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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 08:59

 ... ou l'arrivée du train à Tarascon sur Ariège.
L’évolution de l’industrie, les grands progrès de l’agriculture et l’essor de la démographie, poussent à partir du second Empire, tous les gouvernements successifs, à penser au développement qu’il fallait donner à la libre circulation des personnes et des marchandises. Dans les grands axes comme celui du Val d’Ariège, il fallait penser à dépasser le stade des coches, diligences et autres chariots.

L’ère du chemin de fer était venue !

Si le principe était déjà connu et mis en application particulièrement en Angleterre depuis 1820, chez nous en France tout était à inventer. Aussi, c’est à partir de 1931 que les premiers voyageur purent emprunter le train sur la ligne Lyon-Saint Etienne. La longueur du réseau français passera de 875 kms en 1845 à 42 600 kms en 1932 ; à partir de cette date, il y aura décroissance pour arriver à 34 688 kms en 1984.

 

Le train n’est plus un mythe

L’utilité d’une ligne de chemin de fer suivant le val d’Ariège était tellement évidente que, dès 1841, une pétition ariégeoise réclame à la Chambre la création d’une liaison Toulouse-Foix.

En 1846, un ingénieur au corps Belge des Ponts et Chaussées, T. Lebens, exposait un projet d’ensemble pour un réseau de chemin de fer pyrénéen. Dans son mémoire intitulé «  Chemin de fer de l’Ariège » Il préconisait la construction d’une ligne de pénétration dans la vallée de l’Ariège, jusqu’à Tarascon sur Ariège. Le tracé fut établi jusqu’au point terminal de Tarascon.

 

Mais le projet est momentanément abandonné jusqu’à la dépêche encourageante du 5 janvier 1853 émanant du Ministère des travaux Publics qui confirme une autorisation afin de procéder à l’étude d’un chemin de fer de Toulouse à Foix, avec prolongement à travers les départements de hautes et Basses Pyrénées.

 

C’est le moment choisi par les défenseurs du prolongement jusqu’à Tarascon du chemin de fer de l’Ariège pour réunir leurs arguments dans une brochure éditée : «...faisant état de la nécessité en établissant cette voie ferrée de la faire aboutir jusques dans la vallée de Tarascon...», adressée par Adolphe Garrigou le 27 juin 1853 au maire de Tarascon sur Ariège.


Le rail pénètre les Pyrénées Ariégeoises

L’idée se fait jour en 1855. Un projet de loi qui prescrit la construction des chemins de fer pyrénéens fut soumis à l’examen dès 1856 ; il fut déposé le 23 juin. Il devait aboutir à la concession du 1er août 1857, qui accordait à titre définitif à la Compagnie des chemin de fer du Midi une ligne de Toulouse à Bayonne avec un embranchement sur Foix.

l’Ariège, un peu oubliée au début, compte tenu de son éloignement et de son faible potentiel humain et industriel vît fleurir le 18 septembre 1861 (début des travaux en 1857) la première ligne de chemin de fer, de la Compagnie du Midi, avec l’entrée en gare de Pamiers du premier train de voyageurs. Le désenclavement de l’Ariège débutait !

 L’exploitation de la  section Pamiers - Foix  fit son apparition le 7 avril 1862. On atteignait ainsi le but et la limite de la concession.

 

1877 : le chemin de fer arrive à Tarascon sur Ariège

Aussi, au cours de la séance du Conseil Général du 30 août 1862, le conseiller général du canton de Tarascon, Lucien Saint-André, maître de forges, justifie la prolongation de la voie Toulouse-Foix jusqu’à Tarascon en évoquant le thermalisme et les mines de fer de Ranciè.

L’homme fort de l’assemblée départementale, le Président Henry Busson, plaidera lui aussi pour le prolongement de la ligne jusqu’à Tarascon, à la grande satisfaction des élus de la haute-Ariège et du Vicdessos : « ...Tarascon est le centre de l’industrie des fers, dit-il, et de celle des plâtres qui tend toujours à s’accroître et cette ville n’est placée qu’à trois kilomètres des eaux thermales d’Ussat et à 25 kilomètres de celles d’Ax. De plus les bestiaux, les fourrages, les ardoises et surtout les mines de Ranciè contribueront largement à alimenter ce nouveau tronçon si nous le réalisons. D’autre part cette région de l’Ariège est tributaire de la basse-Ariège et de la région de Toulouse pour ses approvisionnements de houille, de grains, de farines, de vin, de denrées coloniales et de toutes sorte de marchandises. Ce prolongement doit être étudié et exécuté le plus tôt possible, d’autant pus qu’il présente également un intérêt international, puisque la ligne ferrée se rapprochera ainsi de l’Espagne… ».

 

Aussi en 1871 débute la construction du tronçon tant attendu de Foix – Tarascon. La gare de Saint-Paul-Saint-Antoine est construite en 1876 , et il faudra attendre le 20 août 1877 pour que la ligne atteigne enfin Tarascon sur Ariège et 1888 pour qu’elle arrive à Ax-les-Thermes, qui  sera pendant quarante ans le terminus de la ligne.

 

Alors que Tarascon sur Ariège commençait à avoir un poumon et à respirer, c’est ainsi que disparurent la plupart des coches, pataches et autres diligences de la première partie du XIXème  siècle. Les habitudes ont bien changé, les Tarasconnais voyagent, tout le monde se déplace, les foires et les marchés prennent une extension extraordinaire.

 

Enfin, le trans-pyrénéen est en marche !

 

 

Robert-Félix VICENTE

 

Sources ::

* AD09 - Zf 157 - L’Ariège et les chemins de fer, / Pierre Portier in « la Tribune Libre »  27/02/1987

 

* AD09 - 42 S 1, , Chemin de fer de l’Ariège, mémoire, cahier des charges  et documents à l’appui d’un chemin de fer de Toulouse à Tarascon par Foix, / T. Lebens Bruxelles, 1846.

 

* Conseil Général de l’Ariège, Rapport général de la commission des chemins de fer du 18 août 1890.

* Chemin de fer de l’Ariège de la nécessité, en établissant cette voie ferrée, de la faire aboutir jusques dans la vallée de Tarascon / Adolphe Garrigou - 1853

 

* L’Ariègeois,  1862 : le chemin de fer arrive en Ariège / Jean-Louis Causse – 1987

 

* L’Ariège en 1900, le Pays de Foix et la Haute-Ariège, / les Cartophiles Ariègeois -1993

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