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29 juillet 2009 3 29 /07 /juillet /2009 15:35

La lutte contre les incendies fut de tout temps un souci majeur des municipalités. En l’an 803 déjà, Charlemagne prescrivait la désignation, dans chaque ville, d’habitants chargés de veiller à la sécurité de leurs concitoyens durant la nuit.

Les constructions étaient grandes consommatrices de bois, et quand le feu les prenaient pour cibles, il n’en restait, la plupart du temps, qu’un tas de cendre.

Il est vrai qu’un incendie dans une ville aux maisons de torchis et de bois serrées les unes contre les autres dans des rues étroites et tortueuses était une catastrophe. Donc lorsque le feu prenait l’une d’elles, c’était tout le quartier qui s’embrasait rapidement.

 

La capitale du haut Sabarthès connu son lot de drames. La ville paya un lourd tribu au feu, et fut partiellement détruite en 1640 et 1701.

 

La ville brûla presque entièrement dans la nuit du 22 au 23 juin en 1640, dans un incendie que l’on ne put maîtriser ; le fontenier étant absent, personne ne sut libérer l’eau de la fontaine du Morou.

Cet important incendie ravage le Barri-Clos, précisément, entre la porte de la Leude et la porte de Foix. Tout le Barri sera réduit en cendres. L’on reconstruira, certainement aux mêmes emplacements, avec les mêmes vices et les mêmes types de matériaux.

 

Aussi, le 22 novembre 1701, vers 9 heures de la nuit, un terrible incendie ravage, encore,  la presque totalité du corps de la haute ville depuis la place de la Daurade aux portes de la Leude et de la Caussade. (La rue actuelle des Chapeliers, autrefois rue de Naugé, communiquait avec la rue Moulon de Fournat, et la rue Naugé actuelle portait le nom de rue de la Leude).

 

Nous reproduisons ici l’extrait du registre paroissial de Tarascon qui signale cette terrible catastrophe : « Sera mémoire à la postérité que le vingt deuziesme jour du mois de novembre mil sept cens un il arriva dans la présente ville une incendie si grande qu’elle emporta quatre vingts maisons de plus considérables de la ditte ville, la ditte incendie commança par la maison du sieur François Fauré, régent, et eut emporté toutes les maisons de lad. Ville sans que dans la maison du sieur Paul Teynier, mosquetaire, il s’y rancontra un bon mur qui sustint tout le choq et qui empêcha mesme que l’églize ne feut pas brullée et de l’autre côté de place sans une muraille qui le rancontra dans la maison de la veuve de Raymond Seré l’autre côté de place jusques au Mazel viel eût infailliblement brullé. Dieu nous préserve à jamais d’une telle incendie ».

 

Si, 88 maisons, sur pratiquement 500 que comporte l’ensemble de la ville (dont 124 dans le quartier en feu),  disparurent dans les flammes, l’on déplora (seulement) une seule victime.

Et, ironie du sort alors que l’on ne trouvait pas d’eau pour éteindre le feu, au même moment, les quartiers bas furent noyés par une terrible crue entraînant le moulin, les ponts de bois et digues de fortunes. Tarascon vécu des heures terribles !

 

Parmi les bâtiments et les effets qui ont péri dans le feu avec la maison de ville et les prisons, l’on trouve, aussi, les registres des délibérations des consuls depuis le mois de mai 1697. D’ailleurs, la maison du secrétaire des consuls fut la première à être brûlée avec la plus grande partie des papiers de la communauté.

La nouvelle maison de ville sera installée pendant une longue durée dans la tour au-dessus de la porte d’Espagne.

 

27 décembre 1701, Teynier, Maire, déclare à l’assemblée du conseil de ville : « ... que quoy les monceaux de cendre et de ruine qu’a laissé l’incendie de cette ville ne soient trop grands pour que la mémoire en passe jusques a nos arrières neveux et bien plus loin, par la perte que la plus grande partie des habitants y ont faite de tous leurs effets avec leurs maisons dans l’endroit le plus considérable de la ville et ou se trouvait ce qu’il y avait de meilleur... ».

 

Le 1er janvier 1702, dans la maison du Sieur Fauré Fournier bourgeois et premier consul, le maire Jean-Baptiste de Teynier demande « il est de nécessité absolue et indispensable de faire ôter les ruines dont les rues et la place publique sont remplies par trois manœuvres, vu que les propriétaires étaient déjà fort accablés ».

 

L’accablement et la désolation était énorme, aussi, par arrêt du Conseil du 7 février 1702, la commune sera déchargée d’impôts pendant trois ans.

Le roi Louis XIV, lui même, donnera 4 690 livres à prendre sur sa cassette, afin d’aider à la reconstruction de la ville . Mais, Tarascon ne se releva pas de la catastrophe et la reconstruction fut très lente.

 

Délibération du 5 août 1702, du conseil politique pour demander à l’évêque de Pamiers l'autorisation : "l’autorisation de faire une procession solennelle par toute la ville et Faubourg, avec le très Saint Sacrement, pour commémoration de l’incendie du 22 novembre 1701".

De plus il a été représenté : " que le malheur de l'incendie qui arriva l'année dernière provient de ce que les maisons nestaient point séparées que par de malheureux torchis de bois qu'il ne fut pas possible de garantir du feu qui se communiqua par ce moyen malgré toutes les diligences qu'on y porta par toute la ville, et des avancements des planchers sur les rues que le peu de terrain randait les rues asses estroites par elle meme, ce qui fit encore que le feu se communiqua d'une rue a l'autre... ".
Parmi les mesures prises pour éviter de nouvelles catastrophes , il sera désormais obligatoire de reconstruire avec d'autres normes : absence de torchis et de couverts. Les rues retrouveront toute leur largeur et toutes les maisons seront bâties avec quatre murs à pierre et chaux.
 

Dans la délibération du 31 octobre 1709, l’on découvre que : « sur 86 maisons ayant brûlé en 1701, seulement 12 ou 14 ont étés rétablies, le reste est sans espoir ».

 

Le 20 juillet 1719, le sieur Bastide, marchand, désire : « rebâtir sa maison qui doit reposer sur un pilier de pierre et non de bois, ceci pour l’utilité publique et afin d’éviter les incendies ».

 

En effet cette maison forme le commencement et l’entrée des couverts de la place. Celle-ci communique par son avancement à la maison du sieur Bergasse qui forme l’autre couvert en vis à vis. Cette maison sera rebâtie non plus en bois et torchis, mais bien en pierre et chaux, car : «  elle devra résister de tous les côtés en cas de feu ».

La reconstruction des maisons de la rue de la Leude, presque toutes sur le même modèle, possèdent au rez-de-chaussée, une grande ouverture avec voûte en plein cintre qui était destinée à servir d’entrée de magasin ou de boutique. C’était la suppression de la plupart des couverts avec charpente en bois.

 

22 février 1729, Séré 1er consul informe : «  ... que cette communauté depuis longtemps se trouve affligée par une suite de malheurs qui lui venant les uns sur les autres, l’ont mise dans le dernier accablement. Que depuis vingt huit ans suite à l’incendie de 1701, les maisons brûlées resteront ensevelies sous leurs ruines à dire quinze ou vingt qui ont été rebâties à grand frais et dont il n’y en pas dix en perfection... ».

 

Le 18 septembre 1871, le maire Dominique Sans, dépose au Préfet, une première demande de création d’une escouade de 13 sapeurs pompiers, dont l’équipement mentionne l’existence de deux pompes d’incendie !

Mais ceci est une autre histoire que nous verrons dans un autre article.

SOURCES :
AD 09 – 135 EDT GG 3, f° 175
AD 09 – 135 EDT BB 6
AD 09 – 1 C 66
AD 09 – 6 R 3
Le journal de l’Ariège du 18/01/2002 Sapeurs –pompiers : Hier, Aujourd’hui... par Vincent Pauchet

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