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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 15:00

quilles2

Tarascon - jeu de quilles de neuf place N.D. de la Daurade (actuelle place Garrigou)

 Collection Louis massat in Histoire et Patrimoine du Tarasconnais

 

 

Les quilles de neuf, un sport à part entière

 

Nous maire de la ville de Tarascon, département de l’Ariège

 

Considérant que l’on se permet de jouer aux quilles dans les rues et places publiques, qu’il est déjà arrivé plusieurs événements fâcheux, occasionnés par ces jeux ainsi établis sa et la.

 

Considérant que l’autorité, tout en prenant les mesures nécessaires pour que de pareils accidents ne se répètent pas,  ne doit pas interdire tout à fait des jeux et des amusements publics autorisés par les ordonnances  et les lois, mais cependant en régler l’exercice.

 

Arrêtons

 

art. 1  Il est défendu de jouer aux quilles dans les rues, places et autres lieux publics de la ville excepté  ceux ci après désignés savoir : sur le chemin dit de derrière le clocher à partir du jardin du Sieur Lacoume jusques et compris le Foiral, la route de Foix après le bureau des douanes,  sur celle de Saurat au sortir de la ville et finalement sur le milieu de place de la mine.

 

art.2  Tous les individus surpris en contravention aux disposition de la présente ordonnance auront les quilles confisquées et seront poursuivis par devant le tribunal de simple police pour être punis ainsi qu’il appartiendra.

 

Fait à l’hôtel de la mairie le 9 avril 1817

 

Pour le maire absent

L’adjoint au maire

 

Pons d’Arnave fils

  quilles copie

Tarascon - jeu de quilles de neuf place N.D. de la Daurade (actuelle place Garrigou)

Collection Paul Dunac dit Pol de Mounègre in site de Bernard Conte

 

Comme de nombreux jeux de quilles les origines des quilles de neuf n’ont jamais pu être établies de façon précise. L'on peut dire que, depuis que l'homme existe, il a essayé de mettre des morceaux de bois debout pour les abattre avec un projectile quelconque.

 

On a découvert les plus anciens témoignages de l'existence de quilles et de boules en Égypte, dans les pyramides.


L'Odyssée révèle leur existence au temps de la guerre de Troie, soit 12 siècles avant notre ère.

 

Sport traditionnel pratiqué de longue date dans les Pyrénées, et notamment en Gascogne, les historiens nous apprennent que Henri IV, entre deux escapades, s'y adonnait volontiers. Son fils, Louis XIII, considérait que ce jeu populaire préparait à la guerre et le pratiquait. 

 

Au 16ème siècle, le pasteur réformateur Martin Luther avait donné à ce jeu un but pieux, ayant eu l'idée d'accabler chaque quille d'un pêché. A chaque quille abattue, s'effaçait l'esprit du malin.

 

Mozart improvisa un jour, au cours d'une partie entre amis, le ravissant "Trio de quilles" pour piano, clarinette et alto.

 

Des expatriés de notre région l'ont même exporté en Amérique.

 

Il n'y a pas si longtemps encore, se jouaient dans de nombreux villages d’Ariège des parties de quilles au maillet ou quilles de neuf dit aujourd’hui de Biert.

 

les Quilles de neuf étaient au départ un jeu pratiqué en tant que loisir dans nos régions du sud-ouest où l’essentiel était de se rassembler autour d’un terrain improvisé et de s’amuser entre gens de connaissance.

 

Autrefois, après une dure semaine labeur, le dimanche était consacré au repos, à la distraction et aux jeux. Surtout à la belle saison lorsqu’on se retrouvait sous les ombrages pour le jeu de Quilles de neuf.

C’était à cette époque dans nos régions pyrénéennes non pas un passe temps, mais une véritable institution, tout comme la pétanque pour la Provence et nombreux sont aussi, les cafés restaurants qui possédaient un quillé. Il n’était d’ailleurs pas rare de parier un verre et d’intéresser la partie.

 

Il a rapidement connu un énorme engouement populaire. A l'époque, il faut dire que les divertissements n'étaient pas légions.

Cette discipline, encore mal connue, constitue aujourd’hui pourtant un véritable sport qui, aux yeux des profanes, s’apparenterait plus ou moins vaguement au jeu de bowling.

 

Il se joue avec une boule, le técou (ou toucou à Biert), de noyer de six kilos et neufs quilles de hêtre disposées sur un sol en terre battue et dont généralement, il s’agit d’effectuer un ou plusieurs lancers avec la boule contre la première quille pour percuter les autres.

 

En Ariège, les joueurs les plus acharnés s’adonnaient à leur passion même durant les vêpres. Au 18ème  siècle,  dans le village du Sautel, le curé ayant voulu s’emparer des quilles, fut molesté par les villageois à grands coups de poings… et de quilles ! Monseigneur de Caulet, évêque de Pamiers, les excommunia alors.

 

Autrefois, il y avait même des femmes qui participaient au jeu et tant pis pour la soupe et les vaches !

 

Avec l’arrivée de l’électricité de nombreux villages ont aussitôt mis une ampoule au-dessus des aires de jeu, situés souvent sur la place, afin que les parties ne soient pas interrompues par la nuit, et le dimanche, après avoir dîné les joueurs reprenaient la partie.

 

En Basse-Ariège, le « quillé » était parfois tracé dans la cour même de la ferme, parmi cochons et volailles.

 

De Saint-Ybars à Oust en passant par la Haute-Ariège, chaque jeu de quilles était évolutif, avec ses propres variantes. Aussi, la forme des quilles n’étaient pas toute à fait la même suivant les villages : à Niaux elles ressemblaient à des bouteilles allongées.

 

Cette passion du jeu était toute particulière à Biert et les hameaux environnants. Encore aujourd’hui l’on parle de jeu de quilles de neuf de Biert, ce qui traduit la pratique non interrompue dans ce village.

 

Le jeu de quilles de neuf de Biert se compose quant à lui, de 9 quilles et d'un toucou en bois.

 

Les quilles mesurent 48 cm de hauteur et sont en bois blanc (peuplier, saule) pour un diamètre de 7 à 8 cm avec une partie renflée au milieu ; le toucou (grosse boule) de 25 à 30 cm de diamètre , comportant deux trous de préhension et pèse entre 5 et 7 kg en fonction de la nature du bois (châtaigner, noyer, bouleau, ormeau).

 

Les 9 quilles dressées forment le quillè et occupent un carré tracé sur le sol, égal à la longueur de 5 ou 6 quilles.

 

Le jeu consiste à lancer le toucou sur une quille pour faire tomber une ou plusieurs quilles désignées à l’avance. Il est interdit de le garder à la main pour faire tomber une quille (sauf dans certains jeux)

   

Le jeu de quilles de Biert oppose 2 équipes de 3, 4 ou 5 joueurs. La partie s’effectue au meilleur des 3 manches, chaque manche se jouant au meilleur des 4 jeux.

 

Pour être un bon pratiquant de Quilles de neuf, certaines qualités sont requise. En effet, Il demande adresse, souplesse, minimum de puissance dans l’avant bras, maîtrise de soi, sens de la stratégie... et un brin de roublardise.

   

La pratique transmise de génération en génération a été réglementée à la fin du 19ème siècle . En 1924 le premier championnat de France a eu lieu à Pau. Les quilles de 9 font partie de Fédération Française de Bowling et de Sport de Quilles (FFBSQ). La section quilles de 9 compte environ 650 licenciés.

Carte postale jeu de QUILLES

Les Pyrénées (2ème série n°1094) - Une partie de Quilles - Collection Tarusco

 

 

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 16:53

Quoi de plus merveilleux qu’une source ?  

Enfant, j’étais enchanté par ce filet d’eau sortant du sol, au creux de trois platanes plantés au bord de la rivière Ariège, non loin de l’école de Sabart et du stade de l’Ayroule. Lieu de rencontre, il nous arrivait souvent de bâtir des petits moulins afin de faire tourner les roues à palettes. 

Les enfants d’aujourd’hui, habitués à l'eau courante, à ouvrir un robinet - et les adultes aussi qui oublient vite ! - ne font plus attention à ces détails, à  cette poésie de la nature et à cette sorte de vie jaillissante.

 

Les anciens attribuaient souvent des pouvoirs mystérieux et magiques à certaines sources, et celle dont je vais vous parler ici, n'est point la source aux platanes citée ci-dessus, mais la font rouge de Sainte Quitterie. Cette dernière, jadis importante pour les tarasconnais et pour un petit nombre qui s'en souviennent encore, conserve la propriété de rester mystérieuse au travers des siècles !      

Et, il nous semble, qu’il serait peut-être bon de redonner toute sa valeur aux éléments dont dépend toute vie. L’eau !

   Tarascon-rive-gauvche-faubo  

Faubourg Sainte Quitterie de Tarascon avec l'église

 

 

L'eau et l'église

Nullus enim fons non sacer, « il n’y a de source, en effet, qui ne soit sacrée ». C’est en ces termes que le commentateur de l’Enéide de Virgile, Servius, expliquait l’emploi par le poète, de l’expression sacer fons, « source sacrée », au vers 84 du livre 7.  

Il est bien connu que les anciens habitants de notre beau pays vouaient un culte particulier à toutes manifestations inhabituelles de la nature et en particulier du régime des eaux.

   

C’est ce que certains auteurs ont dénommé «le culte des Eaux». La source est sacrée, on vénère et on supplie le sacré qui est dans l’eau pour obtenir un bienfait, généralement la santé. Voilà ce que le lecteur entend en lisant le commentaire de Servius. C’est la sacralité active de l’eau qui semble en cause, c’est cela que les Anciens étaient censés rechercher. Et le lecteur pense immédiatement à Lourdes, à Vichy, Ax, Bagnères-de-Bigorre et tant d’autres stations thermales.

 

Plus que l'écoulement de la rivière, plus que le cours du fleuve, il semble que les Gaulois aient d'abord vénéré la naissance de l'eau, dans son mystère et son dynamisme primordial: force agissante travaillant dans l'obscurité du monde souterrain inconnu; force jaillissante d'une énergie neuve, toujours renouvelée; richesse offerte aux hommes, et image pure du divin.

L’eau est sacrée, indispensable à la vie et les sources et fontaines sont divinisées :« L'homme trouve le sens du sacré devant une source; il lui prête volontiers et spontanément la puissance de la divinité qu'il adore », d'après Simone Deyts, 1985, 31. On a ainsi évalué à plus de six mille (6000) le nombre des sources sacrées de la Gaule, dont la Font Rouge de Tarascon.

    Fontaine-Ste-Quitterie- Tarascon localisation 1830

Plan de masse de 1830 - localisation de la Font Rouge par rapport au faubourg de Ste-Quitterie

 

On attribue aux sources des effets thérapeutiques, des vertus magiques et beaucoup sont dites miraculeuses. Malades et pèlerins y viennent et on construit autour de certaines des monuments. « Un sanctuaire, tout comme un village ou un établissement agricole, ne peut s’installer qu’à proximité d’un point d’eau.. ».S. Deyts, in Cultes et sanctuaires des eaux en Gaule, Archeologia 37, 1986.

     

Un des mandements du concile d’Arles de 452 ordonne que : «...les chrétiens ne doivent s’attacher ni aux fontaines, ni aux arbres et ne compter pour leur guérison que sur la miséricorde de Dieu…», entraînant l’ensevelissement de centaines de sources et de fontaines. Mais, les résistances populaires ont amené l’Eglise à plus de souplesse, celle-ci s’est même approprié nombre de dévotions en les intégrant dans le culte des saints.

«… les prêtres du christianisme, ne pouvant triompher des vieilles habitude des peuples les laissèrent subsister, en substituant des saints aux dieux du paganisme; c’est pourquoi plusieurs fontaines antiques, et surtout les fontaines thermales et minérales, portent encore aujourd’hui des noms de saints…». Jacques Antoine Dulaure – Histoire abrégée de différents cultes –1825.

 

 

Le triomphe du Christianisme fit disparaître partiellement la pluralité des dieux Anciens en changeant le nom de l’objet du culte. Et, c’est ainsi que l’Eglise toléra la croyance à la valeur curative des fontaines et autorisa les dévotions aux sources.

Camille Jullian a écrit dans sa monumentale Histoire de la Gaule (VI, Paris 1920, p.56) que : « la moitié de la vie dévote, pour le moins, se passe auprès des fontaines ; et les lieux de rendez-vous les plus populaires, ceux où l’on rassemble le plus d’idoles, de chapelles et de croyants, sont ceux où la multiplicité des eaux peut faire croire aux hommes que les dieux y tiennent assemblée ».

  Eglise-Sainte-Quitterie-de-

Eglise Sainte Quitterie de Tarascon

 

L’histoire de l’humanité est ainsi une histoire de l’eau : des sécrétions du corps humain aux utilisations variées et indispensables de l’eau qui étanche la soif, qui coule dans les étuves et les bains, qui fait bouillir la cuisine, … Elle figure, à ce titre, au cœur des préoccupations de l’histoire matérielle et des consommations.

 

Avons-nous aujourd’hui ce même respect, cette sorte de crainte et cet émerveillement à la fois de nos lointains aïeux devant l’eau de nos fontaines, de nos sources et de nos rivières?  Hélas non !

 

Tout a changé, au 19ème  siècle, lorsque l’eau est devenue un produit de consommation ordinaire. L’accès direct et facile à l’eau courante du robinet nous a fait oublier les gestes et les habitudes anciennes, le temps de l’eau rare, des porteurs d’eau, des fontaines qui coulaient sans discontinuer. De gratuite qu’elle était dans les siècles précédents, elle devint alors un produit commercialisé par des compagnies privées et accessible à tous.

 

Sans doute, sourions-nous des croyances naïves d’autrefois. Mais, sommes-nous plus malins quand nous sommes en train de gaspiller en quelques dizaines d’années un patrimoine qui nous vient de plusieurs millénaires ?

Aujourd’hui, la société contemporaine, à établi une nouvelle relation à l’eau, qui lui a fait perdre son caractère sacré.  

   

Santa Aquitera et la tradition perdue

Dans les premiers siècles du christianisme, les moines, successeurs des druides celtes, savaient ce qu’ils faisaient en transmettant, sous le couvert de fables, une tradition condamnée au silence. La première forme de christianisation fut l’attribution du jaillissement de la source elle-même à un saint de passage ou martyrisé.

Ainsi, par exemple, dans le sud-ouest de la France, de nombreux sanctuaires des eaux furent placés sous le vocable de sainte Quitterie, parfois écrit Quiterie, (nom d’origine wisigothe) et en occitan Santa Aquitera.

 

Suivant la légende, Quitterie est fille d’un prince Wisigoth de Toulouse  (ou de la Galice, pour les espagnols), qui a voué sa virginité au Christ. Refusant le mariage, elle trouve asile dans le monastère d’Aire-sur-l’Adour où elle fait de nombreux miracles. Retrouvée par les soldats du soupirant éconduit, elle est décapitée le 22 mai 476, là où tombe sa tête jaillit alors une fontaine miraculeuse. Elle porte sa tête jusqu’à l’église située en haut de la côte où son corps fut enseveli dans la crypte dans un sarcophage de marbre.

 

Statue-Sainte-Quitterie-a-TD’après Olivier de Marliave, Trésor de la mythologie Pyrénéenne – 1987 : « La légende dorée attribue donc à sainte Quitterie le jaillissement de nombreuses sources depuis Toulouse la wisigothique qu’elle fuyait jusqu’à Aire-sur-l’Adour, où l’attendait le martyr, et ses sources sont situées pour la plupart le long d’anciennes voies romaines ».

 

Aussi, on rencontre pas moins de sept fontaines en Béarn, une à Urzainqui en Navarre dans le val de Roncal, une en Aragon à Guaso, près d’Ainsa (Sobrarbe), et une à Tarascon sur Ariège, qui portent le nom de Quitterie, une des saintes majeures du Moyen-Age, exemple type de la martyre au pouvoir miraculeux de jaillissement de l’eau.

   

 

 

 

 

  Statue Sainte Quitterie - Eglise de Tarascon

 

Sainte Quitterie, la vierge martyre, anciennement très populaire (le prénom QuiVitrail-Sainte-Quitterie-a-tterie était assez présent à Tarascon au 18ème) est aujourd’hui à peu près inconnue dans nos vallées Ariégeoises. Comme le souligne Francis Bergé, paradoxalement aucune procession n'est signalée en ce lieu (fontaine Ste-Quitterie de Tarascon) pourtant chargé de dévotion.

Mais, patronne de la Gascogne, son culte est loin d’être éteint puisqu’à chaque 22 mai, des milliers de fidèles viennent boire, prier et se laver à Doumy en Béarn, principale fontaine de dévotion à la sainte, régulièrement fréquentée tout au long de l’année. Sainte Quitterie a naturellement été un des véhicules majeurs de la christianisation du culte des Eaux, et elle guérit les maladies de l’intelligence, la folie et la rage. A côté de ses autels, on mettait des anneaux de fer, pour y attacher les malades qui venaient réclamer sa protection et son secours.

 

                                                          Vitrail église Sainte Quitterie de Tarascon

 

 

 

 

La fontaine oubliée

Chaque commune, chaque village à possédé (ou possède) un ou plusieurs point d’eau, objet ou non de dévotion, entouré ou non de légendes mais toujours détenteurs de qualités curatives réelles ou imaginaires. Certaines jouissent encore de la ferveur populaire, mais beaucoup ont disparu sous des ruines, une décharge ou dans les broussailles…

Et parmi ces nombreuses sources dont beaucoup sont tombées dans l’oubli, on trouve la Font Rouge ou fontaine de Sainte Quitterie de Tarascon.

  Fontaine Ste-Quitterie localisation 1873

 

Plan parcellaire de 1873 avec localisation de la fontaine ferrugineuse

 

J.-P. Magnes, pharmacien, écrit le 18 août 1817 : «... la fontaine de Sainte Quitterie, ou la Fontaine-Rouge, coule sur la rive gauche de l’Ariège, sur une jolie pelouse élevée d’environs 3 mètres (ou 10 pieds au-dessus de la rivière), à une distance d’environ 415 mètres nord-ouest de la ville de Tarascon… Il se forme dans le bassin et dans le petit canal de fuite de la source, dans la rivière, un dépôt rouge ocracé fort abondant, qui lui a fait donner le nom de Font-Rouge…».

 

Il est dit aussi, qu’en prenant de cette eau dans un verre, on sent une odeur métallique qui se dissipe promptement à l’air ; elle a une saveur astringente, ferrugineuse très prononcée.

Que la quantité d’eau est toujours la même, dans toutes les saisons ; elle ne gèle jamais dans le bassin : « un vase de 2 litres de capacité en est rempli en une minute, ce qui représente 2880 litres par vingt-quatre heures ».

 

Les travaux du pharmacien Magnes, les courtes phrases des guides et des annuaires ne peuvent laisser deviner l’importance qu’eut, pendant bien longtemps, cette fontaine. On y envoyait des malades, en tant qu’annexe complémentaire d’Ussat, ou d’ailleurs, on trouvait deux buvettes d’eau ferrugineuse de la source Sainte-Quitterie de Tarascon dans l’établissement Sainte-Germaine d’Ussat. Puis la source fut oubliée...

 

N’avons-nous plus de mémoire ? Interroge Christian Bernadac en 1980 dans son Macarel ! Polémiques Ariégeoises, « ou bien sommes-nous devenus si pressés, occupés, distraits, indifférents que même la disparition d’un élément important de notre patrimoine communal passe inaperçue.

Voyons ! ... Dites-moi que vous deviné ?

Oui ! la fontaine. La Font Rouge. La fontaine Sainte-Quitterie. La source ferrugineuse. Celle qui coulait, paisible et confiante, le long de l’Ariège entre la gare et le passage à niveau des Plâtrières, à cinquante mètres de l’ancienne scierie Saguet construite sur l’emplacement de la première église de Tarascon ».

croix-de-Sainte-Quitterie-d 

La croix dite de Ste-Quitterie sur la route d'Arignac en amont de l'emplacement de la fontaine

 

D’après Christian Bernadac, une croix (un temps égarée et enfouie) signale l’emplacement de la fontaine ou du moins de l’ancien oratoire : «…vous avez vu la croix en fer forgé scellée sur le mur de clôture. Une croix bénie par l’évêque du Comté, en 1622, lorsqu’une inondation emporta église, cimetière, moulin, quartier. Mais au fait, qu’est devenue la croix ?

la croix ? Vous me direz toutes les croix disparaissent. On a construit un nouveau mur.

Voilà ! C’est tout ».

 

Mais la fontaine ? Quid du petit bassin et du canal de fuite de la source décrit par Magnes en 1817 ? Dans quel état se trouve t-elle en 1980 ?

Toujours sous la plume de Ch. Bernadac: «… Regardez ! Regardez bien sous les broussailles, les détritus –ce coin est particulièrement propice aux décharges sauvages- elle est là votre source pourpre. Il n’y à retrousser les manches, creuser, nettoyer et vous la verrez renaître, épaissir, se napper en flaques lourdes aux reflets mordorés...».

  Localisation-Font-Rouge---S

L'Ariège rive gauche à Tarascon entre la gare et le passage à niveau des plâtrieres

 

Tarascon... les Eaux !

Une fontaine ! Même incarnat, couleur de chair, quelle histoire !

Voici ce qu’écrit J-P Magnes en 1817 : « …il existe dans la commune de Tarascon une source d’eau ferrugineuse, connue et usitée depuis fort longtemps dans la contrée. Elle a produit, au rapport des habitants du pays, et particulièrement des gens de l’art qui en ont conseillé l’usage, de très bons effets dans les maladies graves, telles que l’ictère, la chlorose, les obstructions, la leucorrhée, etc. Cette eau minérale paraît digne de fixer l’attention des médecins; et comme elle est très probablement propre à combattre divers genres de maladie, et qu’elle peut même, dans plusieurs cas, être associée utilement à l’usage des bains d’Ussat, il était important de la soumettre à l’analyse chimique...».

 

Oui, mais voilà, il ne s’agit pas de n’importe qu’elle fontaine !

Il en résulte de cette analyse que : «…l’eau ferrugineuse de Tarascon, contient des substances très-médicamenteuses, comme le fer, l’acide carbonique libre, le sulfate de magnésie, ou sel d’Epsom, etc., qui la rendent comparable à plusieurs eaux qui ont de la célébrité : telles sont les eaux de Valz dans le département de l’Ardèche ; de Forges, département de la Seine-Inférieure ; de Vichy, département de l’Allier, etc., etc. ».

  Extrait de l'ariègeois 1858 29 nov.verso

Extrait de l'Ariégeois du 29 novembre 1858

 

Dans le territoire de Tarascon, outre sainte Quitterie, saint Pierre s’est vu attribuer le jaillissement d’une source. La situation de la fontaine saint Pierre est bien délimitée par le cadastre et se trouvait en dessous des vestiges de l’ancien oratoire, lieu de processions de notre Dame de Mars et du lendemain de Pâques. Elle aussi oubliée !

 

Les oeufs  Sainte Quitterie !

Des vertus thérapeutiques … soit, mais aussi des qualités minérales propices à la bonne cuisson des … œufs durs, comme nulle part ailleurs. Car, d’après Christian Bernadac, la source ferrugineuse qui s’écoulait dans l’Ariège avant qu’une décharge sauvage ne vienne (dans l’indifférence générale) en obstruer la bouche a joué probablement depuis plusieurs siècles un rôle important dans certaines préparations « magico-médicinales » connues des seules encatados. Plus sérieuse était l’habitude de prendre les œufs durs en les faisant bouillir dans l’eau d’une fontaine sacrée. Quié, Surbat, Rabat, Saurat et bien sûr Tarascon n’échappèrent pas à cette tradition qui touche (avec d’autres sources) l’ensemble du comté de Foix.

Qui nous livrera les formules de ces « potions magiques » ? Ceci est une toute autre histoire.

 

Légendes & traditions

Dans le comté de Foix, pour se protéger d’une eau troublée il fallait prononcer la formule : Aigo, aigueto, Té douanaré pa e sal, Me fascos pas mal, Ni a ieu ni as de l’oustal (eau, petite eau, je te donnerai du pain et du sel, ne me fais pas de mal, ni à ceux de ma maison).

 

« Fontaine de Jouvence, d'Immortalité, de l'eau du Savoir, d'Enseignement, Fontaine de Beauté et de Santé, magique, miraculeuse, amoureuse, Fontaine aux Fées, de Bonne Soif, Source de la Mémoire ou encore de l'Oubli... Fontaine, je boirai de ton eau »

 

 

 

CHRONOLOGIE

Pour se prononcer sur l’existence de survivance d’un culte de la dite source, il convenait de disposer d’une documentation plus riche, ce qui aurait permit de reconstituer la vie du site pendant le Moyen Âge et l’Ancien Régime, voir de documents antérieurs établissant sans ambiguïté l’existence d’une exploitation de la source et de son culte.

 

Aussi, en référence à l’implantation de la première église Sainte Quitterie, du Barri du Bout du Pont de Tarascon, on est en droit de s’interroger au regard de la chronologie des événements historiques. Du premier oratoire (sic – aucune preuve) proche de la source, et relativement éloigné du faubourg du 13ème siècle, on peut signaler que trois églises Sainte Quitterie furent construites (voir reconstruites) à différentes périodes au cœur du faubourg actuel. Enfin, on remarquera que c'est l'eau, cette eau tumultueuse de nos torrents, qui au moins par deux fois, va détruire l'église dédiée à sainte Quitterie, la sainte qui fait jaillir miraculeusement l'eau ! 

 

Si les tarasconnais ont jouis de tout temps de la source, à qui appartenait-elle ? Une enquête cadastrale est en cours afin de déterminer si la pâture qui accueillait jadis la source était communale ou pas. Car à l’évidence un particulier la revendique en 1818 avec un titre de propriété en sa faveur contre la municipalité de l’époque.

 

1224               La bulle du pape Honorius III  relative à l’église de Sabart confirme les biens de l’abbaye de Saint Volusien de Foix, parmi ces biens figuraient, dans le Haut Sabartès, l’église de Ste-Quitterie du faubourg de Tarascon.

(Doat. 96, f° 267r – 271 r , cart. Boulbonne, p.12 et Gallia  XIII,

 instr. ; p.91)

 

1300               Concession faite par Roger Bernard III, comte de Foix, aux consuls et habitants de Tarascon que le faubourg «  qui est au delà du pont de Tarascon sera de la communauté et du taillable de Tarascon, et les habitants depuis le pont de Sabart usque ad corbésian », en sorte que les consuls de Tarascon puissent faire imposer les mêmes peines que dans la ville et que néanmoins les habitants dudit faubourg dans les limites susdites restassent sous la juridiction du Bayle de Quié. 

(Tour Ronde XXVIII, 34 ;  Cart. Boulbonne, n°76 ;  Cart. Tarascon

n° 23  et BM. Toulouse, ms 638, f° 76)

 

1557               Procès entre Quié et Tarascon sur les limites des juridictions des deux consulats et autres faits : il en résulte que Quiè fut tenue de réparer l’église du faubourg de Tarascon ; que la boucherie établie par ceux de Quiè à Saint Roch fut abolie, que Sabart fut une dépendance de Tarascon et non de Quiè, et que les habitants de Quiè purent aller moudre leur grain où bon leur semblera.

 

1610              L’église Sainte-Quitterie est emportée par une inondation et le service divin rétablie à Sabart.

                                   (d’après Rambaud -1846)

 

1616               Jacques Loubet lègue à l’église qui se construit à présent au Barry du Bout du Pont à Tarascon la somme de cent vingt livres pour être employée à l’achat d’une cloche.

                                   (AD09 - 5 E 471)

 

1622               26 décembre, l’église de Sainte Quitterie est détruite et emportée ainsi que le cimetière, par une terrible inondation. Le conseil politique de Tarascon vote une somme de 150 livres pour la construction d’une nouvelle église proche de la confluence de l’Ariège et du Vicdessos.

                                   (AD09 - 135 EDT BB1)

 

1624               31 juillet, Martial Rivière est nommé comme recteur de l’église de N.D. de Sabart et de Sainte Quitterie du Bout du Pont, faubourg de Tarascon.

 

1733               20 août, Transaction avec le sieur de Lairoulle, afin d’élargir le lit de la rivière du Vicdessos pour protéger le faubourg et l’église des débordements.

                                   (AD09 - 5 E 822)

 

1758               19 novembre, les consuls de Tarascon recherchent un lieu afin d’installer des bains : « … ils ont fait creuser selon le désir de la communauté dans un terrain au lieu d’Ussat appartenant à la communauté pour y chercher les eaux propres à se baigner et à boire, ce qu’ils ont fait et ont très bien réussi à trouver… ».

(AD09 - 135 EDT BB 13)

 

1759               12 mars, acte qui somme la communauté de Quié de contribuer aux réparations de l’église du Faubourg.

(AD09 - 135 EDT BB 18)

 

1772               17 septembre, l’église Sainte Quitterie, détruite par les eaux en 1622 et depuis reconstruite sur la rive gauche de l’Ariège en face du rocher du Castella, est de nouveau emportée, ainsi que les ponts et une quantité prodigieuse d’arbres, par une terrible inondation.

 

1779               Reconstruction de la nouvelle église de Sainte Quitterie sur l’emplacement actuel.

19 novembre, la communauté achète le jardin des héritiers de feu Jean Prévost , nécessaire pour la construction de la nef et partie du sanctuaire de la nouvelle église.

(AD09 – 5 E 916)

 

1780               26 septembre, vérification par des experts de Perpignan, des fondations et bâtisse de la nouvelle église du faubourg.

                                 (AD09 – 5 E 935)

 

1785               23 février, Extraction de la turière située à Verdun, à l’endroit appelée Arteix ou le Quié, la quantité de 1800 cartiers de tuf de deux pieds de long, treize pouces sur un pied d’épaisseur par les entrepreneurs de l’église de Sainte Quitterie.

                                 (AD09 – 5 E 4522)

 

1817               Août, analyse de l’eau minérale de la fontaine de Tarascon (Ariège) connue sous le nom d’eau de la fontaine de Sainte Quitterie, par J.-P. Magnes-Lahens, pharmacien, membre de la Société de Pharmacie de Paris, de l’Académie des sciences inscriptions et belles lettres, de la Société de Médecine de Toulouse, etc.

                                (AD09 - ZO22/32  - Journal de Pharmacie et des sciences accessoires, N°.IX.

 – 4ème Année. – Septembre 1818)

 

1818               29 juin, le conseil municipal délibère sur le lieu : «…relative au terrain sur lequel coule les eaux de la fontaine de Sainte Quitterie, j’ai consulté les membres du conseil municipal, aucun d’eux ne m’as donné des renseignements prohibitifs à cet égard, mais ils m’ont tous assuré que de tout temps les habitants de Tarascon ont jouis sauf opposition verbale de la part de qui que ce soit du droit d’aller boire les eaux de cette fontaine. Les terrains sur lequel elle se trouve a toujours été déclaré public ou communal appartenant à la ville de Tarascon ; il sert et a toujours servi de promenade, de lieu de réunion surtout aux habitants du Faubourg… ».

(AD09 - 8M28/2)

 

1830               Eaux minérales de Tarascon : « Ces eaux ferrugineuses sourdent à peu de distance de la ville de Tarascon, sur la rive gauche de l’Ariège. On en nomme la source fontaine rouge, ou fontaine de Sainte Quitterie. Le terrain environnant est de nature argilo-calcaire, et il existe une mine de fer dans le voisinage.

                       La faveur de cette eau est astringente et ferrugineuse, son odeur est métallique, et elle laisse déposer un dépôt rouge ochracé, abondant, d’où lui est venu le nom de fontaine rouge. Il paraît que son usage est souvent utile dans plusieurs affections, telle que la chlorose, l’engorgement des viscères abdominaux, les leucorrhées ; en général elle convient dans tous les cas où l’emploi des eaux ferrugineuses est indiqué.

                       Soumises à l’analyse, les eaux minérales de Tarascon ont fourni de l’acide carbonique, des sulfates de chaux et de magnésie, des hydrochlorates de soude et de magnésie, du sous carbonate de fer, de la silice et une matière grasse comme résineuse ».

                        In, Encyclopédie Méthodique / Félix Vicq d’Azur, Jean Le rond D’Alembert – 1830.

 

1834               Le département de l’Ariège est un de ceux que la nature a le plus richement doté en eaux minérales et thermales.

 

1837               Tarascon, ville de France près de laquelle : « …est une source minérale, nommée Font-rouge ou fontaine de Sainte-Quitterie. Elle est froide, ferrugineuse, forme un dépôt ochracé abondant. M. Magnes, à qui on en doit l’analyse, y a trouvé, par litre, outre 1/25 de son volume de gaz acide carbonique, 13 grains de principes fixes, savoir :muriate de soude, 0,4 ; de magnésie, 0,9 ; sulfate de magnésie, 1,8…. Cette eau que Mr. Magnes compare à celles de Vals, de Forges, etc., et qu’il dit utile contre l’ictère, les obtructions, la chlorose, la leucorrhée, etc., peut être associée utilement aux bains d’Ussat, peu distants de Tarascon ».

In Dictionnaire Universel de Matière Médicale et de Thérapeutique Générale contenant l’indication, la description de tous les médicaments connus dans les diverses parties du Globe./ J.F. Mérat et A-J. De Lens, Tome IV, 1837.

 

 

1854               On peut lire dans l’Annuaire de l’Ariège : « On trouve dans l’Ariège diverses autres sources minérales qu’on administre seulement en boisson. Les plus renommées sont celles de Sainte-Quitterie près de Tarascon, laquelle, avant l’établissement du christianisme, était vénérées comme une fontaine sacrée sous la protection d’une nymphe  et celle qui existe au midi de Pamiers sur la rive droite de l’Ariège».

(AD09 - 1PER194/1854, p.166)

 

1858               On peut lire dans l'Ariégeois, sous la plume d'Escourrou-Milliago : « ainsi, la fontaine de Sainte-Quitterie à 500 mètres de Tarascon, source d'eau ferrugineuse d'une saveur astringente très prononcée et d'une température de 12 degrés Réaumur, à produit de très bons effets dans les maladies graves, telles que : la chlorose, les obstructions, la Leucorrhée,etc. Elle peut-être associée utilement à l'usage des bains d'Ussat...».                                    

                                     (AD09 - 2PER9/1858, N°910 du 29 nov.)

 

 

1859               On peut lire dans l’Annuaire de l’Ariège : « Nous l’avons déjà dit, le département de l’Ariège possède de nombreuses sources minérales. Les six groupes dont nous, venons de parler, sont les seuls régulièrement exploités. Deux autres ont été l’objet d’analyses scientifiques et sont mentionnés dans l’Annuaire des eaux de la France. Ce sont, dans l’ordre d’ancienneté, Ste-Quitterie et Mérens. La fontaine de Ste-Quitterie sourd près de Tarascon, au pied de la montagne de Quié. Elle a été spécialement étudiée, en 1818, par M. Magnes-Lahens qui la regardait comme pouvant, au besoin, servir d’auxiliaire aux thermes d’Ussat dont elle est très voisine. Elle est rangée dans la classe des eaux acidules ferrugineuses froides ».

                                    (AD09 - 1PER194/1859, p.222)

 

1866               Lacoume, épicier de Tarascon, crée les bains des thermes de Sainte-Germaine (Ussat), dans un champ rive gauche de l’Ariège, au dessous de l’entrée de l’entrée de la grotte des Echelles (Lombrives).

                                   (AD09 – ZQ 39/8 – 1893)

 

1870               22 mai, le conseil municipal vote en faveur de la fabrique de l’église de Sainte Quitterie une subvention de 2000 francs pour l’aider à payer les travaux de construction du clocher de l’église de cette paroisse.

                                  (AD09 – 2 O 1720)

 

1877               Début de la construction du clocher de l’église Sainte Quitterie qui sera achevé en 1882.

 

1890              Aux portes de Tarascon « près la gare, sur la rive gauche de l’Ariège, au lieu dit Sainte Quitterie, il y a une source ferrugineuse bicarbonatée. Elle naît dans un terrain d’alluvions. L’eau de cette source est incolore et offre au goût une saveur légèrement styptique. Elle renferme une assez forte proportion de sulfate de chaux…».

                                    (AD09 - 8°30, 1890, Paul Baby, Guide-Route dans l’Ariège et

   en Andorre, p.626)

 

1893              Excursion Hydrologique dans l’Ariège par le Docteur Félix Garrigou de Tarascon : « on transporte à Ussat une eau ferrugineuse qui naît sur les bords de l’Ariège aux environs de Tarascon, entre la gare et le moulin de Séré. Cette eau est connue et classée sous le nom d’eau ferrugineuse de Sainte Quitterie (nom de le patronne du faubourg de Tarascon).

                       Elle vient du terrain silurien supérieur et du dévonien, qui existent sous les alluvions de la vallée, terrains très riches en pyrites de fer.

                       D’après Magnes-Lahens, cette eau, tout en étant reconstituante par son fer, est légèrement purgative.

 

1894               Analyse de l’eau minérale de la fontaine de Sainte Quitterie de Tarascon (Ariège), par Félix Gisclard sous la direction du professeur Garrigou; 60 pag. In-4°, figures, Toulouse. «… cette source coule sur les bords de l’Ariège, en face de la gare de Tarascon. Elle abandonne sur son parcours une quantité notable d’oxyde de fer, indice bien net de sa composition primitive ».

 

Le fait saillant qui résulte du travail de Félix  Gisclard, c’est que l’eau de Sainte Quitterie, en même temps qu’elle est ferrugineuse, contient également du cuivre et de l’arsenic. De plus, elle renferme une certaine quantité de sulfates de chaux et de magnésie, qui la rendent légèrement laxative, et par suite lui enlèvent les inconvénients des eaux ferrugineuses en général, celui de produire la constipation.

                                     (AD09 - 1PER2/1895, Tome VII, pp.107-108 et BNF 8-TI

   TOULOUSE-4)

 

1976               Bernard Duhourcau écrit dans son Guide des Pyrénées mystérieuses : « en face de la gare, sur les bords de l’Ariège, coule une source ferrugineuse appelée Fountrouyo, ou fontaine Sainte- Quitterie. De toutes les fontaines portant le nom de la jeune martyre d’Aire-sur-l’Adour, c’est la plus à l’est que l’on connaisse ; elle atteste la popularité de cette sainte vénérée également en Espagne et en Portugal et invoquée contre la rage (voir Lescar).

  (AD09 - 8°1549, p.599)

 

 

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

AD09 – ZO 22/32             [MAGNES-LAHENS (J-P.). Analyse de l’eau minérale de la fontaine de Tarascon connue sous le nom de la fontaine de Sainte-Quitterie. - Toulouse, 1818, 24 p.]       

 

AD09 - 8° 2167               [Marliave (Olivier de). Trésor de la mythologie pyrénéenne. -Bordeaux, 1996, 315 p., ill.]       

 

AD09 - 1 PER 3/1977            [BOY (Yvette). Le culte des eaux et les sources consacrées. B.S.A., 1977,  pp. 161-179, ill.]         

 

AD09 - 8° 1746               [BERNADAC (Christian). La cuisine du comté de Foix et du Couserans - Luçon : Denoël, novembre 1982, 304 p. ill.]  

 

AD09 – ZQ 2063               [ BERGE (Francis) Sources et fontaines de Tarascon .- 68 p., biblio, index, ill.]        

 

 

 

 

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