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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 20:07

Un comte de Foix à Lombrives…

… réalité ou légende

 

lit d'henri château de Foix copieEn Ariège, l’on découvre depuis peu, au château de Foix, un ancien lit où Henri III de Navarre aurait couché pendant un de ses voyages dans son comté de Foix. Ce lit à baldaquin recouvert d’une soie incarnadine provient d’une chambre du château de Pailhès appartenant à l’époque au sieur Blaise de Villemur, Baron de Pailhès et gouverneur du comté de Foix.

En l’année 1579,  Henri de Navarre, Comte de Foix, le choisit pour y dormir tranquille au cours d’une des nombreuses pérégrinations auxquelles il se livrait en administrateur et homme de guerre.

A cette époque, il tenait sa résidence principale à Nérac.

 

En 1954, Jean-Baptiste Fauré-Lacaussade publiait un petit ouvrage, intitulé «  Tarascon-sur-Ariège, le pays des cavernes », dans lequel il relate un épisode historique, longtemps resté une énigme : « En 1578, trois notables de Tarascon, Teynié, Jean de Séré et Jean de Sérou, chefs du mouvement protestant de cette ville, ont écrit leur nom au-dessous de celui du Roi Henri III de Navarre, comte de Foix qui visita la grotte de Lombrives et y inscrivit : Deo Rex, Roi de Navarre, Comte de Foix 1578 ».

 

La question du pourquoi de cette visite

Si, l’important n’est pas forcément de trouver les réponses aux questions que l’on se pose, mais de pouvoir se poser ces questions.

L’on sait, que, lorsque un puissant prince du 16ème siècle se déplace à l’encontre de la population de ses domaines, sa présence en un lieu donné a évidemment sa signification. Tout laisse donc à penser que cette escapade souterraine était importante aux yeux du prince. 
Mais pourquoi ?

L’historien amateur que je suis se réjouit, aujourd’hui, de livrer, au grand public des sources méconnues et négligées, concernant cette visite princière au cœur de l’ancien Sabartès, en ces temps extraordinaires, ou tout était mêlé et confondu : la guerre et les plaisirs, les massacres et les festins, les comédies légères et les drames horribles.

 

Ancien spéléologue et aussi guide à Lombrives dans les années 1977-1980, époque moderne de la réouverture de la grotte au grand public, combien de fois ai-je montré ces inscriptions gravées sur la paroi, autographes d’un autre temps, à des centaines de visiteurs ?

En effet, ces inscriptions sont très nombreuses, on en compte plus de 3600 dans la grotte principale et 114 symboles.

Henri-IV.JPGEt parmi elles, il en est une qui m’a toujours intrigué. C ‘est, bien entendu celle du bon roi Henri, celui de la poule au pot, que nous avons tous découvert en classe d’histoire. D’après Gudin de La Brenellerie, Henri IV est, « le seul roi dont le peuple (pauvre) ait gardé la mémoire ». Et, aujourd’hui encore, d’après Danielle Thomas, il reste un personnage à part dans l’historiographie du royaume de France « le bon roi Henri » et « Henri le Grand » sont deux expressions qui laissent percer l’immense courant de sympathie qui entoure ce souverain.

 

Aussi, je m’attacherais à faire découvrir les indices en notre possession et la réalité historique de la chevauché du grand souverain béarnais en Haute Ariège, plutôt que de démontrer l’authenticité du vrai/faux ancien graffiti.

Aujourd’hui, même, si plusieurs points d’interrogations restent à l’étude, nous affirmons, preuves historiques à l’appui,  que Henri de Navarre, futur Henri IV et roi de France, est bien venu à Lombrives en mars 1578.

 

Abattre la légende

Si, rêver et imaginer sont de puissants stimulants pour le chercheur,  il est aussi des matériaux, des sources écrites qui sont des données incontournables, qui elles ne laissent aucune place à la légende.

L’entreprise d’attester le passage ou pas de cet illustre personnage à Lombrives, en apparence délicate, se heurte à des mystères et des énigmes qu’on ne peut percer, faute de données. 

Le plus important, dans un premier temps, était de débusquer l’obscur document, afin de démêler l’écheveau de la réalité historique et de la légende .

Même, s’il est très douteux qu’il ai put laisser lui même son autographe, sur une paroi de la grotte, son passage est attesté assurément par les sources historiques que nous allons commenter.

 

Lombrives

montsegur_ornolac-copie.jpgIci, en d’autres temps, le souffle est passé. La terre est trop chargée de traces, de signes, de preuves indispensables à une meilleure connaissance de notre passé, pourrions-nous écrire après une visite dans Lombrives

Grottes et cavernes n’ont jamais cessé d’exercer sur les esprits , depuis l’aube des âges , une fascination que de nombreux contes et légendes pyrénéens illustrent.

Comme l’écrit Christian Bernadac, pendant plusieurs siècles «…les paysans et même les hommes d’armes refusent de s’aventurer dans les grottes, le domaine du diable et des sorciers...».

 

D’après Elisabeth et René Bodin, Lombrives est certainement au monde la grotte où l’on trouve la plus grande concentration de mythes littéraires : (contes, légendes et épopées…).

 

Ce qui est certain, c’est que la grotte de Lombrives, du moins une grande caverne du pays de Tarascon, cachant, d’après les on dit de l’époque, des faits mystérieux, apparaît dans la littérature dès le 16ème  siècle.

La caverne est citée par l’historien des Comtes de Foix, Bertrand Hélie, en 1540, in Historia fuxentium comitatum : « je crois que c’était cet antre qu’on appelle, l’antre de Tarascon, prés de cette ville remarquable dans le pays de Foix ; l’entrée en est très étroite et on y entre avec des échelles, mais lorsqu’on y est parvenu, on y trouve des salles très étendues dont les voûtes sont magnifiques tout ce qu’on voit est merveilleux et inspire l’effroi au premier aspect, et l’on ne s’avance dans ce lieu qu’avec quelques difficulté et non sans crainte, pendant cinq ou six stades , mais ceux qui veulent aller au-delà sont si effrayés qu’ils rétrogradent de suite…(…).

on y a trouvé dedans des corps d’hommes qui d’abord semblaient vivants et qui des qu’on les touchaient se réduisaient en poussière. Beaucoup de personnes vont dans ce lieu pour le visiter, c’est d’après leur rapport que nous réjouissons d’avancer ce que nous (…) elle cache des faits mystérieux...».

 

 

bartas2-copie.jpgLe grand poète gascon attaché à la maison du roi de Navarre, Guillaume de Saluste sieur du Bartas, cite Lombrives – roc de Tarascon - dans les Neuf Muses des Pyrénées 1610 (première édition en 1579).

  VIII

« Ce roc cambré par art, par nature, ou par l’age,

Ce roc de Tarascon hébergea quelquefois

Les Geans qui voloyent les montagnes de Foix,

Dont tant d’os excessifs rendent seur tesmoignage.

(…)

Iadis les fiers brigands du pays-plat bannis,

Des bourgades chassez, dans les villes punis,

Auoient tant seulement des grottes pour aziles…»

 

Ces quatre premiers vers prouvent l’ancienneté de la découverte « d’os excessifs » dans les cavernes de la région de Tarascon et principalement à Lombrives.

 

Holhagaray-2-.jpgPierre Olhagaray : historiographe du roi de Navarre, parlant des montagnes de Foix, empruntera  (en les altérants) ces quatre vers à du Bartas dans son Histoire des comtes de Foix, Béarn, et Navarre – 1609. C’est donc encore sur le roc de Tarascon qu’Olhagaray, d’après du Bartas, appelle l’attention de ses lecteurs pour dire qu’on y trouve des os de géants.

 

Ces détails d’intérêt historique étant donnés, nous devons rappeler en quelques lignes ce que pouvait-être la topographie des lieux à l’époque de l’énigmatique visite.

Il suffit d’une demi-heure de montée dans un sentier que M. le préfet de Mortarieu fit tracer en 1822, au milieu du chaos d’Ussat pour atteindre l’entrée de la caverne. Le vestibule de l’entrée de  ce « … palais de fées et des géants est immense et grandiose . En pénétrant dans cet antre on voit la grotte se diviser bientôt en deux galeries. Celle de droite vient s’ouvrir en vue de Tarascon par une plate-forme que l’on atteint en quelques minutes. Elle se termine presque à pic au sommet de précipices profonds. Celle de gauche, la plus grande, se poursuit pendant l’espace de 300 à 400 mètres et se termine brusquement par un passage qu’autrefois on ne franchissait qu’en rampant...».
Félix Garrigou, nous indique donc (fin du 19ème siécle), que jadis, pour franchir le fameux et actuel « pas du crime », l’on devait ramper. Aussi, est-il le moment de se poser cette autre question : Henri de Navarre a t’il franchi où pas, ce passage en rampant ?

Il est bon de rappeler que le graffiti se trouve avant le lieu que l’on nomme aujourd’hui « le pas du crime », juste avant de déboucher dans une salle immense.
Cette même salle qui conserve, fixées sur une paroi verticale, les échelles évoquées par Bertand Hélie en 1540.

Pas-du-crime-2009.jpgHenri de Navarre est-il allé aussi loin dans la grotte en utilisant les échelles ? Il nous est difficile d’imaginer le prince rampant dans l’étroit boyau et dans cette pénible ascension afin atteindre la grotte supérieure, et le lieu connu sous le nom de cimetière, sur une hauteur de 45 à 50 m, avec des conditions d’éclairage particulières (les cierges pris dans l'église de Notre Dame de la Daurade de Tarascon).


L’examen des parois de la grande salle appelée aujourd’hui « la cathédrale » ne recèle aucune trace du passage du prince ; alors que cette cathédrale  pouvait être un meilleur écrin au graffiti en question.

Cette sorte de défi, porté à la curiosité des visiteurs du 16ème siècle, est peut-être dû autant au majestueux développement des galeries de lombrives, qu’aux difficultés qu’offrait, autrefois, son parcours. L’on écrit sur le prince spéléologue que c’est beaucoup : « …à la faveur de son éducation virile, de ses chasses hardie dans les montagnes natales, qui ont endurcie son corps à la fatigue et son âme aux périls… ».

 

Le graffiti

 

  paroi-graffiti-.jpg

( Crédit photo : Robert-Félix Vicente, avec l’autorisation gracieuse de La grotte de Lombrives ,
la plus vaste grotte d’Europe..).

 

Le premier à révéler le graffiti de 1578 attribué au roi de Navarre, situé à quelques mètre avant l'étroit boyau du  Pas du Crime, est certainement Jean François Rambaud (ancien conservateur de la bibliothèque de la ville de Foix et inspecteur des monuments historiques de l’Ariège) qui écrit (voir ses notes manuscrites) dans les années 1821-1822 : «... Lombrives a été visitée à différentes époques par des personnages célèbres . Henri IV est de ce nombre. Ce grand prince ne dédaigna pas de tracer son nom sur une roche unie...».

D’après le même Rambaud, l’on trouverai au château de Foix une inscription identique à celle de la paroi de Lombrives. (A vérifier).

 

M.C.Bergès (directeur de l’école normale de l’Ariège), dans le souffle de J-F. Rambaud signale cette inscription en 1839 dans son ouvrage imprimé intitulé, lectures morales suivies de la description du Département de l’Ariège : « … le temps a respecté le nom d’Henri IV gravé dit-on, sur une roche unie, de la main même de ce bon Roi...».

C’est donc la première fois que l’existence dudit graffiti est révélé au grand public, puisque Rambaud n’a pas laissé d’écrit officiel.

 Graffiti-Henri-Lombrives.jpg

Alors que,  l’historien Tarasconnais, Adolphe Garrigou, dans ses Etudes historiques sur l’ancien pays de Foix et le Couserans, en 1846, ne fait aucune allusion au graffiti (page 112) : « ...les débris d’ossements humains pétrifiés qu’on rencontre dans cette caverne, l’horreur mystérieuse qu’elle inspirait à tous ceux qui osaient y pénétrer dans les siècles passés,... ». Pourtant, il est un des premiers à étudier cette grotte, car d’après son fils Félix, c’est lui qui aurait découvert, avant 1822 et la réouverture de la grotte par le préfet Mortarieu, des crânes humains dans le sol de Lombrives, au lieu dit le cimetière. Mais, avait-il eut connaissance de cette inscription ? De toute évidence, il a compulsé les recherches de Rambaud, puisqu’il a récupéré une partie de ses notes manuscrites et, il n’en parle pas !

 

Par contre, Napoléon Peyrat, dans le tome 3 de son Histoire des Albigeois (1872), ébauche une explication très romancée sur le passage de Henri IV à Lombrives.

 

Otto-Rahn-copie.jpgUn siècle après la découverte de Rambaud, à l’entre deux guerres, dans les années 1930,  l’énigmatique Otto Rahn, écrit dans la Croisade contre le Graal : « j’ai séjourné longtemps dans les montagnes du Thabor. J’ai parcouru avec émotion les grottes cristallines (…) Que de signes , dessins et noms innombrables – un roi de France lui-même, Henri IV, petit-fils d’Esclarmonde de Foix, a gravé son nom, pendant les guerres des Huguenots, sur les parois de la cathédrale de Lombrives...».

 

Antonin Gadal, qui reprendra à son actif les écrits romancés de Napoléon Peyrat écrira à son tour : « (…) Mais le temps finit par ouvrir ce grand ossuaire. Deux siècles et demi plus tard, les protestants, qui se cherchaient peut-être des ancêtres dans les antres des montagnes, conduits par de vagues et tragiques souvenirs, pénétrèrent dans ces  cryptes funéraires. Ne nous étonnons donc pas si, alors qu’il n’était pas encore roi de France, le futur Henri IV, Comte de Foix-Sabartès, poussé par le long passé spirituel de ses aïeux, soit venu à Lombrives, à l’instigation de trois notables protestants de Tarascon, et découvrit « la Cathédrale des Albigeois », dont 250 ans plus tard, personne n’osait parler...».

 

En 1954, Jean-Baptiste Fauré-Lacaussade dans son Tarascon-sur Ariège, le pays des cavernes, nous dévoile, outre l’inscription henricienne,  le noms de trois notables, et de surcroît chefs du mouvement protestant à Tarascon. Rappelons, que la ville, reprise aux réformés en 1569 est aux mains de consuls catholiques, dont nous connaissons les noms de deux sur quatre pour l’année 1578, qui sont  Jean du Falga (1er consul) et Jean de Gasiet.

Cette « apparition » des trois notables que l’on découvre déjà chez Gadal est pure fantaisie.  Puisque, à l’évidence, et après étude, ceux-ci n’apparaissent pas dans le cadre du graffiti. Certes, l’on retrouve ces trois patronymes dans la grotte, mais bien ailleurs, sur d’autres panneaux.

Nous ne saurions dire si les trois étaient des chefs protestants. Ce que nous savons, c’est que les Sérou ne nous sont pas vraiment apparus protestants, de même que les Teyniers. Il est à noter que dans les différentes branches des Teyniers, certaines des épouses « qui avoyt été nourie à l’hérésie et l’abjura », vont se convertir. Quant à Jean de Seré, il est plus clairement identifié : en fonction de la date, il pourrait s’agir du père de Jean du Seré, mari de Marie de Teulade, et père d’un autre Jean, marié celui-ci avec Esclarmonde d’Ax-Lafacie, de Saurat. C’est de ce dernier que Jules Villain écrit sans précisions chronologiques, « qu’il fut poursuivi pour avoir prêté main forte aux huguenots et que les matériaux de sa maison détruite servirent à la construction du couvent des Cappucins à Foix ».

 

A notre avis, Henri de Navarre, n’est pas venu à Tarascon suite l’invitation commune de ces trois notables.

 

graffiti---1.jpgGibert Garrigues dans son article les Emmurés de Lombrives  (les Cahiers d’études Cathares 1972-1973) relate : «... A la grotte de Lombrives…c’est donc avec plaisir et émotion que je trouvais trace du passage de  « Nouste Henric ». En effet, c’est le futur Henri IV, héritier de Béarn et Comte de Foix qui, accompagné de ses aides de camp, organisa une cérémonie afin que soient inhumés solennellement et décemment dans les cimetières d’Ussat et de Tarascon les restes de ces malheureux...».

Oubliés les trois notables puisque le prince est accompagné de ses aides de camp !

Et il poursuit :« ... Pourtant nulle date, nul monument dans les nécropoles - d’ailleurs déplacées – de ces cités, n’évoque la décision du futur Roi de France. Heureusement que, prévoyant l’inconscience des générations futures, il avait tenu à marquer lui-même son intervention par le graffite suivant, peint à même le rocher : l’historien local qui guidait notre visite, en donne la traduction suivante : Par la Grâce de Dieu, Roi de Navarre et Comte de Foix – 1578 – et de ses aides de camp...»

 

Lucien Bely, dans Connaître les Cathares , publié en 1995, situe cette visite de Henri de Navarre à Lombrives au niveau des légendes et conclut que ce « ...récit montre surtout la volonté de trouver chez les cathares des ancêtres des réformés... ».

 

Pour Claudine Pailhès, Les terres d’Ariège au temps des guerre de religion 155-1630, le passage du prince s’inscrit dans l’utilisation des mythes dynastiques.

En effet, la légende de Pyrène faisait des rois de Navarre les descendants du neveu d’Hercule. Ce même Hercule qui avait jadis conquis l’Espagne. Henri IV sauvera la France en repoussant l’invasion espagnole, mais à une date postérieure à son passage dans la grotte.

Holhagaray (préface p.4) rapporte ainsi ces vers à la gloire du roi :

(…) Hercule ayant vaincu le triple orgueil d’Hespagne

Se fist père du roy de ce coin de montagne

Qui des fils de ses fils a tousjours prins la loy.

Henry, l’unique effroy de la terre Hesperide,

Tu ne pourras avoir plus grand ayeul qu’Alcyde,

Il ne pourroit avoir plus grand neveu que toi.

Henri de Navarre, connaissait évidemment ces légendes qui venaient donner à sa famille une origine épique et divine.

 On se plaît donc à imaginer que c’est sur les pas de ses ancêtres mythiques qu’il se rendit lui-même dans la grotte de Lombrives, ce « roc de Tarascon » dont on disait sans doute déjà, comme on le dit toujours aujourd’hui au visiteur , qu’il abrite le tombeau de Pyrène.

 

 

Avant et après

Si l’escapade princière dans le Haut Sabartès ne manque pas d’intérêt, il faut, afin d’illustrer nos propos, la placer dans le contexte de son époque, où grands et petits événements se succèdent.


Année 1568

25 septembre, les troupes réformées de Jean-Claude de Lévis-Léran, sieur d’Audou et de Bélesta, joint au capitaine de Gudanes, Plaignes Fantillou,  surprennent la ville catholique de Tarascon grâce à des complicités internes. Ils laisseront une garnison, après avoir massacrés bon nombre de catholiques et martyrisé  le curé d’Ornolac.

A l’Automne, les réformés de Tarascon aidés de ceux du Mas-d’Azil lancent des raids dévastateurs dans le Massatois.


Année 1569

2 juin,  le capitaine catholique Traversier, sieur de Montgascon, aidé par les soldats de Vicdessos, reprend aux protestant le château et la ville de Tarascon. A son tour, il fit jeter du haut du rocher du château, dans le gouffre de l’Ariège, soixante-six huguenots en représailles de la mort du curé Baron.


Année 1572

9 juin,  la reine de Navarre, Jeanne d’Albret meurt. C’est désormais son fils Henri III qui assume la charge du royaume.

24 août, nuit de la Saint-Barthélémy. Pour sauver sa vie Henri III de Navarre est contraint d’abjurer.
                                                                                                                                              

Année 1577

Septembre,  la paix de Bergerac qui entraînera la signature de l’édit de Poitiers en octobre met un terme  à la sixième guerre de religion.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                           Année

Année 1578

En cette année se maintient une paix précaire !

À Tarascon

. Février               On répare le pont d’Alat.

. Mars                  Corbayrand Duthil est Châtelain de Tarascon

. Avril                   Jean del Falga est le premier consul.

On paye les réparations du grand pont de la ville, de la roue de l’horloge, du pont d’Alat dont un certains Pierre Buihles de Gourbit avait fourni des poutres..

Jean du Falga et Jean de Gasiet, consuls assistent aux états du Pays de Foix au mandement du Prince.

 

Ailleurs :

. Fin février,            le roi arrive à Saverdun.

. du 6 au 14 mars,    le roi réside à Mazères .

. 25 et 26 mars,       il est à Pamiers (il paye un laquais qui est allé port des lettres de Pamiers
                             à Tarascon).

. . Juillet- août,         il séjourne à Montauban

. . Septembre,           il séjourne à Montauban puis à Nérac.

. . 2 octobre,            il rejoint son épouse et Catherine de Médicis entre Cadillac et la Réole.


                                                                                                                                  


Année 1580

Août, d’Audou tente un nouveau coup de main contre Tarascon. Ses troupes prennent la ville, mais elles en sont rapidement délogées et se réfugient dans les montagnes d’Ax et du Vicdessos.


Année 1581

Tarascon reste un enjeu important ; la ville est prise par les protestants qui l’occupent quelque temps, mais en sont chassés le 23 novembre par les troupes du sieur de Castelnau-Durban. 
         

Année 1582

3 janvier, Henri de Navarre donne l’ordre de démanteler les fortifications de Tarascon, de démolir les châteaux de Montgailhard et de Lordat., afin de supprimer des nids ou couve sans cesse la discorde.

Septembre, d’Audou réussit  à s’emparer de Tarascon et de façon durable cette fois-ci, puisque la capitale du Sabartès restera 17 ans aux mains des réformés.     

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commentaires

Sophie Bentin 07/05/2014 15:32

Bonjour, je "tombe" sur votre page complètement par hasard... je travaille sur une "commission du roi de Navarre à Turenne pour la restitution des lieux de Ménerbes et des Pilles" (lieux du Comtat Venaissin détenus par les protestants) et je n'arrivais pas à déchiffrer le lieu d'origine de cette commission datée du 25 mars 1578. Ramicz??? Eh bien, grâce à vous, je sais désormais qu'il s'agit de Pamiers ! Merci beaucoup !

sarah 05/08/2010 21:25



Douce balade aux payS des Cathares je voudrai en savoir plus sur la grotte de Lombrives merci.



Olivier de Robert 18/02/2010 10:27


Sanguiene ! Robert, je découvre ton blog et en reste bouche-bée ! Quelle mine pour les amoureux du coin, c'est vraiment formidable. Merci du fond du coeur et bonne continuation !
Cordialement, Olivier de Robert


tarusco09 18/02/2010 20:52


Bonsoir Olivier,
C'est un réel plaisir de te rerouver sur ce modeste blog. Merci pour tes enouragements. La montée en "puissance" va se faire petit à petit et ainsi nous allons faire découvrir plein ... plein de
petites choses sur le Sabartès et Tarascon. Ma région passion de toujours !
Bien cordialement avec le plaisir de te retrouver ici où au coeur de nos vallées.