Si de 1931 à 1936, la population est ramenée de 2559 à 2321 habitants, cette même population municipale va augmenter de 82% entre 1921 et 1954 où elle atteint 3184 habitants. Elle a connu, entre les recensements de 1936 et de 1954 un chiffre plus élevé atteignant 3800 habitants dont 900 immigrés en 1948, alors que des travaux d’équipement hydroélectriques se poursuivaient et que les hauts-fourneaux étaient encore exploités. Le mouvement naturel de la population n’ayant pas été positif et l’agriculture locale n’ayant rendu disponibles que 36 emplois, ce sont plus de 800 emplois qui ont été procurés par l’immigration. Cette immigration a eu pour conséquences de soutenir la fécondité dans une faible mesure, et de retarder le vieillissement de la population.

Alors que sont tombées les cheminées des hauts-fourneaux, dernière situation représente mieux l’expansion démographique due à l’exploitation normale des usines de Sabart et à elle seule. Elle passe de 1746 habitants en 1921 à 4167 en 1975. La croissance économique et démographique vont apporter d’énormes changement à l’aspect de la ville. Après la naissance des quartiers d’habitations pour les ouvriers et cadres de l’usine Péchiney dans les années 1930, d’autres ensembles vont s’élever sur la rive gauche, entraînant groupe scolaire de Sabart, collège, gendarmerie…etc.  La croissance est donc forte, mais elle ne va pas durer !

 

La quatrième phase, celle du déclin démographique, correspond à  «l’après électrométallurgie ». Toute l’extension prise par Tarascon, depuis la création des usines de Sabart, n’est donc due qu’à l’électrométallurgie ; sans elle notre commune n’aurait même plus la faible industrie qu’elle possédait en 1921 (1746 habitants).

De 1975 à 1999, Tarascon a perdu 765 habitants. La ville ne compte plus que 3402 habitants (sans Banat). Cette dépression démographique et économique sera un important traumatisme pour la commune, à l’image de la ville haute. Mais aussi, afin de se rassurer, on peut écrire que Tarascon conserve un taux de population important puisqu’elle dépasse encore les 3184 habitants de 1954.

 

Aujourd’hui, après avoir connue, les années sombres de la perte du dernier bastion industriel, la vieille cité participe au lent réveil de l’Ariège. Tarascon, surtout sa rive gauche, retrouve une certaine attractivité et peut envisager un avenir meilleur. Depuis 2003, et une stabilité encourageante en 2006 (la population se concentre toujours davantage dans la vallée de l'Ariège), la ville redevient accueillante. Elle maintient d’ailleurs quelque vitalité au sein du canton. Tarascon ne s’appauvrit plus et même se repeuple grâce à un solde migratoire positif, depuis 2009 elle compte 3515 habitants.

Si la ville est passé, en un peu plus d’un siècle et demi, d’une économie fondée sur le commerce des produits agricoles et de l’artisanat à une industrie dominante, avant de connaître un formidable développement des services dans le même temps où s’est amorcé le déclin de la population industrielle, au grand tournant du 21ème siècle, l’espoir d’un Tarascon « gai et riant » existe encore.

 

Démographie ancienne et contemporaine :

 

1325     Acte qui comporte 92 noms d’habitants de Tarascon

1385     Tarascon comptait approximativement 179 feux, voir 800 habitants

1390     Tarascon comptait approximativement 201 feux, voir 905 habitants

1468     Diminution marquée du nombre d’habitants de Tarascon

1610     L’Evêque de Pamiers confirme 320 personnes de Tarascon

1701     Tarascon comptait approximativement 500 maisons dont 88 qui furent brûlées

1765     1500 habitants (Ussat compris)

1774     1230 habitants (271 hommes, 263 femmes, 324 garçons et 372 filles).

1784     1364 habitants (483 hommes, 525 femmes, 356 enfants).

1788     1364 habitants (322 hommes en état de porter les armes, 161 vieillards, 525 femmes, 356 enfants).

1792     1425 habitants (Ussat compris = 296 hommes mariés ou veufs, 323 femmes mariées ou veuves, 396 garçons de tout âge et 410 filles de tout âge).

1793     1450 habitants

1794     1400 habitants

1796     1425 habitants

1800     1401 habitants (Ussat compris)

1801     1181 habitants

1803     1205 habitants (1392 avec Ussat)

1804     1177 habitants (1416 avec Ussat)

1805     1406 habitants (Ussat compris = 638 hommes et 758 femmes).

1806     1378 habitants

1813     1526 habitants

1817     Disette et vie chère en Ariège

1820     1466 habitants

1826     1550 habitants

1827     1536 habitants

1831     1551 habitants (dont 76 au hameau de Sabart).

1834     Section A : 306 maisons , 3 moulins, 1 filature et 1 foulon ; Section B dite de Sabart : 9 maisons et 1 foulon ; Section C dite de Fournier : 11 maisons, 2 moulins et 1 forge.

1836     1675 habitants

1837     Disette dans les hautes vallées

1841     1560 habitants

1845     Maladie de la pomme de terre

1846     1530 habitants (sommet de la courbe démographique de l’Ariège).

1847     Crise du pain, apparition des loups aux environs de Tarascon

1851     1637 habitants

1854     1637 habitants (l’épidémie de choléra emporte 72 habitants = 20 hommes, 29 femmes et 23 enfants dont 70% au faubourg Ste-Quitterie).

1856     1557 habitants (dont 1389 population agglomérée et 312 maisons).

1857     début d’une ère de crises typiquement industrielles. Ce sont des crises de sur-production.

1860     1557 habitants

1861     1502 habitants (dont 1312 population agglomérée et 322 maisons, dont MazelViel – au Saut = 91 maisons et du Saut – Hors la Porte = 54 maisons).

1866     1513 habitants

1867     Installation du premier haut fourneau

1871     1534 habitants

1872     1534 habitants (dont 1365 population agglomérée et 317 maisons). Du MazelViel – au Saut = 86 maisons et du Saut – Hors la Porte = 53 maisons, soit 655 habitants. Faubourg St-Jacques = 184 habitants et 32 maisons. Faubourg Ste-Quitterie = 514 habitants et 113 maisons.

1876     1557 habitants

1877     1607 habitants – Arrivée du chemin de fer

1881     1611 habitants

1886     1739 habitants

1891     1485 habitants

1896     1432 habitants (360 maisons et 437 ménages).

1901     1445 habitants

1906     1684 habitants

1908     La ville offre une variété de commerces inégalée, soit 84 rubriques professionnelles, dont 14 commerces de luxe.

1911     1606 habitants – Mise en service du tramway Tarascon - Auzat

1912     1611 habitants

1920     Grève pour une augmentation de salaire des 350 ouvriers de l’usine métallurgique

1921     1746 habitants

1924     1733 habitants

1926     1834 habitants

1931     2559 habitants (La ville haute ne compte plus que 300 habitants, tandis que le bas quartier « moderne » des hauts-fourneaux en regroupe 1500).

1932     Fermeture des hauts-fourneaux et de la ligne de tramway entre Tarascon et Auzat

1934     2587 habitants

1936     2321 habitants

1939     2600 habitants (dont approximativement 1700 au faubourg Ste-Quitterie). On rallume les hauts-fourneaux.

1946     3170 habitants

1948     3800 habitants (dont 900 immigrés = 590 Espagnols, 148 Italiens, 52 Russes, 43 Portugais, 20 Allemands, 8 Autrichiens, 6 Yougoslaves, 3 Polonais, 2 Belges, 1 Hollandais et 1 Turc).

1953     Fermeture définitive des hauts-fourneaux

1954     3184 habitants

1962     3680 habitants

1968     3952 habitants

1973     Fusion avec Banat et Cazenave-Serres-et-Allens

1975     4167 habitants (sans Banat, Cazenave-Serres-et-Allens). Septembre, pose de la première pierre du futur C.E.S. 600 (pour six cents élèves) de Tarascon sur l’emplacement de l’ancienne usine métallurgique qui avait arrêté son activité en 1954.

1982     3848 habitants (sans Banat)

1990     3444 habitants (sans Banat)

1999     3402 habitants (sans Banat)

2006     3489 habitants

2007     3493 habitants

2009     3515 habitants (+ 61 population comptée à part = population totale 3576)

2011     3495 habitants

 

Naissances / décès - par année

 

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

2007

2008

2009

Naissances

36

35

20

32

22

32

33

23

36

23

Décès

45

42

44

55

51

50

53

65

46

47

 

Population en 2008 par tranche d'âge

0-14 ans

15-29 ans

30-44 ans

45-59 ans

60-74 ans

75 ans ou plus

478

637

592

696

566

526

 

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