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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 09:52

RIVE GAUCHE

 

LE FAUBOURG

Tarascon Vicdessos et Castella 

Le Faubourg, anciennement « barri du bout du pont », dominé par la tour du Castella, est situé sur la rive gauche de l’Ariège. Il a pris le nom de l’église Sainte Quitterie, ancienne paroisse, qui dépendait autrefois de la châtellenie de Quié et a été annexée à la ville de Tarascon en l’an 1300 par Roger Bernard IV , comte de Foix.

Au contraire de la vieille ville, l’organisation des maisons n’est pas ordonnée et l’agglomération s’étend autour de l’église, jusqu’à un faubourg St-Roch postérieur au moyen Âge et aux abords du village de Quié.

 

Tarascon Les quais et le pontRive gauche, de l’autre côté du pont, le quai de l’Ariège relie le faubourg au reste de la ville. C’était déjà au début du 20ème siècle une voie très passante, jalonnée de nombreux magasins.

 

La place du jardinage s’ouvrait sur le quai de l’Ariège qui mène au faubourg. Elle devait son nom à l’activité qui y régnait deux fois par semaine et les jours de foire. On y vendait essentiellement des légumes et des fruits, les bestiaux étant cantonnés au foirail.

 

Au début du 20ème siècle, cette place était déjà environnée de nombreux commerces, dont la pharmacie et la boucherie, toujours présentes de nos jours et aux mêmes numéros.

 

  Tarascon Rue de la République AD09 - 10 FI 1425

La rue de la République, qui se nommait jadis l’avenue du Faubourg, traversait le quartier Sainte Quitterie et conduisait aux hauts fourneaux. Elle était, et demeure toujours, une rue marchande bordée de maisons bourgeoises qui, pour beaucoup, appartiennent aux plus vieilles familles de la ville. Un rue adjacente porte encore le nom évocateur de rue des rentiers. C’est l’un des plus vieux quartiers du Faubourg.

 

 

 

1862… le chemin de fer arrive à Foix. 1877…le voilà à Tarascon. 15 années pour parcourir 15 kilomètres !

La ligne de chemin de fer Foix-Tarascon, entreprise en 1871, fut ouverte en 1877, ce qui entraîna l’urbanisation du quartier de la Gare.

Tarascon quartier de la Gare

 

Dans le quartier de l’Ayroule, vous avez sous vos yeux l’héritage sociétal laissé par l’industrialisation de la ville au début du 20ème siècle. Pour les besoins de l’usine Péchiney Sabart tout un quartier a été construit pour y loger les ouvriers et cadres supérieurs dans des pavillons individuels.

 

 

L’EGLISE SAINTE QUITTERIE

 

Place Sainte Quitterie et troupeau 

Il a existé trois (voir quatre) églises Sainte Quitterie. Trois fois emportée par les flots de l’impétueuse rivière, et par trois fois elle sera reconstruite en des lieux différents.

 

D'après la tradition, une chapelle Ste Quitterie, était située route d’Arignac en bordure de l’Ariège un peu après la gare, près d’une source ferrugineuse la fount roujo ou de Sancto Quiteyro, aux vertus miraculeuses. La source, un temps oubliée exite bien que cachée. A l'emplacement de l'ancienne chapelle, emportée peut-être, par une inondation, une croix contemporaine, interpelle le visiteur  sur l'emplacement de ce lieu de culte.

La première église Ste Quitterie, construite à l'angle sud-est du barri du Bout pont,   fut emportée, ainsi que le cimetière et les maisons qui l’entourent, par les inondations de 1622 ; elle est attestée dans la documention depuis 1224.

La deuxième, sera construite pratiquement au même emplacement à partir de 1630 à la confluence de l’Ariège et du Vicdessos, face au vieux pont de bois,  (maison famille Bernadac – rue de la république). Elle sera en grande partie détruite par les inondations de septembre 1772.

 

Tarascon - église Sainte-Quitterie 1L'actuelle église Sainte Quitterie est relativement récente. Elle a été érigée sur l’emplacement actuel en 1793. Le moment est-il bien choisi ? en pleine période révolutionnaire et deux jours après la décapitation de Louis XVI et l’abolition symbolique des droits divins. Au sud du royaume de France, Tarascon vivait la pose de la première pierre de l’une de ses église.

Sa construction s’acheva en grand partie (sans clocher) en 1868. Après de multiples péripéties financières  la construction du clocher débutera en 1877 afin de se terminer en 1882.

 

Dans cette église, vous pourrez admirer :

- les vitraux qui datent du 19ème siècle; les tableaux du chœur : la présentation de Jésus au temple, la visite des rois mages, la mort de Jésus en croix, la résurrection de Jésus, l’ascension de Jésus.

- Les deux chapelles latérales : à droite, la chapelle avec une Piéta en bois dorée du 17ème ; à gauche, la chapelle de baptêmes on y trouve la statue de St-Jacques de Compostelle en bois polychrome du 13ème. Le confessionnal qui se trouve au fond de l’église, côté gauche en entrant, date du 18ème.

 

 

LES HAUTS FOURNEAUX

  

Tarascon Rue de la République et Hauts FourneauxAvec  la place de la mine, située sur l’ancienne RN 20, c’est une autre page de l’histoire de Tarascon qu’il faut tourner, et non la moindre, puisque c’est la page du fer.

Depuis l’antiquité, les mines avoisinantes : Rancié, Miglos, Larcat, Rabat, sont connues et exploitées. Au Moyen-Âge, leur production est acheminée sur Tarascon et achetée sur la place de la Mine, par les maîtres de forges de la contrée.

 

Tarascon possède aussi ses forges à la catalane, puis ce furent les hauts fourneaux.

L’installation des hauts fourneaux marque le début de l’industrialisation de Tarascon. Ils succédèrent aux forges à la catalane qui s'éteignirent les unes après les autres, victime de la crise métallurgique de 1884. Tarascon utilise le fer du Rancié dans un premier haut fourneau construit en 1856.

 

Un deuxième puis un troisième seront construits en 1907. Ces deux hauts fourneaux de 50 à 60 tonnes chacun livraient avant la guerre de 14 -18 une moyenne annuelle de 26 à 30 000 tonnes de fonte. Ils étaient munis de machines insufflant de l'air, d'épurateurs, de monte-charge et tous accessoires destinés à assurer la marche continue.

Contrôlant la mine du Rancié depuis 1870, la Société Métallurgique de l'Ariège, fondée sous le Second Empire, possédait ces installations puis fut contrôlée elle-même par la société Commentry-Fourchambault-Decazeville et la société Pont à Mousson.

 

Tarascon les hauts Fourneaux

La crise de 1929 précipita la chute de l'activité métallurgique à Tarascon. 

La fermeture de la mine du Rancié en 1931 s'accompagna de l'arrêt de l'activité des hauts fourneaux de Tarascon en 1932. Ceux-ci seront rallumés en 1939 peut avant le conflit 39-45. Il seront définitivement fermés en 1953. Les deux cheminées derniers vestiges, seront démolies le 2 juillet 1968. Ce jour-là, les tarasconnais ont surtout vu s’abattre le symbole de la richesse industrielle du canton.

 

Les hauts fourneaux se trouvaient sur l’emplacement actuel de la gendarmerie et du collège du Sabarthès.

 

 

LE QUARTIER SAINT ROCH

 

Tarascon - chapelle Saint-Roch années 1930Le quartier Saint-Roch est tout proche du faubourg Sainte Quitterie, situé de l’autre côté de la voie ferrée, avec lequel il communique grâce à un passage à niveau.

 

La chapelle Saint-Roch, aujourd’hui disparue, fut construite sur l’emplacement d’un simple oratoire érigé en 1631 suite à l’éradication d’une épidémie de peste. En remerciement de cette intercession du bon saint, les gens  jetaient à travers de la grille quelques menues piécette que, paraît-il, les chenapans s’ingéniaient à récupérer. Elle a été détruite dans les années soixante dix pour permettre le passage de la RN 20 actuelle.

 

  Tarascon Chapelle Saint-Roch et villa

Le château Piquemal (aujourd’hui manoir d’Agnès) , manoir huppé construit à la fin du 19ème siècle par une riche famille mi-ariégeoise mi-audoise, touchait le quartier Saint-Roch. Il fut racheté par la société Alais-Froges-Camargue lors de son installation à Tarascon en 1928, pour en faire sa maison d’administration et le restaurant des ingénieurs.

 

 

 

Au sud de la ville, l’avenue de Sabart était bordée de jardinets et de seulement quelques maisons et cabanes de jardin.

 

 

L’USINE PECHINEY SABART

 

Tarascon - Péchiney Sabart la construction de l'usine en 1 

En 1928, la compagnie Alais-Froges-Camargue entreprit la construction de l'usine de Sabart après aménagement d'une chute du Vicdessos, affluent de l'Ariège, non loin de l'usine d'Auzat.


 La première coulée de l'aluminium y fut faite en juillet 1929. Sabart a rapidement compté parmi les meilleures unités de production en tant qu'usine neuve (et non aménagée) pour le rendement qu'on attendait d'elle
.

 Les ateliers comme les électrolyses fonctionnaient à "feu continu". Cette continuité technique impose d'avoir en permanence dans l'usine, un personnel suffisant pour surveiller, nuit et jour, la marche des cuves d'électrolyse.

 

Donc, il était nécessaire de retenir à proximité de l'entreprise un noyau de main-d'œuvre qualifiée, formée sur le tas.

 
Tarascon - Péchiney Sabart la Cité St-Roch L'une des premières réalisations sociales fut d'organiser le logement. La compagnie Alais-Froges-Camargue fit construire deux cités: la cité de Sabart sur la plaine de l’Ayroule, celle des ouvriers et la cité Saint-Roch, celle des cadres.

 

En 1929, au démarrage de la toute nouvelle usine de Sabart, on y loge 81,2 % de la main-d’œuvre, à 61 % immigrée.

Ce n’est qu’en 1940 que cette usine électrochimique spécialisée dans l’électrométallurgie se dota d’une fonderie en vue de la fabrication d’alliages d’aluminium.

  Tarascon - Péchiney Sabart l'usine en activité

Cette activité industrielle a représenté , dès le début, une véritable manne économique pour l’ensemble du bassin tarasconnais. On y fabriquait de l’aluminium, ainsi que des chlorates, des carbures, des alliages et du silicium en utilisant la houille blanche (dont on doit l’invention à l’Ariégeois Aristide Bergès dès 1864) grâce aux conduites forcées qui descendaient de la vallée de Vicdessos et à la bauxite exploitée près de Labastide-de-Sérou.

 

 

 

LA CHAPELLE DE NOTRE DAME DE SABART

 

Tarascon église de Sabart façadeCentre d’une viguerie importante, le Sabartès ou sabarthès, qui s’étendait du Pas de la Barre (nord de Foix) aux sources de l’Ariège et du Vicdessos et le long de la frontière d’Andorre, Sabart, abbaye fortifiée perdit de son importance politique au moment de la formation du Comté de Foix (865 –1002).

 

L'église de Sabart, dite "Notre Dame de la Victoire", fut édifiée au 8ème siècle sous le patronage de l’abbaye de St Volusien, suite à la victoire des troupes de Charlemagne sur les Sarrasins le 8 Septembre 778.

La légende raconte qu'après la bataille livrée dans la plaine de Tarascon, le cheval de Charlemagne s'arrêta net à la lisière de la forêt et refusa d'avancer alors que les soldats de l'Empereur poursuivaient les rescapés de l'armée Arabe. Étonné par l'attitude de son cheval, Charlemagne fit creuser le sol à cet endroit et découvrit une statue de la vierge noire. Il fit alors construire une église à cet emplacement, en remerciement de sa victoire.

Mais il est peu probable que ce fut Charlemagne en personne qui livra bataille à Tarascon, car il se trouvait en Août 778 aux alentours de St jean pied de port, situé à 350 km de là. Il s'agissait vraisemblablement d'un de ses pairs, à la tête de soldats Lombards, peuple germain qui occupait le nord de l'Italie, que Charlemagne avait envahi et placé sous ses ordres.

 

En 865, L' église de Sabart fut en partie détruite, puis reconstruite en 1104 et mise à la disposition d'un recteur, M. Raphaël de Mérigard.

 

Mentionnée comme église en 1224 , elle servira de prison en 1345.

Ruinée et incendiée  durant les guerres de religion au 16ème siècle (1568) , par les troupes protestantes du Sieur d'Audou, elle sera reconstruite par M. Martial Rivière, recteur de Sabart, en 1624.

 

En 1676, les bâtiments annexes de Sabart deviennent séminaire.

En partie démolie à la Révolution l’église est vendu comme bien national et s’effondre lentement dans son abandon.

  Tarascon Intérieur église de Sabart

L’impérissable dévotion à notre-Dame vient encore la ranimer et la voici restaurée au milieu du 19ème siècle.

A partir de 1860, elle a servi de collège assuré par les Pères de Garaison (missionnaires diocèse de Tarbes) qui s’y implantent.

Puis, la maison de Sabart (anciennement maison de retraites pour le clergé) est acheté par le département et devient en 1891 « Maison départementale de refuge pour les vieillards ».

 

Cette bâtisse a servi d’hôpital civil réquisitionné en cas de guerre dès 1880, fonctionnant encore dans les années 50 avec une chirurgie assurée par les médecins locaux pour finir en hospice et fermer définitivement dans les années 1970.

 

 

Le 22 Mai 1846, elle est classée monument historique, et ses vitraux le 5 Juin de la même année. Restaurée au 19éme, la façade refaite en 1865, qui ne comportait que la petite porte souligné par un arc à double clivage est « fortifiée ». D’autres travaux importants auront lieu en 1900-1901. Réfection en 1967.

 

L'église de Sabart de style roman est remarquable pour ses restes Carolingiens : fondements, abside et absidioles en cul de four, gros piliers carrés, voûte, etc...

  Tarascon - ND de Sabart - la vierge noire

A l’intérieur se trouve une vierge noire, dont seul la tête est sculptée, est du 16ème siècle, représentant la victoire. Couverte d’un manteau damassé, elle est placée dans un édicule néo-gothique du 19ème siècle qui ne manque pas d’un certain charme. Il faut noter que la statue d’aujourd’hui n’est évidemment pas la statue primitive, mais une vierge costumée, de type espagnol du 16 – 17ème siècles.

 

 

Mais elle possède surtout les deux plus anciens vitraux du Midi de la France, datant du 13ème  siècle, ils ont survécu aux incendies et aux destructions. Ces vitraux, à caractère archaïques, sont situés dans le bas-côté Sud, ils représentent des scènes de la vie de Saint-Pierre . Sur le vitrail du bas, le saint guérit le boiteux de naissance ; en haut, le premier évêque enseigne la parole divine. Ils provenaient de l'Oratoire Saint-Pierre situé en face du pré Lombard, sur la route qui remonte rive gauche vers Ussat les bains entre sabart et le pont d’Alat, détruit par les Protestants en 1568.

L'historien local, Adolphe Garrigou, aurait trouvé des sarcophages près du mur nord de l’église.

 

Au 19ème siècle, Notre-Dame de Sabart rivalisait avec Lourdes pour l’importance de son pèlerinage, le 8 septembre. Cette église a vu six miracles se produire à la fin du 19ème siècle.

Le sanctuaire est encore de nos jours fréquenté par de nombreux pèlerins.

 

 

A COMPLETER

 

 

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commentaires

cazals melillo 03/12/2013 22:52

j'ai revisitè l'histoire du faubourd sainte quiterie saint roch sabart des usines je suis nee tarascon rue de la mauve j'ai bien aime j'ai vue en 1968 disparaitre lescheminees des haut fourneaux therese.